AllezPaillade.com
·24 March 2026
Le MHSC Féminines perd tout dans le temps additionnel contre le PSG

In partnership with
Yahoo sportsAllezPaillade.com
·24 March 2026

Comment une équipe peut-elle à ce point trouver des moyens toujours plus originaux d’accumuler les matchs crève-cœurs ? On peut clairement se poser cette question après la dernière sortie des Pailladines, défaites dans le temps additionnel à la Mosson par le Paris Saint-Germain (2-3). Frôlant l’exploit contre le club de la capitale (comme au match aller), la troupe de Jean-Louis Saez termine finalement sans le moindre point, un résultat final qui les laisse à trois unités de la place de premier non-relégable. Toujours en bien mauvaise posture donc, et ce malgré les espoirs générés par cette prestation accrocheuse face à une grosse cylindrée de la Première Ligue.
Pour ce match de gala disputé à la Paillade, nos joueuses peuvent compter sur le retour dans le onze de Marion Torrent, venue amener une dose d’expérience et d’impact bienvenue au milieu de terrain. Elle se place devant une défense où la néo-pro Chiara Baylet a été préférée sur le couloir gauche à Aude Bizet, blessée et en difficulté lors de la défaite chez le RC Lens (2-1). Le staff montpelliérain se doute bien que son équipe va subir le jeu, et tente donc d’aligner la compo la plus cohérente sur le plan défensif.
Cela n’empêche pas le MHSC de concéder l’ouverture du score, avec la 15ème réalisation cette saison de l’incontournable Romée Leuchter, actuelle meilleure buteuse du championnat. Trouvée sur un centre de Tara Elimbi Gilbert, la Néerlandaise parvient à se faire oublier entre Jade Rastocle et Chiara Baylet pour tromper facilement Chloé N’Gazi (0-1, 24′). Paris manque d’enfoncer le clou peu après, quand Sakina Karchaoui vient fracasser la barre transversale d’un tir puissant (27′).
Mais le MHSC a de la ressource, limitant ensuite les opportunités parisiennes et parvenant à gratter des ballons plus haut. C’est sur une telle récupération que Marion Torrent, d’une belle inspiration, vient glisser la balle en direction d’Ashley Clark, qui ajuste de son pied gauche vers le petit filet opposé, inscrivant ainsi son premier but sous les couleurs orange et bleu (1-1, 35′). Une belle action de la part des deux trentenaires, qui font étalage de leur sang froid à un moment où Montpellier avait besoin de capitaliser sur l’une de ses rares occasions. Il faut dire qu’en face, le PSG continue d’appuyer mais manque encore de réussite. Jennifer Echegini trouve ainsi le poteau de N’Gazi dans la dernière occasion du premier acte (41′).
Le match reprend après la pause et les visiteuses gardent encore l’initiative du jeu. Elimbi Gilbert amène à nouveau le danger sur un centre, cette fois-ci en décalant Merveille Kanjinga dont le tir est dévié hors-cadre par Baylet (57′). D’autres tentatives arrivent, comme quand Elimbi Gilbert manque à son tour le cadre près d’un quart d’heure plus tard (73′), mais rien n’y fait : les Parisiennes ne trouvent toujours pas l’ouverture. Et bien que dominé, le MHSC en profite pour faire douter son adversaire. Justine Rouquet est superbement servie dans la surface par Cyrielle Blanc, sa tête filant néanmoins à côté du but de Mary Earps (76′).
