Le Journal du Real
·26. Januar 2026
Le Real Madrid se transforme doucement mais sûrement

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·26. Januar 2026

Il est encore trop tôt pour crier au génie, mais il n'est pas trop tôt pour constater le changement. La victoire étriquée mais précieuse acquise sur la pelouse de Villarreal ce week-end n’a pas seulement permis au Real Madrid de rester mathématiquement au contact du leader barcelonais en Liga.
Elle a surtout servi de révélateur, renforçant une impression qui prend de l’épaisseur jour après jour : en l'espace de deux petites semaines, l’équipe dirigée par le nouvel entraîneur ne ressemble déjà plus à celle qui traînait sa peine lors de la fin de mandat de son prédécesseur.
Le premier changement, le plus visible pour tout observateur, est d'ordre tactique et comportemental. La Maison Blanche, qui semblait poreuse et désarticulée il y a peu, est redevenue une équipe compacte. C'est un retour aux fondamentaux : les lignes sont resserrées, les replis défensifs ne sont plus une option mais une obligation constante, et l’attitude collective semble transfigurée par un nouvel engagement.
Là où le bloc équipe semblait parfois étiré sur cinquante mètres, passif face aux vagues adverses ces derniers mois, il agit désormais comme une structure cohérente et solidaire. Les joueurs du Real Madrid ne subissent plus le rythme du match ; ils l'imposent, même sans ballon. Les rapports de force physiques et mentaux se sont inversés. Cette solidité défensive retrouvée, illustrée par la capacité à fermer les espaces et à souffrir ensemble dans les temps faibles sans rompre, est la première pierre de l'édifice d'Arbeloa.
Ce redressement n'est pas que le fruit d'ajustements sur un tableau noir. Il est avant tout humain. Dans l'émission Carrusel Deportivo, le journaliste Jesús Gallego a parfaitement résumé cette bascule en évoquant une équipe « plus solide, plus naturelle et beaucoup plus unie ». Il insiste sur le rôle central du nouveau technicien dans la reconstruction mentale du vestiaire. Son discours, centré sur l’histoire du Real Madrid, les valeurs de l'institution et la nécessité absolue de l’union sacrée, a fait mouche.
Arbeloa travaille les têtes autant que le terrain. Sa proximité naturelle avec les joueurs, sa légitimité d'ancien vainqueur de la Ligue des Champions et sa manière d'inclure les jeunes du centre de formation traduisent une volonté de créer une connexion émotionnelle directe. Le groupe semble désormais répondre émotionnellement à son entraîneur, là où le message précédent ne passait plus.
Cette connexion se voit dans l’intensité mise dans chaque duel. L'image symbolique de ce renouveau restera sans doute ce sprint défensif rageur de Kylian Mbappé contre Monaco en toute fin de match la semaine dernière, applaudi à juste titre par tout le stade. C’est ce genre d’énergie et de sacrifice que ce Real Madrid retransmet depuis dix jours.
Si la "patte" tactique d'Arbeloa demande encore du temps pour se mettre en place parfaitement sur le rectangle vert, son empreinte sur le vestiaire est déjà indéniable. Le moral est remonté en flèche et l’envie des joueurs semble sublimée par ce nouveau management. Le groupe est réactivé.
Enfin, cette nouvelle dynamique a permis de relancer plusieurs individualités qui étaient en perdition au Real Madrid. Des jeunes talents comme Franco Mastantuono se sentent plus impliqués et responsabilités, retrouvant de l’influence dans le jeu. Mais c'est surtout chez les cadres que le changement d'attitude est frappant, eux qui semblent désormais privilégier l’effort collectif à la simple gestion de leurs statistiques.
L'exemple le plus probant est celui de Vinicius Jr. Amorphe et souvent frustré sous l'ancien staff du Real Madrid, le Brésilien a retrouvé des couleurs grâce à la confiance totale que lui témoigne son nouveau coach. Une statistique est révélatrice : depuis son intronisation, Arbeloa n’a jamais fait sortir son ailier gauche du terrain avant le coup de sifflet final (4 matchs complets sur 4), là où il n’avait joué que 9 matchs complets sur 35 cette saison sous l'ère précédente. Résultat : un joueur impliqué sur les deux buts du week-end et qui se sent de nouveau important.
Arbeloa n’a pas tout révolutionné en quinze jours, mais il a réussi l'essentiel : réveiller un groupe en qui plus personne ne semblait croire. Il reste désormais à prouver que ce nouveau climat peut perdurer, car les Merengues ont encore deux trophées majeurs à aller chercher dans cette fin de saison haletante.
Bruno DE OLIVEIRA









































