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·3 July 2026

Coupe du Monde : jouer sous 38°C, jusqu’à quand ?

Article image:Coupe du Monde : jouer sous 38°C, jusqu’à quand ?

Chaque édition estivale de la Coupe du monde expose un peu plus joueurs et supporters à des chaleurs extrêmes, alors que le réchauffement climatique s’accélère. À l’heure où la Fifa multiplie les parades pour limiter les risques sanitaires sur le Mondial nord-américain, la question d’un changement de calendrier revient avec insistance dans le débat.

Le constat est sans appel. Selon une étude publiée mi-mai par le réseau de scientifiques World Weather Attribution (WWA), un quart des 104 rencontres du Mondial, du match d’ouverture le 11 juin à Mexico jusqu’à la finale le 19 juillet près de New York, sont susceptibles de se dérouler dans des conditions éprouvantes, entre fortes chaleurs et taux d’humidité élevés. Les chercheurs se sont appuyés sur l’indice WBGT, qui combine température et humidité pour évaluer la capacité du corps à se refroidir, et non sur la simple température affichée par les bulletins météo classiques.

Un quart des matchs sous grosse chaleur

Pour mesurer l’ampleur du basculement climatique, les scientifiques ont comparé la situation actuelle à celle de 1994, la dernière fois que le tournoi s’est tenu en Amérique du Nord : les risques de chaleur dangereuse ont depuis presque doublé. Une trajectoire jugée alarmante par les auteurs de l’étude, qui estiment que sans mesures d’adaptation, disputer des matchs l’été dans l’hémisphère nord deviendra de plus en plus risqué, voire dangereux, jusqu’à menacer la tenue même de la finale.


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Des chiffres que confirme une autre analyse, selon laquelle 26 des 104 rencontres programmées risquent de dépasser le seuil d’alerte thermique fixé à 26°C WBGT, un niveau qui équivaut à une chaleur ressentie de 36 à 38°C par air sec, et de 28 à 30°C par forte humidité. Sur ces 26 matchs à risque, neuf se joueront en plein air, sans toiture ni climatisation, notamment dans les stades ouverts du sud des États-Unis et du Mexique.

Des précédents qui inquiètent

Le souvenir de 1994 hante encore les mémoires : la finale entre le Brésil et l’Italie à Pasadena s’était jouée sous une température proche de 38°C, un niveau resté exceptionnel pour une compétition de cette envergure. Plus récemment, le Mondial des clubs organisé aux États-Unis à l’été 2025, sorte de répétition générale, avait suscité les critiques de joueurs et d’entraîneurs peinant à tenir le rythme sous de fortes chaleurs.

Toutes les sélections ne sont pas égales face à ce risque. D’après une analyse de Climate Central relayée par Euronews, l’Argentine serait l’équipe la plus exposée aux températures extrêmes si elle atteignait la finale, avec plus de 50% de probabilité que la chaleur affecte ses matchs, suivie du Portugal, de l’Espagne et du Brésil. Quant à l’équipe de France, elle figurerait parmi les sélections les plus exposées du tournoi, ce qui a poussé la fédération à anticiper l’acclimatation de ses joueurs avant leur entrée en lice.

Décaler le calendrier, une fausse bonne idée ?

Face à ces constats, plusieurs experts plaident ouvertement pour revoir la période d’organisation des grands événements sportifs internationaux. La climatologue Friederike Otto estime ainsi qu’il serait préférable de les organiser plus tôt ou plus tard dans l’année, afin d’en faire une vraie fête du football plutôt qu’un événement représentant un risque sanitaire énorme, à l’image de ce qui avait été fait pour la Coupe du Monde au Qatar en 2022.

Mais ce scénario se heurte à une réalité économique et logistique lourde. Organiser un Mondial en hiver bouscule le calendrier des championnats nationaux, contraignant les fédérations à suspendre leurs compétitions et à les étaler à des moments moins porteurs pour leur audience et leurs recettes. Un dilemme qui explique la frilosité de la FIFA à toucher à un calendrier estival verrouillé par les intérêts des diffuseurs et des ligues.

En attendant un hypothétique changement structurel, l’instance mondiale a opté pour des mesures d’urgence : les pauses fraîcheur, jusqu’ici conditionnées à la météo, deviennent automatiques à chaque mi-période, quelles que soient les conditions, tandis que seuls les stades de Dallas, Houston et Atlanta disposent de la climatisation, les autres devant composer avec des systèmes d’ombrage ou une programmation horaire plus tardive. Des rustines qui ne résolvent pas la question de fond : à mesure que le thermomètre mondial grimpe, le format estival de la Coupe du monde semble de moins en moins tenable sans une remise à plat plus profonde.

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