La native de Béziers n’a toutefois pas dit son dernier mot, et revient à la charge peu après. Profitant d’une mauvaise passe en retrait francilienne, elle a l’opportunité de s’emparer du ballon au niveau du rond central et de partir en contre. Elle lève la tête, remarque que la gardienne anglaise du PSG est trop avancée… et le reste appartient à la postérité (1-2, 81′) :
Et oui, qui d’autre pour faire chavirer la Mosson que l’incontestable révélation de la saison côté montpelliérain ? Symbole de la résilience de ce groupe pailladin, toujours volontaire malgré une saison souvent cruelle dans son déroulé, Rouquet émerveille d’un coup tous les observateurs et observatrices avec ce lob magistral, son 7ème but de la saison à tout juste 18 ans. Beaucoup de joueuses (et de joueurs aussi d’ailleurs) peuvent conceptualiser ce genre de geste à un tel moment, mais ça prend quelque chose de spécial pour avoir la lucidité nécessaire afin de l’exécuter de manière aussi limpide. Comme à l’aller, le MHSC s’avance donc dans les dernières minutes du temps réglementaire avec l’avantage au score face aux Parisiennes.
Mais il va y avoir du temps additionnel pour finir, et pas qu’un peu. 7 minutes en tout. Paris a donc le temps de recoller et va même vite trouver la faille sur corner. L’action est cependant litigieuse. N’Gazi boxe d’abord le ballon du gant, il retombe sur Florianne Jourde qui parvient, presque à l’arrêt, à décocher une puissante frappe du gauche venant percuter la barre. La balle va ensuite retomber sur Rasheedad Ajibade, dont l’enchaînement contrôle-tir semble être facilité par une main. Les Montpelliéraines interpellent Mme Chignard mais le but, à leur grand dam, est validé (2-2, 90’+1′).
Et le scénario cauchemar de cette fin de match n’est pas fini. De plus en plus, émoussées, les Héraultaises laissent les Parisiennes remonter à nouveau le ballon vers leur but. Echegini trouve Kanjinga dans la profondeur sur le côté droit, celle-ci distance Baylet et ajuste un centre dans la surface. Laissée seule au point de penalty par Grace Gillard, Sakina Karchaoui reprend sans sourciller l’offrande du pied gauche et crucifie ainsi son club formateur (2-3, 90’+4′). Consciente de l’ampleur du moment et pleine de classe, l’ex-pensionnaire de Grammont a la grâce de ne pas célébrer son but victorieux. Le résultat n’en est toutefois pas changé et Montpellier voit, à nouveau, la possibilité d’un succès lui passer sous le nez.
Il s’agit de la 10ème défaite de la saison sur un but d’écart pour les Héraultaises, sur un total de 18 journées disputées. Plus que jamais, on ressort de cette rencontre avec la même impression amère : celle de voir une équipe méritante, dans le coup pour prendre des points, mais toujours empêchée par des tares qui revienne la hanter aux pires moments (friabilité défensive, nervosité dans les dernières minutes, manque de réalisme offensif…). Comme s’il y avait quelque chose d’inévitable dans les déboires incessants de ce Montpellier Hérault pourtant très attachant par son envie, sa jeunesse et son état d’esprit.
Le MHSC Féminines reste donc lanterne rouge, à égalité avec Saint-Étienne, battu sèchement par le Paris FC (0-3) et toujours à trois points du RC Lens. Le club artésien, sorti de la zone rouge à la journée précédente en battant les Pailladines (2-1), n’a pas su profiter des déboires de ses rivaux, en concédant lui aussi la défaite à domicile face à Dijon (0-1). Dans son malheur, notre équipe garde donc un infime espoir pour la suite.
Pour y croire, il faudra désormais l’emporter face à l’Olympique de Marseille, prochain adversaire de nos Oranges-et-Bleues. Ce sera samedi prochain (18h30), dans une rencontre exceptionnellement programmée sur la pelouse du Stade Vélodrome. Une très très grosse affluence est attendue pour ce match qui pourrait, côté phocéen, valider le maintien de l’équipe locale en cas de victoire. Aux Pailladines de venir gâcher la fête.
LA COMPO
N’Gazi – Levasseur, Gillard, Rastocle, Baylet – Blanc, Torrent (Palis, 66′) – Clark (Kadzere, 76′), Ouchene (Coquet, 87′), Rouquet (Rambaud, 87′) – Ngueleu (Wurigumula, 76′).
Crédits photo : @mhsc_feminines









































