MadeInFOOT
·5 April 2026
Interview - "Greenwood est à la fois la solution et le problème", l'entraîneur Hakim Malek analyse la saison contrastée de l'OM (exclu MadeIn)

In partnership with
Yahoo sportsMadeInFOOT
·5 April 2026

Retrouvez notre interview exclusive réalisée avec Hakim Malek, ancien entraîneur passé par le FC Martigues, Hyères ou encore le MC Alger. L’entretien est axé sur la saison actuelle de l’Olympique de Marseille.
Suiveur attentif de l’OM, Hakim Malek livre son regard sans détour sur la saison olympienne. À 53 ans, l’entraîneur franco-algérien analyse la dynamique marseillaise, évoque les cas de Mason Greenwood et Himad Abdelli, et revient sur la transition entre Roberto De Zerbi et Habib Beye.
MadeInFoot : qu’est-ce que tu penses de la saison actuelle de l’OM ?
Hakim Malek : il faut regarder cette saison avec du contexte, notamment un changement d’entraîneur et donc un changement de vision. Parfois, il y a quand même un fil conducteur. On a eu beaucoup de problèmes athlétiques et de structures défensives en début d’année et quand tu es fragile sur ces aspects, ça finit toujours par impacter le mental. La première partie de saison avec Roberto De Zerbi, c’est ce qui a impacté l’équipe. On a eu des résultats pas tout le temps cohérents malgré ce qui devait être fait. Son changement avec Habib (Beye) : le problème est que l’équipe n’arrive pas à imposer quelque chose de clair et de stable.
Marseille affrontera l’AS Monaco ce soir, faut-il s’inquiéter ?
Je ne parlerai pas de tournant mais clairement c’est un moment crucial de la saison. C’est Marseille qui veut aller en Ligue des Champions, ça passe par ce type de match, contre un concurrent direct. Il y a Monaco qui revient fort et qui peut totalement se relancer et derrière selon les résultats des autres équipes, ils peuvent te passer devant. Au final, la vraie question ce n’est pas s’inquiéter c’est de savoir si on est capable d’imposer le jeu et d’assumer le statut qu’on a.
Que pensez-vous des débuts d’Habib Beye ? Sous sa tutelle, l’OM peut-il finir sur le podium ?
L’impact d’Habib Beye est réel. On peut dire ce que l’on veut, mais il a pris des points. Il a relancé une dynamique. Trois matchs, trois victoires, il en perd un. 9/12 points remportés. Maintenant, dans le contexte dans lequel il arrive : il vient dans l’urgence où l’équipe est en difficulté et avec des retards déjà installés. Donc, on voit plus d’émotion, de l’intensité et de transitions et un jeu plus direct, mais pour le juger il va falloir du temps et aujourd’hui il n’a pas le temps. Je pense que l’on ne voit pas encore le projet mais c’est la suite qu’il va devoir gérer.
L’OM manque clairement d’idée de jeu, est-ce que le départ de Roberto De Zerbi était-il une bonne chose ?
Ce n’est jamais une bonne ou une mauvaise décision. C’est toujours une histoire de contexte. De Zerbi a réalisé une première grosse saison à Marseille où il a installé une identité avec une maîtrise de jeu. Sur la fin, j’ai senti une usure, moins de clarté, moins de fraîcheur.
À ce moment-là, la séparation devient logique. Je pense que c’est une bonne séparation qui arrive au bon moment. Aujourd’hui, on voit autre chose avec Beye : plus d’intensité, de transitions. De Zerbi, il excellait dans la maîtrise et dans l’impact et l’intensité. C’était la bonne décision au bon moment pour les deux. Il fallait, je pense que la vraie question c’est la continuité du projet olympien. Le départ de De Zerbi ce n’est pas une erreur c’est la fin d’un cycle pour l’Olympique de Marseille, la fin d’un cycle d’un entraîneur avec sa fatigue, son usure mentale du fait que tu n’atteins pas tes objectifs. C’est une fin de cycle.
Que pensez-vous de la saison de Mason Greenwood ? Est-ce le meilleur joueur de Ligue 1 ? Sa blessure est-elle une catastrophe pour les Marseillais ?
C’est l’élément offensif le plus performant de l’équipe, mais Greenwood c’est un profil particulier. C’est à la fois ta solution et c’est à la fois ton problème. Il est dangereux dans ses choix offensifs, mais il peut aussi te déséquilibrer l’équipe. Donc ça demande des équipes autour de lui. Un joueur comme lui est très difficile à changer. Il faut organiser son équipe autour de lui afin de passer un cap. Aussi, il doit être décisif dans les grands matchs, chose qui a rarement été cette année.
Comprenez-vous qu’Habib Beye continue à faire confiance à Pierre-Emerick Aubameyang au détriment d’Amine Gouiri ?
Je pense qu’Habib Beye veut jouer avec un milieu à trois, un milieu très fort pour la récupération ou pour harceler. C’est une de ses lignes directrices et il faut sacrifier un joueur offensif. Il pense qu’Aubameyang dans la profondeur et comme c’est un garçon qui aime la transition, Habib, donc attaquer la profondeur et tout le reste très vite. Aubameyang est un meilleur profil. Après ce n’est que ma lecture.
L’important pour moi est l’association. Tu ne peux pas te priver des deux profils, mais c’est ma vision. Tu ne peux pas te priver d’Aubameyang ni de Gouiri. Aubameyang t’apporte de la profondeur et de la finition alors que Gouiri t’apporte une connexion de jeu et de la créativité. Après si tu veux mettre toutes ses forces, il faut aussi structurer autour d’eux parce qu’à ce niveau ce n’est pas une question de joueurs. C’est une question d’organisation. Habib voulant jouer avec trois milieux est obligé de sacrifier un créatif. Je pense qu’il a une idée de jeu qui est celle-ci. Ce sont des garçons qui sont associables et qu’il faudrait associer.
Recruté lors du dernier mercato hivernal, Himad Abdelli ne semble pas être dans les plans d’Habib Beye, faut-il s’inquiéter pour lui ?
Le cas Abdelli est particulier. Il arrive tard avec de la concurrence, un peu de temps de jeu. Forcément une adaptation plus compliquée. Pour moi, Abdelli ce n’est pas une question de niveau mais de contexte. Le plus dur pour lui ce n’est pas le niveau c’est perdre sa place dans l’équipe. Il faut lui laisser un peu de temps, le mettre dans de bonnes conditions. Avec le mental qu’il a, je ne pense pas que ce soit un joueur qui soit lâcheur bien au contraire. Il est venu à Marseille, donc il connaissait les conditions, il savait qu’il allait avoir de la concurrence. Je ne m’inquiéterais pas pour lui, mais je pense qu’il faut le mettre dans sa position préférentielle.
C’est laquelle sa position préférentielle ?
Comme il était à Angers où il jouait face au jeu. Il avait une liberté de créer, mais aujourd’hui Marseille l’a pris pour jouer plus haut. Je ne pense pas que ça corresponde à son registre, ça le met en difficulté tu vois. Ce n’est pas un garçon qui a une capacité à jouer dos au jeu. C’est plutôt face au jeu où il est très bon. C’est comme si tu mettais Pierre-Emile Hojbjerg milieu offensif.




Live





































