Coupe du monde : "Personne n'a le droit de vendre notre sport"... le projet fou à 17 milliards d'Infantino déchaîne les critiques | OneFootball

Coupe du monde : "Personne n'a le droit de vendre notre sport"... le projet fou à 17 milliards d'Infantino déchaîne les critiques | OneFootball

In partnership with

Yahoo sports
Icon: OnzeMondial

OnzeMondial

·29. Juli 2026

Coupe du monde : "Personne n'a le droit de vendre notre sport"... le projet fou à 17 milliards d'Infantino déchaîne les critiques

Artikelbild:Coupe du monde : "Personne n'a le droit de vendre notre sport"... le projet fou à 17 milliards d'Infantino déchaîne les critiques

Vendre une part de la Coupe du monde à des investisseurs privés : c'est le plan colossal dévoilé par la FIFA. Un projet à plusieurs milliards, déjà dénoncé par l'UEFA, un Premier ministre et jusqu'à un ancien président de l'instance.

La FIFA s'apprête-t-elle à ouvrir son joyau au privé ? L'instance, ou plutôt Gianni Infantino, a annoncé son intention de céder une importante participation minoritaire dans une nouvelle société chargée de gérer ses grands événements, à commencer par la Coupe du monde et le Mondial des clubs. Selon The Athletic, cette entité baptisée FIFA Forward Enterprises reprendrait toutes les opérations commerciales, la FIFA en conservant la majorité et restant l'organe de gouvernance du football mondial. Contrainte de réagir après plusieurs fuites dans la presse, l'instance a confirmé espérer vendre jusqu'à 21 % de cette structure à des investisseurs privés, pour lever environ 4,2 milliards de dollars.


OneFootball Videos


Officiellement, l'objectif est vertueux : tripler l'argent redistribué aux 211 fédérations membres. Chacune pourrait toucher jusqu'à 20 millions de dollars immédiatement, puis des subventions régulières fortement revalorisées, portant l'aide au développement à plus de 10 milliards de dollars sur quatre ans. Gianni Infantino, à l'origine du plan, y voit une forme de « démocratisation du football mondial », arguant que la valeur commerciale du jeu doit être « mieux partagée » sur toute la planète. Un argument qui pourrait séduire, dans une organisation où la majorité des fédérations dépendent des subsides de la FIFA pour l'essentiel de leurs revenus, et où celui qui tient les cordons de la bourse tient aussi les votes. Car derrière la « démocratisation » affichée, difficile de ne pas voir un calcul plus politique : arroser généreusement des fédérations dont chacune pèse une voix lors de la réélection du président.

Un tollé chez les gardiens du jeu

Mais le projet a immédiatement suscité une levée de boucliers. L'UEFA, dans un communiqué cinglant, a estimé que « l'âme et la gouvernance du football ne sont pas des actifs à vendre », dénonçant une ligne qui ne devrait « jamais être franchie ». Le Premier ministre britannique Andy Burnham a renchéri sur X : « La Coupe du monde n'est pas un produit (...) une fois que vous en avez vendu un morceau, vous avez tout vendu. » Ce mardi soir, c'est un poids lourd inattendu qui est sorti du silence : Sepp Blatter. L'ancien président de la FIFA s'en est pris frontalement à son successeur, dénonçant une dérive née de la proximité entre Infantino et Donald Trump : « La relation étroite entre le président de la FIFA et le président des États-Unis a atteint une dimension financière qui nuit profondément au football. Personne n'a le droit de vendre notre sport. »

À LIRE AUSSI:

  • Real Madrid : accord total avec Diomandé et Rodri, un deal à 60M€ visé pour le milieu
  • Mercato – OM : un cadre défensif dans le viseur d’un club allemand

Ces critiques ne doivent rien au hasard, tant le montage interroge. Selon The Athletic, le groupe d'investisseurs pressenti serait mené par Thrive, le fonds de Joshua Kushner, frère de Jared Kushner, gendre de Donald Trump et acteur clé de la candidature américaine au Mondial 2026. La banque JP Morgan conseille l'opération. S'ajoutent les soupçons de conflit d'intérêts autour d'Infantino lui-même, que The Times annonce comme futur patron de cette structure, pour un salaire qui pourrait décupler.

La FIFA dément que le sujet ait été abordé, tout en assurant que son président devra y jouer un « rôle de premier plan ». Reste que l'instance n'a pas vraiment besoin de cet argent : le cycle qui s'achève devrait lui rapporter 15 milliards de dollars, un record. Autrement dit, la FIFA n'a jamais été aussi riche, mais s'apprête tout de même à brader un morceau de son bien le plus précieux. Officiellement pour mieux le partager. Officieusement, beaucoup y voient surtout l'ultime étape d'un règne où le football se transforme peu à peu en simple produit financier, quitte à multiplier les Coupes du monde et à les vendre au plus offrant. Sepp Blatter, mieux placé que quiconque pour reconnaître une dérive affairiste, ne dira sans doute pas le contraire.

Retrouvez l'actualité du monde du football en France et dans le monde sur notre site avec nos reporters au coeur des clubs.

Impressum des Publishers ansehen