Le Journal du Real
·20 May 2026
Jude Bellingham, une saison à contre-courant

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·20 May 2026

Il y a des saisons qui laissent des traces. Au-delà du résultat sportif, son opération qui l'a écarté en début de saison, les tensions internes dans le vestiaire, sa blessure en début d'année, sa relation avec Kylian Mbappé qui fuite dans les médias, beaucoup de facteurs sont venus ternir la saison de Jude Bellingham ainsi que son image.
La saison 2025-2026 de l'international anglais s'achève sur un bilan comptable bien en dessous des dernières avec 7 buts et 5 passes décisives en 39 matchs toutes compétitions confondues. Le jeune joueur de 22 ans traverse l'une des saisons les plus chaotiques de l'histoire récente du Real Madrid, et selon Okdiario, il est épuisé par le bruit, l'environnement, et tout ce qui a entouré le club durant la saison.
Ce n'est pas rien, venant d'un joueur que tout Madrid avait consacré comme l'héritier naturel du leadership après les départs de Benzema, Kroos et Modric. Bellingham était censé être le ciment, or cette saison, il a parfois été le témoin d'un édifice qui s'effondre.
Pour comprendre ce que Bellingham a vécu cette saison, il faut remonter à l'été dernier. L'arrivée de Xabi Alonso sur le banc madrilène avait redessiné les contours du projet. Là où Carlo Ancelotti avait construit un système qui magnifiait le talent naturel de Bellingham avec une liberté de mouvement, d'attaquer la surface, une responsabilité offensive partagée avec Vinicius et Mbappé, Alonso avait voulu imposer plus de discipline, plus de rigueur tactique, plus d'organisation. Un choc de méthode qui avait progressivement étouffé le milieu anglais.
En interne, le club considère que Bellingham n'a jamais réellement trouvé ses marques cette saison, ni physiquement, ni footballistiquement. Les chiffres confirment ce sentiment.
En Liga, il termine avec 5 buts et 4 passes décisives en 27 matchs. Loin, très loin des 19 buts de sa première saison, celle qui l'avait propulsé au rang d'extraterrestre du football mondial. Le nombre de passes réussies s'est également effondré : 769 cette saison contre 1 284 la précédente. Un joueur moins impliqué, moins disponible, moins lui-même.
La disette de buts qu'il a traversée à plusieurs reprises au cours de la saison a été identifiée comme la plus longue de sa carrière madrilène. Pour un joueur dont la confiance est directement liée à sa capacité à peser sur les matchs, ces périodes creuses ont fait mal. Et dans un vestiaire en ébullition permanente, ces moments plus difficiles ne restent jamais silencieux longtemps.
C'est l'un des éléments les plus révélateurs de sa saison. Bellingham a été l'un des joueurs qui a poussé en interne contre Xabi Alonso, mais d'une manière bien moins agressive et publique que certains de ses coéquipiers. La nuance est importante : là où Vinicius Jr exprimait son mécontentement de façon quasi ostensible, là où Valverde alimentait une résistance de plus en plus visible, Bellingham avait choisi la voie de la discrétion.
Des informations de Marca révélaient que certains joueurs auraient feint de dormir pendant les réunions tactiques d'Alonso, bavardé durant les séances vidéo, ignoré délibérément des consignes. La situation s'était à ce point dégradée qu'Alonso aurait lâché cette phrase, terrible : « Je ne savais pas que j'étais venu coacher des enfants ! » Bellingham n'est pas directement impliqué dans ces scènes, mais son nom revient régulièrement dans les témoignages de l'époque comme l'un de ceux qui jugeaient les méthodes de l'entraîneur contre-productives.
Ce qui a frappé les observateurs, c'est le délai avec lequel Bellingham a réagi sur ses réseaux sociaux après le limogeage d'Alonso en janvier. Là où la plupart de ses coéquipiers avaient rapidement publié des messages de soutien ou d'adieu, l'Anglais avait tardé, alimentant encore un peu plus la conviction que sa relation avec l'entraîneur espagnol n'avait pas été simple.
Le dernier élément de ce portrait est peut-être le plus structurant pour la suite. La relation de Bellingham avec Mbappé est loin d'être idyllique. Il n'existe pas de réelle harmonie entre les deux hommes, et dans le vestiaire, tout le monde le sait.
Deux leaders naturels, deux joueurs habitués à occuper le centre de gravité d'une équipe, qui n'ont jamais trouvé l'équilibre nécessaire à une cohabitation fluide. Ce n'est pas un conflit ouvert, Bellingham n'est pas du genre à exposer ses tensions sur la place publique, mais c'est une distance qui s'est maintenue toute la saison.
Avec Vini, la situation est décrite comme plus cordiale, sans pour autant qu'existe une connexion particulièrement forte. Encore une fois, l'image qui se dessine est celle d'un Bellingham un peu seul dans son monde, entouré de coéquipiers avec lesquels les relations fonctionnent, mais sans jamais ce lien fort, cette complicité qui transforme un vestiaire en famille.
C'est peut-être là le vrai bilan de sa saison. Non pas les sept buts ni les tensions avec l'entraîneur. Mais cette solitude de leader sans royaume, un joueur qui a tout pour dominer et qui, dans un contexte hors norme, n'a jamais pu le faire. Le Real Madrid reste persuadé qu'il est une pièce absolument stratégique pour la saison prochaine. Il faudra que celle-ci lui rende ce que la dernière lui a pris.
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