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·4. April 2025
[Interview Girondins4Ever] Mathieu Pousse (St-Pryvé St-Hilaire) : « Je suis quand même admiratif de cette constance dans l’accompagnement des gens qui gravitent autour des Girondins »
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·4. April 2025
Avant la rencontre entre le club de Saint-Pryvé Saint-Hialire et celui des Girondins de Bordeaux, nous nous sommes entretenus avec Mathieu Pousse, l’entraîneur de cette surprenante équipe qui est toujours en bataille pour les premières places de ce championnat. Un échange encore une fois très agréable avec une personne passionnée. Sa saison, le petit coup de moins bien, la finition, le match à Orléans et l’accueil de Bordeaux, sa philosophie de jeu, sa formation d’entraîneur et le beau message à Romain Vitry… Mathieu Pousse se livre dans cet entretien.
C’est votre treizième saison au club et la première en tant qu’entraîneur de l’équipe de National 2. Comment se passe cette première saison ?
Par rapport à ce que vous venez de dire, c’est une première saison sans en être une. Il y a quelques modifications à être seul numéro un en effet, mais globalement je travaille dans un contexte que je connais très bien. J’ai des habitudes par rapport à notre club et cette équipe que je connais très bien donc par rapport à ça, on fait une saison globalement cohérente. Mais aujourd’hui on n’est pas à l’heure du bilan. Il reste presque un quart du championnat à jouer et en fin de saison, pour nous qui sommes une équipe plutôt jeune et novice pour un certain nombre de profils en tout cas à ce niveau-là, on a quand même une philosophie de formateur à Saint-Pryvé. Donc quand arrive la dernière partie de saison, les derniers matchs où forcément l’enjeu commence à grandir en termes de maturité et d’expérience, ce sont des périodes qui sont importantes pour nous dans la progression de notre équipe.
Vous nous aviez dit que vous aviez une identité de jeu au club et cela semble bien fonctionner pour vous cette saison ?
Tout à fait ! Elle permet de nous mettre en valeur, de travailler sereinement avec une ligne directrice surtout, du fait qu’on a bien figuré jusque-là. Maintenant c’est important de bien finir. C’est important de bien finir parce que ce sont des moments importants. Au-delà du rendement de l’équipe, ce sont des moments qui sont importants dans la construction, notamment dans la progression collective évidemment mais également individuelle. Ça nous apporte d’emmener les joueurs à progresser et à avancer dans leur carrière.
Vous restez sur trois matchs sans victoire, avec un nul au Stade Poitevin et deux défaites face à Dinan-Léhon et à Bourges. Est-ce un petit passage à vide comme les clubs connaissent dans une saison, à l’image de Bordeaux, ou un blocage des joueurs par rapport aux enjeux ?
Concrètement contre Dinan on a eu un trou d’air, surement pour plusieurs raisons mais en tout cas on a eu un trou d’air et on ne méritait pas mieux. Donc c’est une petite claque qu’on méritait de prendre. Par contre, à l’inverse les déplacements à Poitiers et à Bourges, malheureusement c’est un peu récurrent sur 2025, ce qui fait qu’on est moins impactant et qu’on prend moins de points c’est qu’on est moins efficaces offensivement. Concrètement, si on regarde les stats sur chacun de nos matchs, il n’y a pas de baisse de régime, on se crée toujours autant d’occasions, on frappe toujours autant au but. En tout cas, sur l’impact, sur les rencontres et sur les rapports de force, on est encore dans nos standards, voire même par moments en progression par rapport à des matchs de la première partie de saison. Mais par contre on marque moins donc au final on marque moins, peut-être que c’est ce qui nous a, à un moment donné, fait perdre patience. On a manqué de concentration, notamment à Bourges et on a donné des buts qu’on n’a pas l’habitude de donner. Je pense que notre salut viendra par le fait de retrouver l’efficacité offensive parce qu’on a le mérite d’être bien présents dans nos rencontres et de se créer de nombreuses occasions. On finit moins et je sais que l’adversaire du week-end, au regard de leurs dernières prestations – quand bien même, je sais que vous dans l’entourage, vous trouvez bien d’autres choses à relever – mine de rien ils sont quand même plutôt dominateurs de leurs rencontres. Mais par contre, ça ne marque plus.
Photo Pierrick Chassine
Est-ce cette finition qui vous a manqué au match aller au Matmut ?
C’est pour ça que j’attends ce match avec impatience, pour voir les progrès affichés sur la maturité. L’aspect contextuel nous avait beaucoup pesé sur la durée de la rencontre au Matmut. On avait fait une très bonne première demi-heure et on aurait dû, en lien avec votre question sur l’efficacité, ouvrir le score. Mais par manque de détermination, d’efficacité, on n’avait pas été assez audacieux. Par contre sur la durée on avait subi l’aspect contextuel. J’ai des joueurs qui ont sûrement basculé dans l’émotion. On le sentait au bout d’une heure, alors que le rythme était habituel, qu’eux sont prêts athlétiquement. Donc par rapport à ça, cette opposition, vu qu’en plus on est délocalisé dans un stade qui sera, du coup, rempli, dans un contexte qui sera de nouveau inhabituel pour nous, j’ai hâte de voir la réponse positive que mes garçons sont capables d’avoir samedi sur la maturité et la capacité à montrer qu’on a progressé. Mais ça, ce sera si on retrouve de l’efficacité.
