Le Journal du Real
·31 January 2026
Le Real Madrid face au retour inquiétant de ses vieux démons tactiques

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·31 January 2026

C’est un retour à la case départ aussi violent qu'inattendu pour le Real Madrid d’Álvaro Arbeloa. Alors que l'équipe semblait avoir trouvé un second souffle, la défaite cuisante concédée face à Benfica en Ligue des Champions vient rompre brutalement une dynamique encourageante de trois succès consécutifs (Levante, Monaco, Villarreal). Ce revers ne fait pas que compromettre le classement ; il remet en cause la quasi-totalité des enseignements positifs tirés des deux dernières semaines.
Les Merengues ont subi la foudre à Lisbonne, apparaissant largement surclassés dans l'engagement et la tactique par les hommes de José Mourinho. Cette impuissance édifiante du Real Madrid signifie un dur retour à la réalité. Loin de la solidité affichée à la Céramique, ce résultat n’augure rien de bon pour la suite de l’aventure européenne, qui passera désormais par des barrages périlleux.
Si le Real Madrid a peiné à s’illustrer sur le plan offensif collectif, c'est surtout défensivement que le bât blesse. Jamais le club blanc n’avait autant subi cette saison. Les attaquants lisboètes ont multiplié les assauts, se procurant des situations de but avec une facilité déconcertante, transperçant les lignes comme si elles n'existaient pas. Thibaut Courtois a dû faire face à un véritable siège : il a subi un déluge de 22 tirs, dont 12 cadrés provenant de huit joueurs différents.
Le symbole de cette soirée cauchemardesque restera sans doute le quatrième but portugais. Dans un Estádio da Luz en plein délire, même le gardien adverse, Anatoliy Trubin, a participé à la fête en marquant de la tête sur un coup de pied arrêté. Ce fait de jeu, aussi rare qu'humiliant pour un club du standing du Real Madrid, illustre le chaos total qui régnait dans la surface madrilène.
Álvaro Arbeloa n’a pas cherché d'excuses. Lucide sur les multiples lacunes de son équipe, il a dressé un constat implacable après la rencontre. « J'aimerais pouvoir dire que ce n'était qu'un seul problème, et j'en suis convaincu. Mais beaucoup de choses nous ont fait défaut. Nous sommes très loin de notre niveau. Ils nous ont surclassés », a-t-il admis dans des propos relayés par le quotidien AS.
Le gouffre entre les deux équipes était trop important pour que le Real Madrid puisse s’en remettre aux exploits individuels. Si Kylian Mbappé a sauvé les apparences avec un doublé, et que Courtois a multiplié les miracles, le reste de l'équipe a sombré. Jude Bellingham, auteur d’un seul tir, a livré une prestation médiocre, multipliant les erreurs techniques inhabituelles. Sur les ailes, Vinicius Jr et le jeune Mastantuono ont été fantomatiques.
Mais le plus inquiétant réside dans l'attitude. Face au club lisboète, le Real Madrid a montré un visage diamétralement opposé à celui, solidaire et combattif, affiché contre Villarreal. L’explication est peut-être tactique : le pressing haut semble avoir été totalement abandonné.
Ce glissement d’une équipe audacieuse vers une équipe apathique n’est pas nouveau, il avait déjà été fatal à Xabi Alonso. Contre Benfica, l'attaque du Real Madrid s'est désintéressée du travail défensif : seulement 5 ballons ont été récupérés dans le dernier tiers du terrain, soit presque deux fois moins que face au "Sous-marin jaune".
Les chiffres compilés par AS sont accablants sur le plan de l'engagement physique. L’équipe du Real Madrid a parcouru 141 kilomètres, soit dix de moins que Benfica (151 km). Dans le football moderne, un tel déficit d'activité est rédhibitoire. À défaut d’avoir un jeu de possession léché, cette équipe aurait dû compenser par un travail de l'ombre, qui n'a jamais existé à Lisbonne.
Les statistiques de récupération sont en chute libre : 44 ballons récupérés à Da Luz, un chiffre ridicule comparé aux standards récents de l'équipe (61 contre Monaco, 59 contre Levante et 57 à Villarreal). Arbeloa semble se heurter à un mur : la volonté de ses stars.
En voulant préserver leur fraîcheur, comme il l'avait expliqué après Monaco (« Nous ne voulons pas que deux attaquants redescendent pour courir après les latéraux »), il s'expose à ces naufrages collectifs dès que l'adversaire met de l'intensité. À Lisbonne, le Real n'a pas couru, et le Real Madrid a coulé.
Aris Aid
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