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·30. Mai 2026
PSG-Arsenal : "les mecs cadrent tout le temps"... pourquoi Paris est la meilleure équipe d'Europe sur les frappes lointaines

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·30. Mai 2026

Avec 22 buts inscrits en dehors de la surface cette saison, le PSG a transformé les frappes lointaines en arme collective sous Luis Enrique. Avant la finale de Ligue des champions face à Arsenal, samedi, Alexandre Letellier, l'ancien gardien parisien qui a connu une très large partie du groupe actuelle, raconte les coulisses d’une équipe devenue la référence européenne dans l’exercice et décrypte les spécificités de ses anciens partenaires.
Les « Gunners » d’un côté, les canonniers de Luis Enrique de l’autre. Samedi, Budapest s’apprête à accueillir la finale de Ligue des champions entre le PSG et Arsenal. Une opposition presque symbolique tant Paris a transformé la frappe lointaine en signature collective cette saison. Sur les 127 buts inscrits par le champion d’Europe en titre, 22 l’ont été en dehors de la surface. Ce qui en fait la meilleure équipe parmi les cinq grands championnats.
Comment expliquer que cette saison, Paris ait fait de ces tirs lointains une arme qui représente près de 17 % de ses réalisations ? Il faut d’abord regarder du côté du Campus, où les séances ne se terminent jamais sans ce rituel. Une fin d’entraînement habituelle, quelques ballons qui traînent encore, un membre du staff derrière le but pour remettre en retrait et, à l’entrée de la surface, une succession de contrôles-frappes qui sifflent dans tous les coins. Alexandre Letellier s’en souvient parfaitement.
« Il y a toujours ce petit jeu à la fin de l’entraînement et, mine de rien, tu bosses constamment tes frappes en dehors de la surface. Et à force de répéter ce geste, les mecs cadrent quasiment tout le temps. Quand ils arrivent en match, ils le font tellement que le geste se fait naturellement », explique l’ex-quatrième gardien du PSG, qui a connu la plupart des tireurs d’élite de l’équipe.
Depuis la fin de l’année 2024 et cette période où le PSG devenait très prévisible avec sa possession outrageuse, Luis Enrique a cherché des solutions pour retrouver plus d’efficacité, punir des défenses basses ou surprendre un gardien avant même que le danger ne soit identifié. Au cœur de son effectif, Paris possède une diversité de profils que l’ex-portier, aujourd’hui à la retraite, décrypte. En commençant par le latéral droit marocain.
« Achraf Hakimi, je dirais que sa principale qualité de frappe, c’est justement sa puissance du coup de pied. Il arrive lancé, souvent dans une position un peu désaxée par rapport au but, ce qui fait qu’il est aussi obligé de frapper fort, que ce soit croisé ou au premier poteau. J’ai le souvenir de pas mal de buts qu’il marque comme ça », analyse Letellier.
Sur l’autre aile, Nuno Mendes représente presque une anomalie physique. « Une vraie frappe de mule, pure et très puissante », glisse Letellier, qui retient de lui sa facilité à mettre de la force sur les centres et les frappes lointaines sans donner l’impression de forcer. Même les coups francs, comme celui inscrit à Lille cette saison (1-1, le 5 octobre 2025), ont laissé un drôle de souvenir à l’ex-gardien du PSG. Une anecdote a marqué l’ancien gardien parisien.
« À l’époque, on ne travaillait pas énormément les coups francs, ça arrivait de temps en temps. Nuno Mendes s’est avancé. Je ne l’avais encore jamais vu tirer un coup franc. Il s’élance et déclenche une frappe enroulée d’une puissance… c’était abusé ! Et ça a fini en pleine lucarne. Je l’ai regardé et je lui ai dit : “Mais tu sais tirer les coups francs, toi ?” C’était fou : premier coup franc que je le vois tirer, trajectoire parfaite, puissance nette, tu n’as même pas le temps de bouger. Ça m’a marqué, je ne savais pas que ça faisait partie de sa panoplie, mais ça lui fait une sacrée corde de plus à son arc. »
Au milieu, Vitinha fonctionne autrement. Le Portugais joue avec la trajectoire plus qu’avec la force. « Viti a de la souplesse. Quand il frappe du coup du pied, ses trajectoires sont souvent un peu flottantes », explique l’ex-Parisien. Une spécificité particulièrement difficile à gérer pour les gardiens. « Il est surtout dans le placement, dans la frappe de l’intérieur du pied pour chercher les angles. Avec la qualité technique qu’il a, il met le ballon un peu où il veut. » Une esthétique différente, mais avec une efficacité qui en faisait l’un des meilleurs Parisiens dans ce secteur la saison passée.
« Kang-In Lee n’est pas facile à lire, enchaîne Letellier. Dans sa posture de frappe, il est capable d’enrouler très facilement, mais il sait aussi fermer son pied au dernier moment. Tu t’attends à ce qu’il enroule, mais s’il te voit anticiper, il te la ferme au premier poteau. De plus, son enroulé est puissant. J’ai le souvenir d’un but à Montpellier qui finit dans la lucarne ; on sent que c’est un geste parfaitement maîtrisé, il va chercher le côté opposé avec une facilité déconcertante. »
Et puis il y a Ousmane Dembélé, probablement le casse-tête ultime. Ambidextre, imprévisible, capable d’enrouler ou de frapper sec sans modifier sa course. « Pour un gardien, c’est un calvaire à lire », raconte Letellier. « En dehors de la surface, il a plutôt tendance à enrouler, et à l’intérieur, il frappe très fort. Comme il est ambidextre, quand il commence ses dribbles, tu ne sais jamais de quel côté ça va partir, ce qui fausse les pistes pour le gardien. Quand il frappe fort, il cherche souvent des zones pénibles, au niveau des épaules ou de la tête. »
Cette saison en Ligue des champions, Khvicha Kvaratskhelia s’est illustré à plusieurs reprises dans cet exercice : lors du premier match contre l’Atalanta Bergame (4-0, le 17 septembre) ou face à Chelsea (5-2, le 11 mars) lors du huitième de finale aller. Sur ce dernier exemple, le Géorgien réalise d’ailleurs sa spéciale en rentrant intérieur sur son pied droit avant d’enrouler. Letellier, qui ne l’a jamais côtoyé, le compare à Arjen Robben, l’ailier néerlandais qui faisait la même chose sur l’autre aile. « Tu as beau le savoir, son geste est tellement fluide, maîtrisé et puissant que c’est imparable. Le nombre de buts qu’il inscrit dans cette position préférentielle est hallucinant. »
À ce panel de buteurs hors normes, Paris peut également ajouter Warren Zaïre-Emery à la frappe lourde, Désiré Doué, qui a offert le titre à son équipe dans ce registre face à Brest, ou encore João Neves qui, en début de saison, en plus de deux retournés acrobatiques à Toulouse, avait envoyé une frappe pleine lucarne. Fabian Ruiz s’illustre moins dans l’exercice, mais n’en reste pas moins capable de fulgurances. L’an passé, Arsenal l’a appris à ses dépens en demi-finale retour de Ligue des champions.
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