Le Fussball
·7 April 2026
[DOSSIER] Schweinfurt relégué : Une saison qui n’a jamais vraiment débuté
![Article image:[DOSSIER] Schweinfurt relégué : Une saison qui n’a jamais vraiment débuté](https://image-service.onefootball.com/transform?w=280&h=210&dpr=2&image=https%3A%2F%2Flefussball.com%2Fwp-content%2Fuploads%2F2026%2F04%2Fjermaine-jones-der-44-jaehrige-ist-erst-seit-mitte-februar-im-amt.webp)
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·7 April 2026
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Le verdict est tombé. Le 1. FC Schweinfurt 05 est officiellement relégué en Regionalliga Bayern après sa défaite face au Rot-Weiss Essen. Une issue presque inévitable tant la saison du promu aura été marquée par les difficultés, les erreurs de construction et une incapacité chronique à exister dans ce championnat. Derrière cette relégation, il y a pourtant une histoire plus large. Celle d’un club revenu de loin, mais qui n’a jamais réussi à franchir le cap du football professionnel.
La saison dernière, Schweinfurt avait validé sa montée en 3. Liga au terme d’un duel tendu face à son rival, Würzburg. Une montée acquise dans la douleur, mais avec un vrai mérite sportif. Le club retrouvait ainsi le monde professionnel après une longue attente.
Mais dès l’été, un constat s’est imposé. Schweinfurt ne partait pas avec les mêmes armes que ses concurrents. Le budget, la profondeur d’effectif, l’expérience collective, tout semblait inférieur. Le recrutement a alors été massif, avec une accumulation de profils libres, de prêts et de joueurs issus de divisions inférieures. Sur le papier, l’idée était de construire rapidement un groupe capable de tenir le rythme. Dans les faits, cette stratégie a surtout créé un effectif hétérogène, sans véritable colonne vertébrale.
Parmi les arrivées majeures, Johannes Geis représentait le pari de l’expérience. Passé par Mainz 05, Schalke 04, Sevilla, Köln ou encore Nürnberg, le milieu de 31 ans devait structurer le jeu et encadrer le groupe. Il a répondu présent en termes de disponibilité, avec une saison presque complète, trois buts et trois passes décisives. Mais son influence est restée limitée, et son indiscipline, avec huit cartons jaunes et une expulsion, a parfois pesé.
Dans un autre registre, Ekin Celebi incarnait un renfort intéressant sur le côté gauche. Prêté par le Rot-Weiss Essen pour retrouver du rythme après de longues blessures, il a disputé 17 matchs pour deux buts. Mais lui aussi a été freiné, notamment par une nouvelle blessure entre février et mars qui l’a privé de plusieurs rencontres importantes sur la seconde partie de saison.
Offensivement, les attentes étaient élevées autour de Manuel Wintzheimer. Formé au FC Bayern München, passé par Hamburg, Nürnberg ou encore l’Arminia Bielefeld, l’attaquant de 27 ans avait le profil pour porter l’attaque. Son bilan reste pourtant très insuffisant, avec seulement trois buts et une passe décisive en 27 matchs.
Même constat pour Erik Shuranov. L’attaquant germano-ukrainien, formé à Nürnberg et passé par le Maccabi Haifa, n’a jamais trouvé sa place dans la rotation. Trois buts en 15 matchs, très peu de titularisations, et un impact global quasi inexistant.
À cela s’ajoute le cas Fabio Luque Notaro, jeune attaquant international du Liechtenstein arrivé de Vaduz. Utilisé à seulement quatre reprises, il n’a jamais pesé et symbolise un recrutement mal calibré.
Lors du mercato hivernal, cette fois, Schweinfurt a tenté d’ajuster son effectif. Mais les choix ont davantage ressemblé à une anticipation de la Regionalliga qu’à une véritable opération maintien.
Nikolaos Vakouftsis, défenseur central arrivé de l’environnement de Greuther Fürth, n’a joué que deux matchs pour un total de 50 minutes. Même constat pour Mustafa Özen, jeune profil défensif venu d’Ingolstadt, avec seulement 46 minutes disputées.
Deux prêts en provenance de Nürnberg ont toutefois apporté un peu plus de matière. Winners Osawe, milieu défensif international U20 allemand, a disputé 10 matchs et inscrit un but. Utilisé à plusieurs postes au milieu, il a montré de vraies qualités malgré le contexte difficile. Un joueur dont nous reparlerons sur Le Fussball Media.
Dustin Forkel, ailier de 21 ans, a lui aussi été prêté par Nürnberg après une première partie de saison du côté de Regensburg. Utilisé oui, mais sans efficacité. Zéro but, zéro passe décisive, et une fin de saison où il disparaît progressivement des feuilles de match.
La préparation estivale avait pourtant laissé entrevoir quelques signaux positifs. Des larges victoires contre des équipes amateurs, une performance solide face à Nürnberg, et surtout un succès marquant contre le 1. FC Union Berlin avec une équipe titulaire proche de la Bundesliga.
Mais ces résultats ont rapidement été balayés par la réalité du championnat. Dès la première journée, Schweinfurt s’est incliné face au Viktoria Köln. La suite n’a été qu’une succession de défaites.
