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·8 May 2026

David Alaba, une histoire à double lecture

Article image:David Alaba, une histoire à double lecture

Lorsque David Alaba rejoint le Real Madrid à l’été 2021, le défi est immense. Il ne s’agit pas seulement d’intégrer l’un des plus grands clubs du monde, mais de combler le vide laissé par Sergio Ramos, figure emblématique et leader incontesté. Libre après son passage au Bayern Munich, l’Autrichien arrive avec un statut prestigieux et une polyvalence rare, capable d’évoluer en défense centrale, sur un côté ou même au milieu de terrain.

Très rapidement, Alaba répond aux attentes. Associé à Éder Militão, il forme une charnière solide et complémentaire. Sa qualité de relance, sa lecture du jeu et son expérience apportent une sérénité immédiate à l’arrière-garde madrilène. Cette première saison 2021-2022 est une réussite totale : le Real Madrid remporte la Liga et la Ligue des champions, et Alaba s’impose comme un élément clé de cet équilibre retrouvé.


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Son image célébrant la remontada contre le PSG, chaise à la main, devient un symbole de cette campagne européenne mémorable. Au-delà de ses performances, il incarne alors un esprit conquérant et une capacité à répondre présent dans les moments décisifs. À ce stade, son recrutement apparaît comme un coup parfait de la direction madrilène.

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Une trajectoire brisée par la blessure

La dynamique positive s’interrompt brutalement au cours de sa deuxième saison. Victime d’une rupture du ligament croisé antérieur, aggravée par une usure du cartilage, Alaba entre dans une période d’incertitude. Cette blessure lourde marque un tournant décisif dans son aventure madrilène.

Son absence prolongée fragilise la défense du Real, mais surtout, elle affecte durablement son niveau de performance. Il lui faut plus d’un an pour revenir sur les terrains, et même après son retour, l’Autrichien ne retrouve jamais son niveau initial. La vivacité, la précision et l’impact qui faisaient sa force semblent avoir disparu.

Les chiffres illustrent cette chute. Après une première saison à plus de 4 000 minutes, son temps de jeu s’effondre : moins de 600 minutes la saison suivante, puis à peine 400 lors de sa dernière année. De titulaire indiscutable, il devient un joueur de rotation, voire une option secondaire dans la hiérarchie défensive.

Un poids salarial difficile à justifier

Au-delà de l’aspect sportif, la question économique vient renforcer le sentiment d’échec partiel. En héritant du salaire de Sergio Ramos, Alaba devient l’un des joueurs les mieux rémunérés de l’effectif, avec environ 12 millions d’euros nets par saison, soit près de 25 millions bruts.

Un investissement conséquent qui, avec le recul, ne correspond plus à son apport réel sur le terrain. Ses rares titularisations cette saison, notamment face à Osasuna et Getafe, se soldent par des performances décevantes et des défaites. Ces rencontres illustrent les difficultés d’un joueur en perte de repères et de rythme.

Même dans des apparitions plus courtes, comme lors du match face au Betis à La Cartuja, Alaba peine à peser positivement. Entré en jeu pour sécuriser le résultat, il ne parvient pas à stabiliser la défense, et l’équipe concède l’égalisation en fin de rencontre. Des situations qui renforcent l’idée d’un décalage entre son statut et son rendement.

Une sortie en toute discrétion

La fin de l’histoire entre Alaba et le Real Madrid se déroule sans bruit. L’Autrichien, conscient de sa situation, se fait discret. Peu de prises de parole, aucune véritable tournée d’adieux : son départ se fait presque dans l’anonymat, loin de l’image forte qu’il avait laissée à ses débuts.

Sportivement, il ne figure même plus parmi les options prioritaires pour les grandes affiches, comme le Clásico. Un déclassement symbolique pour un joueur qui devait incarner le présent et l’avenir de la défense madrilène. Son rôle s’est progressivement effacé au point de devenir secondaire.

Son départ libère néanmoins une marge salariale importante pour le club, qui pourra se repositionner sur le marché des défenseurs centraux. Une opportunité stratégique pour reconstruire un secteur fragilisé et anticiper les besoins futurs de l’équipe.

Alors, l’arrivée de David Alaba est-elle une réussite ou un échec ? La réponse se situe sans doute entre les deux. Réussite indéniable sur le court terme, avec une première saison exceptionnelle et des titres majeurs. Mais échec relatif sur la durée, en raison d’une blessure qui a brisé son élan et limité son impact.

Son passage restera celui d’un joueur brillant mais éphémère, dont l’histoire madrilène aurait pu être bien différente sans ce coup d’arrêt physique. Au Real Madrid, où l’exigence ne laisse que peu de place aux circonstances, Alaba s’en va comme il a fini : en silence, laissant derrière lui un sentiment d’inachevé.

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