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·24 April 2026
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Un tribunal brésilien a pris la décision forte d'écarter John Textor de la présidence de Botafogo quelques heures après qu'une autre juridiction a dévoilé les chiffres de la situation financière du club carioca. On découvre que certaines sommes qui ont filtré ces dernières semaines dans la presse ne sont pas forcément vraies. Reste désormais à connaître les conséquences pour l'OL.
"Le Tribunal Arbitral de la Fondation Getúlio Vargas (FGV), sur une base purement conservatoire, détermine la révocation automatique et immédiate de M. John Charles Textor de la direction de SAF Botafogo, qui sera soumise à une réanalyse après la présentation de la déclaration de la société prévue pour le 29 avril 2026.", selon la décision d'une juridiction. John Textor pourrait avoir causé des dommages irréparables à Botafogo.
"L’une d’elles était la mesure déposée mardi dernier (21) dans le but de lancer un processus de réorganisation judiciaire des SAF. L’autre était l’accord d’achat et de vente signé en janvier par Textor, transférant la participation d’Eagle Bidco dans SAF Botafogo à une société des îles Caïmans.", a précisé le Tribunal Arbitral. La gestion de l'ancien dirigeant de l'OL est décortiquée par la justice, celui de flux financiers incessants entre différentes structures gérées, directement par... John Textor.
Des montages internes qui finissent par se retourner contre lui. Selon des observateurs brésiliens suivis par la presse, le dossier s’est accéléré en janvier avec la révélation d’un accord pour vendre les actions de Botafogo détenues par Eagle Bidco (une société sur laquelle il avait déjà perdu le contrôle) à Eagle Football, une autre société de son groupe.
Peu à peu, les irrégularités apparaissent au grand jour. Certaines sont désormais considérées par l’instance brésilienne comme une "violation des accords." D’autant que les médias locaux ont dévoilé jeudi les vrais chiffres de la situation du futur ex-club de la galaxie Eagle, telle que la voulait son fondateur.
Pour justifier leur demande de redressement judiciaire, les dirigeants de Botafogo ont déposé mercredi 22 avril auprès de la justice une liste détaillée des créanciers. Un inventaire très large, qui inclut des clubs brésiliens et étrangers, des joueurs, des entraîneurs, des fournisseurs, des agents ou encore des banques. Au total, des chiffres officiels et "tracés" qui atteignent R$ 1.119.102.671,96 (plus de 190 M d’euros).
Dans cette longue liste, l’OL apparaît évidemment. Et les montants réels sont bien loin de certaines rumeurs : Lyon est crédité de R$ 30.079.000,60, soit un peu plus de 5 millions d’euros que Botafogo doit au club français.
Reste la question des 20,8 M d’euros que l’OL devrait à Botafogo selon une information relayée mercredi soir. En réalité, ce montant provient d’une action en justice initiée par John Textor lui-même devant un tribunal de Rio pour faire reconnaître une dette. Problème : la notification n’a pas encore été reçue par le club, et surtout, la décision a été rendue sans procédure contradictoire. Autrement dit, pour la valider, il faut encore pouvoir la documenter correctement. Et à ce stade, les pièces nécessaires pourraient manquer pour l’étayer.
Concernant les 125 millions d'euros que l'OL devrait à Botafogo : pour certains observateurs du dossier, il s’agirait surtout de "des écrans de fumée pour faire diversion", résume un connaisseur.
Autre zone floue : les fameux "transferts fantôme". À commencer par le cas de Luis Henrique, transféré de Botafogo au Zenit Saint-Pétersbourg en passant, selon plusieurs éléments, par les comptes de l’OL. Ou encore les suites de "l’affaire Jeffinho", qui illustre les différents flux financiers entre la France et le Brésil utilisés pour alimenter la trésorerie du club sud-américain.
Un dossier qui pourrait devenir l’un des grands chantiers judiciaires autour de John Textor dans le football. Certains évoquent même une possible qualification "par des actions pour abus de biens sociaux", tout en rappelant que "cela prendra du temps, beaucoup de temps."
Après avoir été exfiltré "gentiment" le 30 juin 2025, puis empêché d’un putsch en janvier avant d’être écarté juridiquement fin mars de l’OL, John Textor apparaît aujourd’hui plus fragilisé que jamais. Aujourd'hui, le patron américain a été écarté de la présidence de Botafogo.
📸 OLIVIER CHASSIGNOLE - AFP or licensors









