La rencontre se jouera au Stade de la Source à Orléans. Votre stade était trop petit pour accueillir les Girondins et leurs supporters ?
Petit, pas forcément parce qu’il n’y a rien qui nous interdisait de recevoir en termes de taille par rapport à notre terrain. Par contre, la problématique c’est que par rapport aux caractéristiques de l’infrastructure, il y avait de grandes, grandes chances si on avait fait le choix de jouer à domicile, que le déplacement de supporters et l’accueil de Bordeaux soit limité, voire surtout refusé. Dans l’esprit qu’est le nôtre en tant que club, là ça dépasse le côté sportif je parle plus au nom de mon président, on ne se voyait pas, mal accueillir un adversaire. En ça, on a suivi les préconisations des instances préfectorales sur le fait que si ça pouvait être délocalisé dans l’enceinte d’Orléans c’était beaucoup plus facile pour accepter les choses par rapport à eux. Que ça permette à Bordeaux de se déplacer correctement. On pourrait en parler sportivement mais là, je ne vais pas donner mon avis d’entraîneur sur cet aspect-là. Je vous laisserai le deviner. Par rapport à ça, ça peut être contradictoire mais par contre, sur le versant club voilà pourquoi le match a été délocalisé. C’est une bonne chose pour l’accueil de Bordeaux.
Ils seront d’ailleurs pas moins de 800 à venir, sans compter les indépendants. N’est-ce pas trop compliqué pour préparer une rencontre censée être à domicile ?
Compliqué, non. Forcément que c’est un bémol pour nous. C’est une contrainte supplémentaire mais j’en fais un enjeu de progression. On l’avait subi à l’aller, à nous de ne pas le subir là. Sur l’aspect contextuel, sur la gestion du public, c’est vrai que contrairement à mon adversaire de ce week-end j’ai peu de joueurs qui ont un vécu à des niveaux supérieurs, avec l’habitude de gérer ces contextes-là. A nous de se servir de, quand on est en progression et qu’on veut construire sa carrière comme la plupart de mes joueurs, tout ce qui s’offre à nous pour en faire un moyen de montrer qu’on avance. De progresser puis de valider des paliers, c’est l’idée. Je tiens à le souligner, je suis quand même admiratif de cette constance dans l’accompagnement des gens qui gravitent autour, que ce soient vous, les gens qui suivent le club, la presse également, les supporters. Le fait de protéger l’aspect sportif. Je sais qu’il y a d’autres choses et sûrement à raison, mais je ne connais pas tous les détails, qui vous mettent en situation de mécontentement. Mais par contre, sur le suivi et la constance, même là dans cette période où tout va mal, je suis admiratif et presque étonné que ça ne grogne pas. Vous protégez votre équipe et vous avez un soutien indéfectible quand bien même, sur la dynamique négative. Mais vous l’entourage, au travers de ce que vous démontrez en termes de fidélité, de constance et même de protection parce que vous œuvrez pour que le sportif fonctionne. Au vu des échanges, si vous pouvez savonner la planche des adversaires vous n’hésitez pas (rires) et je trouve ça assez remarquable. Je ne sais pas s’ils ont conscience de ça au sportif à Bordeaux. Je suis assez admiratif.
Les joueurs bordelais se sont dit les choses après la nouvelle défaite face à Blois, ce qui pourrait être bénéfique parce que ce n’est pas normal quand on voit que les supporters continuent de les soutenir.
J’espère que ça ne suffira pas (sourire). On fera tout pour que ça ne suffise pas. Nous on compte bien jouer le match et vendre chèrement notre peau. Mais ça, c’est sur des aspects extérieurs. En tant qu’acteur du foot depuis quand même de nombreuses années… On est au niveau N2 mais c’est vrai que ça reste remarquable. On voit d’autres clubs de la stature de Bordeaux qui, sur le versant sportif, n’ont pas cette sécurité-là dans l’accompagnement qui peut être fait. Ça grogne beaucoup plus vite dans d’autres endroits. Vous avez de la résilience (rires).
@La Nouvelle Répulique
Bordeaux reste sur cinq défaites de suite en championnat et les joueurs savent qu’il faudra prendre des points chez vous samedi. Comment prépare-t-on ce genre de rencontre à gros enjeu ?
On la prépare… Comme mes collègues on a l’habitude de dire, sur l’aspect purement sportif on la prépare, en tout cas structurellement de manière classique. De manière classique dans la mesure où on a bien étudié les dernières options et les possibles options, les comportements que va avoir Bordeaux sur cette rencontre. Par rapport à ce que j’ai vu, notamment de l’association contre Blois, qui laisse à penser que Bordeaux sera plutôt sur l’idée de jouer très direct pour essayer de nous mettre la pression. On s‘est préparé à ces choses-là. Peut-être justement que cet enjeu qui pèse et cette pression qui est à son paroxysme parce que là c’est leur dernière chance. C’est clairement leur dernière chance, en tout cas ils n’ont plus le droit à l’erreur. Par rapport à ça on peut s’attendre à un début de match particulier forcément, sur l’aspect émotionnel, sûrement avec de l’intensité Mais j’attends surtout une équipe qui va beaucoup jouer direct, en essayant de beaucoup s’appuyer sur son point d’appui, voire ses points d’appui devant. On s’est bien préparés par rapport à ça.
