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·18. März 2026
ASSE : 50 ans après, cet adversaire affirme… “on aurait été champions d’Europe”

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C’est une phrase qui traverse le temps et qui, à elle seule, redonne une dimension encore plus immense à l’un des exploits les plus mythiques de l’histoire de l’AS Saint-Étienne. Car ce soir du 17 mars 1976, dans un Geoffroy-Guichard incandescent, les Verts n’ont peut-être pas seulement renversé une grande équipe européenne. Ils ont peut-être fait tomber… celui qui était programmé pour devenir le futur champion d’Europe.
Dans une interview accordée au journal L’Équipe, Leonid Buriak, ancien maître à jouer du Dynamo Kiev, ne laisse aucune place au doute : « Je suis sûr que si nous avions battu Saint-Étienne, nous aurions été champions d’Europe. » Un regret immense, intact près de 50 ans plus tard.
À l’époque, Saint-Étienne réalise déjà un exploit retentissant. Battus 2-0 à l’aller en Crimée, les hommes de Robert Herbin renversent totalement la situation au retour avec un 3-0 resté dans la légende. Mais à en croire Buriak, ce scénario aurait pu être tout autre. « On était les grands favoris », insiste-t-il. Et pour cause : le Dynamo Kiev arrive avec un statut impressionnant, fort d’une Coupe des Coupes et d’une Supercoupe d’Europe remportées, notamment face au Bayern Munich. « On avait battu le Bayern, on était très forts », rappelle-t-il.
Le match aller semble confirmer cette supériorité. « On les a vraiment dominés. On aurait dû gagner 3 ou 4-0 », regrette-t-il encore aujourd’hui. Une phrase aux odeurs de regrets éternels, car selon lui, tout s’est joué à ce moment-là : « C’est peut-être là qu’on a perdu la qualification. »
Mais ce que le Dynamo n’avait pas anticipé, c’est l’impact de Geoffroy-Guichard. Le retour dans le Forez va tout changer. Et même un demi-siècle plus tard, le souvenir reste intact dans l’esprit de Buriak : « Je m’en souviens encore très bien. Une ambiance extraordinaire… » Ce soir-là, Saint-Étienne impose un combat total, porté par un stade en fusion.
Le joueur ukrainien ne minimise pas la qualité des Verts : « C’était un match dur. Saint-Étienne avait une très bonne équipe, avec des joueurs physiques comme Bathenay ou Piazza, mais aussi techniques comme Larqué. » Un mélange qui va progressivement faire basculer la rencontre.
Malgré tout, Kiev a eu sa chance. Une opportunité qui, encore aujourd’hui, reste gravée dans les mémoires. À la 64e minute, Oleg Blokhine part en contre dans une situation idéale… mais ne fait pas la passe décisive. « On aurait pu se qualifier s’il avait donné le ballon », souffle Buriak.
Cette action est devenue presque mythique en Ukraine. Des années plus tard, certains supporters lui posent encore la question : « Pourquoi Blokhine n’a pas fait la passe ? » Preuve que ce match a marqué toute une génération.
Avec le recul, le sentiment reste le même. « J’ai toujours beaucoup de regrets », confie-t-il. Car cette équipe du Dynamo n’était pas seulement talentueuse, elle était en avance sur son temps. Sous les ordres de Valeri Lobanovski, le club développait déjà une approche moderne du football. « C’était une approche scientifique du jeu », explique Buriak, évoquant l’utilisation des statistiques et l’analyse poussée des adversaires. « Il nous donnait énormément de données sur Saint-Étienne », ajoute-t-il.
Mais face à l’ASSE, cela n’a pas suffi.
Ce témoignage donne une autre dimension à l’exploit stéphanois. On ne parle plus seulement d’un grand moment du football français, mais peut-être d’un tournant européen. En éliminant Kiev, les Verts ont certainement empêché une équipe de devenir championne d’Europe.
Alors que l’ASSE s’apprête à célébrer les 50 ans de cette épopée lors de la dernière journée face à Amiens, ces propos viennent alimenter encore un peu plus la légende.
Aujourd’hui, le témoignage de Buriak dépasse le cadre du football. « Beaucoup de mes coéquipiers sont morts… », confie-t-il avec émotion. Entre les bouleversements politiques, les drames et la guerre actuelle en Ukraine, cette génération a traversé bien plus que des matchs. Mais au milieu de tout cela, un souvenir reste intact. Celui d’un soir à Geoffroy-Guichard. Celui d’un exploit signé Saint-Étienne. Et peut-être, surtout, celui d’un titre européen qui ne verra jamais le jour pour le Dynam Kiev.









































