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·31. März 2026

Jean-Michel Larqué, maître ès coups-francs

Artikelbild:Jean-Michel Larqué, maître ès coups-francs

Quelques mois plus tôt, Kees Rijvers avait à nouveau humé le bon air du Forez. Dans la capitale du cycle, celui que l'on avait surnommé "Trottinette", ne comptait que des amis. Débarqué dans la Loire en 1951, cet attaquant de poche avait tout d'un grand. Sur et en dehors de son terrain de jeu préféré, il faisait l'unanimité et avait noué de solides amitiés à Saint-Étienne.

En mai 1975, il fut ainsi convié à l'inauguration du stade de L'Étrat. "J'ai toujours aimé laisser une bonne impression. Un jour, je reviendrai ici. Tant pis pour vous! Car je ne ferai pas de cadeaux, pas de sentiment", avait-il déclaré d'un ton badin devant un auditoire amusé et conquis par ce drôle de personnage ô combien attachant. Lorsque fut connu le tirage au sort du dernier carré, Kees Rijvers s'empressa de téléphoner à ses amis stéphanois et de réitérer sa promesse.


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Kees Rijvers et le PSV piégés

De fait, cette deuxième demi-finale disputée en deux ans par Robert Herbin et ses hommes - la première les avait vus s'incliner face au futur lauréat, le Bayern Munich (0-0, 2-0) - donna lieu à une rude bataille, un combat de tous les instants. On se rendit coup pour coup. Sans agressivité déplacée, cependant. Un duel à la loyale, une confrontation en haute altitude en termes de performance athlétique, d'intensité, de débauche d'énergie. De watts. Face à la tête de gondole de Philips, les Verts, dans une ambiance électrique, ne ménagèrent pas leurs efforts. Et ne tardèrent pas à être récompensés de cette entame XXL dans l'engagement. Dominique Rocheteau obtenait un coup franc aux abords de la surface batave. Hervé Revelli s'effaçait pour son capitaine, Jean-Michel Larqué qui fusillait Van Beveren d'un trait de génie, un combo gagnant de puissance et de précision chirurgicale. Déjà buteur sur ce même genre de situations face à Kiev et Yevhen Rudakov (3-0, ap, 17 mars 1976), le boss de l'entre-jeu stéphanois récidivait donc en maître reconnu de l'exercice.

Patrick Revelli, tout proche du but du break

"Nous serons opposés à une formation privilégiant le jeu direct, les courses. Un style de jeu qui rompt avec l'idée de ce que l'on se fait du football néerlandais en ce sens que leurs attaques s'apparentent plus à des rushs isolés, loin, bien loin de la maîtrise de l'Ajax Amsterdam", avait prévenu Robert Herbin dans les colonnes de "La Dépêche". Cette équipe du PSV, qui avait sorti précédemment le Ruch Chorzow et l'Hajduk Split dans une des ces coquetteries de l'histoire qui en font tout son charme - les Verts avaient également éliminé, et de quelle manière,  les Polonais et les Yougoslaves, une année auparavant -, cette équipe du PSV donc sembla passablement gênée aux entournures tout au long d'une période initiale que les Stéphanois, pied au plancher, marquèrent de leur empreinte, étant tout proches de doubler la mise par l'intermédiaire de Patrick Revelli. "J'aurais dû mettre un pointu", regrettait l'irréductible "Gaulois"."Leur dispositif tactique nous a perturbés. Notamment le positionnement de (Gérard) Janvion. Nous avons rectifié le tir au retour des vestiaires. Dès lors, la face du match a considérablement changé", jugea, après coup, Kees Rijvers, pestant sur l'état de la pelouse. "J'avais le souvenir d'un excellent terrain. Un tapis. Ce soir, nous avons joué sur un terrain bosselé. Sans oublier les fumées d'usine."

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Ivan Curkovic imperturbable

De fait, les Hollandais rééquilibrèrent les débats lors de la seconde période. Sans pour autant parvenir à déstabiliser un "onze" ligérien, rompu aux joutes continentales, parfaitement organisé, athlétiquement impressionnant et pouvant s'appuyer sur des individualités XXL. À l'instar d'Ivan Curkovic, imperturbable dans ses cages, distillant une incroyable sérénité à ses coéquipiers. "C'est l'homme des grands matches, un modèle de footballeur professionnel. Jamais un écart, jamais un excès. Il a cet amour du métier, du travail bien fait, cette autorité que chacun lui reconnaît", estimera Pierre Garonnaire, le recruteur hors pair de talents, ne tarissant pas d'éloges, à juste titre, à l'égard du gardien du temple.

À l'issue de ce match aller à succès (1-0), une question brûlait les lèvres de tous les fans et observateurs. Ce court avantage d'un but se révélerait-il suffisant à l'occasion du match retour aux Pays-Bas? Jean-Michel Larqué, en fin stratège, avait, dès le coup de sifflet final, un début de réponse. "Vous avez une interrogation : qui est le meilleur de la course-poursuite ou du contre-la-montre ? Réussissons nos deux mi-temps et je crois alors que le problème sera solutionné !"

La réponse, les Verts l'apporteront à Eindhoven en faisant montre d'une solidarité remarquable, préservant leur cage inviolée (0-0) et décrochant leur sésame pour Glasgow, le 12 mai face au Bayern Munich. Leur façon à eux, sans doute, de rendre hommage à un immense champion stéphanois, le triple champion du monde de poursuite et recordman de l'heure, Roger Rivière, décédé le 1er avril 1976 à l'âge de 50 ans.Mercredi 31 mars 1976À Saint-Étienne (Stade Geoffroy-Guichard), AS Saint-Étienne bat PSV Eindhoven : 1- 0 (1-0).Arbitre : Alfred Delcourt (Belgique); 38 767 spectateurs.But pour Saint-ÉtienneLarqué (15e).Avertissement à Eindhoven : Van Kraay (6e).ASSE. Curkovic - Janvion, Piazza, Lopez, Farison - Bathenay (Repellini, 84e), Larqué (cap.), Synaeghel - P. Revelli, H. Revelli, Rocheteau. Entraîneur : Robert Herbin.PSV. Van Beveren (cap.) - Poortvliet, Krijgh, Van Kraay, Deijkers - Stevens, Van der Kuylen, W. Van De Kerkhof - R. Van De Kerkhof - Dahlqvist (Lubse, 46e), Edström. Entraîneur : Kees Rijvers.

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