Quelle pourrait être la solution pour faire déjouer Bordeaux ? Bien défendre et exploiter les espaces pour contrer ?
On a une philosophe dont on ne souhaite pas déroger sinon c’est contradictoire avec moi-même quand je parle d’amener mes joueurs à progresser. Dans notre idée on cherchera à jouer, on cherchera à avoir le ballon, à conserver le ballon, à mettre en place notre jeu vertical offensif. Par contre on a préparé sur les détails et sur l’aspect défensif au regard des caractéristiques de Bordeaux qui je pense, seront exacerbées ce week-end. Je pense que ça va jouer très direct de la part de mon adversaire.
Avant d’affronter les Girondins vous êtes toujours bien placé en championnat. Est-ce qu’on regarde la première place à cet instant de la saison ?
Non, non. Aujourd’hui on n’est pas du tout à regarder un objectif qui n’était pas le notre en début de saison. Nous, clairement pas. Par contre on va s’attacher à retrouver le podium qu’on a quitté malheureusement pour la première fois depuis la première journée. Depuis la première journée on y était et c’est la première fois qu’on quitte le podium, là, avec cette contre performance imméritée au regard du match contre Bourges. Donc on va avoir à cœur de se remettre dans une position qu’on veut être la nôtre en fin de saison, en sachant qu’aussi, à notre position actuelle et au vu de ce championnat qui est serré comme tous les ans, on peut aussi regarder derrière. Cette idée de raccrocher le podium est aussi dans un enjeu global de maintenir les distances définitivement avec ce qui se passe derrière. Puis on arbitrera forcément plus ou moins la course à la montée. Bourges, c’est fait, mais on doit recevoir Saint-Malo puis se déplacer à Saint-Brieuc. Donc on fera aussi partie des arbitres parce qu’aujourd’hui, au vu du classement, Saint-Malo étant premier, il est le favori. Les principaux outsiders sont Bourges et Saint-Brieuc d’une part, par rapport à leurs dynamiques, et Bordeaux parce que c’est un ogre dans la division. Il peut battre tout le monde par rapport au fait que son effectif est supérieur à toutes les équipes. Il y a une forme d’incertitude encore qui plane et qui peut laisser présager. Nous, ce n’est pas notre ambition d’aller chercher la première place donc on n’a pas de pression particulière. Par contre on sait que Bordeaux c’est son objectif et c’est même presque son devoir au regard de l’engouement dont on parlait et de tout ce que vous mettez comme énergie autour. C’est un devoir pour eux. En plus, au vu de l’effectif qui est lié à un budget qui est supérieur, qui est même plus du double de toutes les équipes de la poule, avec des joueurs qui ont vu le monde pro pour l’ensemble, en tout cas les deux tiers de l’effectif je dirais. Aujourd’hui c’est la dernière chance pour eux. C’est une certitude qu’ils font encore partie des favoris mais ils n’ont plus le droit à l’erreur.
Vous nous disiez que vous passiez votre formation DES pour entraîner au niveau N2. Où en êtes-vous aujourd’hui ?
On est en train de finaliser. On est un peu comme en championnat, dans le mois fatidique où on approche des examens, des dossiers à rendre, avec une charge pour finaliser et peaufiner, pour bien finir cette formation qui a été riche et enrichissante. J’en profite pour faire une petite dédicace à mon collègue de formation de chez vous, Romain Vitry.
Vous êtes justement en formation avec Romain Vitry, coach de nos féminines et en passe de monter en D3. Vous avez un petit message à lui faire passer ?
On était en visio en début de semaine, on travaillait sur un dossier justement. Le petit message c’est que je le félicite d’ores et déjà pour sa bonne tenue cette saison et le fait d’avoir maintenu sur pieds une section féminine de cette manière. En espérant lui transmettre et lui témoigner encore de bien meilleures félicitations en fin de saison, s’il a la chance d’aller gagner le barrage et de pouvoir redorer le blason. Dans une année riche pour nous, dans l’expérience qu’on partage au niveau de la formation. Je lui souhaite aussi qu’au niveau sportif il est cette satisfaction-là parce que c’est quelqu’un qui a, comme vous, le club dans le cœur, ça se sent. Ça se sent. C’est quelqu’un que je ne connaissais pas auparavant mais j’ai appris à connaître quelqu’un qui œuvre beaucoup. On voit que c’est quelqu’un qui est très investi, très généreux dans ce qu’il fait. Il fait partie des passionnés, et lui acteur au sens premier du terme, des Girondins qui ont continué à s’investir malgré le fait qu’il soit licencié. Franchement chapeau !
Un grand merci à Mathieu pour sa disponibilité et nous lui souhaitons une belle fin de saison.