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·22 June 2026

ASSE : Larry Tanenbaum pourrait renverser la table

Article image:ASSE : Larry Tanenbaum pourrait renverser la table

La patience a des limites. Si les débuts de Larry Tanenbaum à la tête du groupe KSV ont été marqués par la continuité et le soutien affiché aux dirigeants stéphanois, le propriétaire canadien a une réputation bien établie : quand ça ne fonctionne pas, il tranche. Et deux saisons ratées, ça commence à peser lourd.

Le Progrès a mis le doigt sur quelque chose d'important. Larry Tanenbaum passe pour un homme généreux, ouvert au dialogue, peu enclin aux décisions brutales. Son passage à Saint-Étienne depuis la reprise par KSV n'a pas démenti cette image : les dirigeants en place ont conservé leur poste malgré deux exercices consécutifs en dessous des attentes, une relégation et un échec dans la course à la remontée directe. Mais l'histoire de ses autres clubs raconte une autre facette du personnage.


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Le précédent des Raptors : la brutalité qui mène au titre

Toronto, 2018. Les Raptors venaient de signer DeMar DeRozan pour trois ans supplémentaires. Le joueur était l'icône absolue de la franchise, le meilleur marqueur de l'histoire du club, adoré des supporters. Masaï Ujiri, le président nommé et soutenu par Tanenbaum, l'échange quand même — contre Kawhi Leonard, disponible pour une seule saison. Le pari semblait fou. Un an plus tard, Toronto remportait le seul titre NBA de son histoire. Tanenbaum n'avait pas bronché face au choix de son homme de confiance, mais il avait laissé opérer une révolution totale quand la situation l'exigeait.

Aux Maple Leafs, son équipe de hockey sur glace, le turnover à la direction sportive a été encore plus explicite : cinq directeurs généraux différents en dix ans. Un rythme qui ne témoigne pas d'une culture de la stabilité à tout prix, mais d'une exigence de résultats qui finit toujours par s'imposer quand la patience est épuisée.

À l'ASSE, la pression monte, Tanenbaum observe

Deux mercatos d'été à côté, deux saisons ratées. La relégation d'abord, puis l'incapacité à remonter directement malgré un investissement important sur le recrutement. Les supporters Verts, notamment les groupes ultras qui ont multiplié leur messages contre la direction KSV, ne cachent pas leur défiance. Et à deux semaines de la reprise, le mercato stéphanois est encore poussif : aucune recrue officialisée, plusieurs dossiers en suspens, un successeur à Stassin non identifié publiquement.

La question qui se pose n'est plus de savoir si Larry Tanenbaum est mécontent — il l'est forcément. Elle est de savoir à quel moment son niveau d'exigence canadien s'imposera à la réalité stéphanoise. L'homme a prouvé qu'il savait distinguer loyauté et résultats. Ses clubs ont connu des révolutions internes quand c'était nécessaire, même douloureuses, même impopulaires à court terme.

Cathro, dernier rempart ou première domino ?

Ian Cathro vient d'arriver. Sa nomination représente en elle-même une prise de risque assumée — un technicien atypique, un projet de jeu à construire de zéro. Le pari est intellectuellement cohérent, mais il n'a pas encore produit la moindre minute en Ligue 2. Si la saison venait à mal démarrer, le précédent des Raptors rappelle que Tanenbaum n'a aucun état d'âme pour changer de coach quand la situation l'impose.

Plus largement, c'est toute l'organisation sportive qui pourrait être concernée si les signaux ne s'améliorent pas rapidement. Le mercato actuel, encore vide à deux semaines de la reprise, est un test en temps réel de la capacité de la direction à construire un effectif compétitif. Chaque jour qui passe sans recrue officielle est un jour de moins pour préparer collectivement la saison.

À Saint-Étienne, on a tendance à croire que la propriété canadienne se contentera d'observer. L'histoire de Larry Tanenbaum suggère qu'il observe, oui — mais qu'il peut aussi trancher dans le vif.

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