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·16 June 2026

Coupe du monde 2026 : Comment le Sénégal a séduit les binationaux français

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À l'heure d'affronter la France pour son entrée en lice à la Coupe du monde, le Sénégal récolte les fruits d'une stratégie discrète mais efficace auprès des jeunes binationaux. Derrière plusieurs choix récents se cache une méthode largement portée par son sélectionneur, Pape Thiaw.

Ce mardi face à la France, le Sénégal lancera sa Coupe du monde avec une génération qui raconte une autre histoire que celle qui a battu les Bleus en 2002 : celle d'une sélection devenue particulièrement attractive pour les jeunes binationaux. Dans le groupe sénégalais figurent notamment Mamadou Sarr et Ibrahim Mbaye, deux joueurs formés dans l'Hexagone et passés par les équipes de France de jeunes.


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Plus récemment encore, le cas de Mamadou Diakhon a illustré cette tendance. Convoqué avec les Espoirs français en mars, l'ancien Rémois avait dans le même temps été appelé par Pape Thiaw avec le Sénégal, à qui il a finalement donné sa priorité. Comment expliquer que les Lions de la Teranga, demi-finalistes du Mondial 2022, soient devenus aussi convaincants ?

Longtemps, le Sénégal a observé de loin la bataille que se livrent les sélections nationales pour attirer les meilleurs profils formés en Europe. Aujourd'hui, la donne a changé. Et derrière cette évolution se cache une méthode incarnée par un homme : Pape Thiaw. Le sélectionneur a fait du recrutement des binationaux un chantier personnel.

Un système opposé à celui du Maroc

Loin du modèle marocain, devenu une référence sur le continent puisque les Lions de l'Atlas disposent d'un réseau de recruteurs spécialisés qui identifient très tôt les jeunes talents à travers l'Europe. Le sujet est même porté au plus haut niveau de la fédération, comme l'a montré récemment le dossier Ayoub Bouaddi. Résultat : lors du dernier Brésil-Maroc, onze joueurs binationaux figuraient ont été alignés en simultané sur la pelouse.

Le Sénégal fonctionne différemment. Lorsqu'un joueur est identifié comme un potentiel international, ce n'est généralement ni un intermédiaire ni un dirigeant fédéral qui prend le relais. C'est directement Pape Thiaw. Le technicien multiplie les déplacements pour observer les joueurs, mais surtout pour rencontrer leur entourage. Parents, proches, conseillers : tout le monde est intégré à la réflexion. L'objectif n'est pas seulement de présenter un simple projet sportif. Il s'agit aussi d'expliquer la place envisagée pour le joueur, le fonctionnement du groupe et la vision de la sélection.

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Une approche qui tranche avec celle de nombreuses fédérations où les premiers contacts passent par plusieurs intermédiaires. Le discours repose avant tout sur la notion d'appartenance. Le Sénégal ne cherche pas à arracher une décision et dans les discussions qu’il peut mener une phrase revient souvent : « Cela doit être un choix du coeur ».

Mbaye, première discussion début 2025

Cette philosophie semble trouver un écho favorable auprès d'une génération souvent partagée entre plusieurs identités footballistiques. Le dossier Mamadou Sarr en est un bon exemple. Son choix a nécessité davantage de réflexion que d'autres. Mais le fait de voir le sélectionneur se déplacer personnellement a pesé dans la balance.

Le Sénégal cible d'ailleurs en priorité des profils très jeunes, capables de s'inscrire dans le projet sur plusieurs années. Dans cette logique, ce n'est sans doute pas un hasard si Pape Thiaw avait préféré convoquer Nobel Mendy plutôt que Malang Sarr lors du rassemblement de mars.

Mais c'est probablement le cas Ibrahim Mbaye qui symbolise le mieux cette nouvelle stratégie. Son choix avait surpris de nombreux observateurs tant le joueur du PSG semblait destiné à poursuivre son parcours avec les équipes de France. Pourtant, en coulisses, le dossier était travaillé depuis plusieurs mois. Pape Thiaw avait initié les premiers contacts dès la signature de son premier contrat professionnel à Paris, avant de parvenir à ses fins quelques mois plus tard.

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