Dès le lancement du championnat, la tendance s’est dessinée très rapidement. Le 1. FC Schweinfurt 05 a débuté sa saison par une défaite 2-0 face au Viktoria Köln, avant d’enchaîner avec un revers du même score à domicile contre l’Energie Cottbus. Dans la foulée, le club s’est incliné 3-0 sur la pelouse de Jahn Regensburg, puis 1-0 contre Wehen Wiesbaden.
La suite a été encore plus brutale. Élimination dès le troisième tour de Landespokal aux tirs au but contre le Viktoria Aschaffenburg, défaite 4-2 en DFB-Pokal face au Fortuna Düsseldorf, puis une série noire en championnat. Défaite 3-0 à Regensburg, 1-0 contre Wiesbaden, avant une première victoire tardive et isolée 3-2 sur la pelouse de Ingolstadt.
Cet éclair n’a rien changé. Schweinfurt est immédiatement retombé dans ses travers. Défaite 2-1 contre le MSV Duisburg alors leader et invaincu, revers 2-1 à Saarbrücken, puis une lourde claque 5-1 contre Alemannia Aachen. Dans la foulée, le club a sombré à Ulm (5-1), s’est incliné 2-1 contre Verl, puis 3-0 contre le VfB Stuttgart II. Osnabrück s’est ensuite imposé 2-1, avant une nouvelle défaite contre le Rot-Weiss Essen.
Il a fallu attendre la 14e journée pour voir une deuxième victoire, face au TSG Hoffenheim II. Mais là encore, aucune continuité. Défaite 2-0 au Hansa Rostock le 22 novembre, puis revers 3-2 contre le Waldhof Mannheim, défaite 3-1 sur la pelouse du 1860 München, et surtout un coup dur face à un concurrent direct avec un 3-2 concédé contre le TSV Havelse. La situation s’est encore aggravée avec une défaite 4-0 au FC Erzgebirge Aue.
La reprise en janvier a laissé entrevoir un mince espoir. Victoire 2-0 contre le Viktoria Köln mais l’illusion a été de courte durée. Défaite 2-1 à Cottbus, puis 1-0 à domicile contre Regensburg, avant un nouveau revers 2-0 à Wiesbaden. Un nul 1-1 contre Ingolstadt n’a pas suffi à enrayer la chute, suivie d’une défaite 3-1 à Duisburg.
Le mois de mars a offert quelques rares motifs d’espoir. Un match nul 2-2 contre Saarbrücken, une victoire 3-2 contre Ulm, puis un succès 3-1 face au VfB Stuttgart II. Mais entre-temps, Schweinfurt s’est incliné 1-0 sur la pelouse d’Alemannia Aachen et a subi une lourde défaite 4-0 contre Verl.
Pendant ce temps, les concurrents directs ont continué à engranger des points. Schweinfurt est resté bloqué à la dernière place, sans jamais réussir à sortir de cette position. Le coup de grâce est intervenu ce week-end avec une défaite 4-0 sur la pelouse du leader VfL Osnabrück, avant le match de la dernière chance face au Rot-Weiss Essen.
Battus une nouvelle fois, les Bavarois voient la relégation devenir officielle. Une issue logique au vu d’une saison où les rares éclaircies n’ont jamais suffi à masquer une tendance lourde. Celle d’une équipe dépassée du début à la fin.
Le 18 février 2026, le club décide de se séparer de Victor Kleinhenz, artisan de la montée. Une décision forte, censée provoquer un électrochoc. Pour le remplacer, Schweinfurt a misé sur Jermaine Jones, ancien international allemand et figure du FC Schalke 04. L’idée était d’apporter du caractère, de l’expérience, une nouvelle énergie.
Malgré quelques améliorations dans l’intensité et l’engagement, les résultats n’ont pas suivi.
Les chiffres résument parfaitement la saison. Une des pires attaques du championnat, avec un meilleur buteur à seulement quatre réalisations. Une production offensive quasi inexistante.
Une indiscipline marquée, avec 94 cartons jaunes, soit le total le plus élevé de 3. Liga. Et une incapacité chronique à gérer les moments clés des matchs.
Même en tribunes, la dynamique reste faible. Avec 3 630 spectateurs de moyenne pour une capacité de 14 718 places, le taux de remplissage plafonne à 24%. Malgré des affiches attractives et des clubs historiques au programme, l’engouement n’a jamais réellement pris.
La défaite de ce soir face au Rot-Weiss Essen vient sceller une relégation déjà écrite depuis plusieurs semaines. Schweinfurt ne peut plus mathématiquement se maintenir.
Le club retourne donc en Regionalliga Bayern, où il retrouvera des adversaires familiers comme Würzburg, Eichstätt ou encore les réserves du Bayern et de Nürnberg.
Après 23 ans d’attente pour retrouver la 3. Liga, l’aventure s’est arrêtée brutalement. Mais elle laisse surtout une leçon claire. À ce niveau, rien ne s’improvise et l’expérience reste indispensable.
Schweinfurt va devoir tout reconstruire. D’uneffectif cohérent au projet solide. Car cette saison, plus qu’un simple échec, a mis en lumière les limites structurelles du club face aux exigences du football professionnel.
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Crédit image : IMAGO Images









































