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·29. April 2026

Arbeloa, Mbappé, Vinicius Jr... Les secrets d'un vestiaire aux abois

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Au-delà d’avoir perdu des matchs et des trophées, le Real Madrid semble avoir perdu l'âme de son vestiaire. En ce printemps 2026, le club est loin de l'harmonie des années passées. Selon El Chiringuito, le vestiaire merengue est dans un état de délabrement avancé depuis l'élimination en Ligue des champions face au Bayern Munich : silence pesant, absence totale de cohésion, fracture béante entre les joueurs convoqués pour le Mondial et ceux qui n'y seront pas.

Arbeloa tente d'animer le groupe, mais son discours ne passe plus. Certains joueurs ne l'écoutent plus. D'autres ne s'entraînent plus vraiment. Ce n'est pas une crise passagère, c'est l'aboutissement logique de deux saisons de mauvaises décisions.


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L'été 2024, le mercato de l'aveuglement

Le Real Madrid venait de remporter sa quinzième Ligue des champions à Wembley. Toni Kroos avait raccroché les crampons au sommet, sur une note parfaite. Et le club, ivre de sa propre réussite, a décidé que rien ne devait changer. Aucun milieu de terrain recruté pour pallier l'absence du métronome allemand, un joueur irremplaçable dans sa capacité à dicter le tempo, à protéger la défense, à distribuer le jeu avec une précision d'orfèvre. Le pari était audacieux et s'est révélé être catastrophique.

Mais le problème ne s'est pas arrêté au milieu de terrain. La défense centrale était déjà un chantier à ciel ouvert après les ruptures des ligaments croisés d'Eder Militão et David Alaba en 2023-2024, deux titulaires indiscutables mis hors circuit en même temps, dans la même saison. Face à ce constat alarmant, le club n'a recruté aucun défenseur central supplémentaire, perdant la course pour Leny Yoro qui a filé pour Manchester United.

Rüdiger, vieillissant, et les retours incertains de Militão et Alaba ont constitué l'unique plan de secours. On connaît la suite : Alaba n'a pratiquement pas joué, Militão s'est à nouveau blessé gravement, et Rüdiger a dû se sacrifier et porter une défense en lambeaux pendant de longs mois avec la naissance d'un Raúl Asencio à ses côtés.

Le couloir droit a connu le même sort. La rupture du ligament croisé antérieur de Dani Carvajal en cours de saison 2024-2025 a laissé un poste entier sans solution viable. Lucas Vázquez, 33 ans, a assuré l'intérim avec le courage de ceux qui n'ont pas le choix. Fede Valverde, milieu de terrain, a dépanné à ce poste à de nombreuses reprises, autant de bricolages qui ont appauvri l'ensemble du dispositif. Un club de l'envergure du Real Madrid ne peut pas se permettre de gérer ses lacunes avec des rustines. Et pourtant, c'est exactement ce qui s'est passé.

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Octobre 2024, la double blessure

Sur ce terreau fragilisé est venue se greffer une blessure d'une autre nature invisible, mais peut-être la plus profonde de toutes. Le 28 octobre 2024, au Théâtre du Châtelet à Paris, Vinicius Jr n'obtient pas le Ballon d'Or. C'est Rodri qui monte sur scène. Le Real Madrid avait boycotté la cérémonie, convaincu que la récompense revenait à son joueur. Vinicius Jr non plus n'était pas présent. Mais l'humiliation, elle, était totale.

Ce que cette nuit a déclenché en lui dépasse le cadre d'une simple déception sportive. Vinicius carbure à l'émotion, à la reconnaissance, au sentiment d'être aimé et valorisé. Le Ballon d'Or représentait la consécration de tout ce qu'il avait enduré, le racisme subi, les critiques essuyées, les années de travail acharné.

Ne pas l'obtenir l'a atteint dans quelque chose de profond et d'intime. Ceux qui l'ont côtoyé dans les semaines suivantes décrivaient un joueur blessé, moins insouciant, moins explosif dans son rapport au jeu.

Et dans la foulée est arrivé Mbappé. Il faut être clair : le problème n'est pas le joueur, dont le talent est indiscutable. Le problème est son profil. Il faut revenir à l'évidence : Mbappé n'est pas un numéro 9 naturel, il est un attaquant qui a besoin d'espace, de couloirs, de profondeur. Les mêmes espaces que Vinicius Jr à gauche. Les mêmes zones que Bellingham en meneur.

Son arrivée n'a pas renforcé l'équipe, elle a créé des embouteillages dans les zones les plus créatives du dispositif, forçant chacun à des compromis qui ont appauvri le jeu de tous. Contrairement à son époque aux côtés de Benzema, où les rôles étaient clairement définis et complémentaires, Vini s'est retrouvé cette fois dans un système sans repères fixes, contraint de cohabiter avec un partenaire dont le profil empiétait directement sur le sien.

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De Xabi Alonso à Arbeloa : le chaos des bancs et la désintégration finale

Les choix d'entraîneurs ont achevé de fragiliser un groupe déjà ébranlé. Xabi Alonso, dont les méthodes et les décisions ont divisé le vestiaire, notamment ses remplacements de Vinicius Jr lors de matchs clés, a fini par partir dans un contexte de tensions accumulées. Arbeloa, nommé en urgence, n'a jamais eu l'autorité naturelle nécessaire pour s'imposer face à des joueurs qui le considèrent davantage comme un intérimaire que comme un supérieur. Son discours, répété semaine après semaine, ne passe plus.

Pire encore, selon les informations de Guillermo Rai, les joueurs espagnols du Real Madrid se sentiraient lésés et ne supporteraient plus le tacticien de 43 ans. Nombre d'entre eux estimeraient qu'Arbeloa a privilégié les stars madrilènes au point de les rendre intouchables, impactant directement le temps de jeu du reste du groupe.

El Chiringuito révèle aujourd'hui ce que beaucoup pressentaient : le vestiaire est scindé entre ceux qui partiront au Mondial et qui ont mentalement tourné la page, et ceux qui n'y seront pas et qui ne supportent plus de voir leurs coéquipiers s'entraîner sans intensité. Les frictions sont quotidiennes. Le silence dans les couloirs est pesant et personne ne plaisante plus.

La réaction de Vini lors du Clásico, le geste de Carvajal envers Trent à Séville, les réunions d'urgence entre joueurs, la direction qui parle d'« image du club en jeu », le comportement de Mbappé sur la fin de saison, tout s'emboîte désormais.

Ce vestiaire ne s'est pas fracturé en une nuit. Il s'est délité méthodiquement, sous le poids d'un mercato irresponsable, d'un Ballon d'Or volé, d'une star mal intégrée et d'entraîneurs qui n'ont satisfait personne. Le prochain coach n'héritera pas seulement d'un effectif à reconstruire. Il héritera d'un groupe humain à réunifier, et c'est peut-être le chantier le plus difficile qui soit.

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