Ligue 2 : Des dépôts de bilan pourraient tomber | OneFootball

Ligue 2 : Des dépôts de bilan pourraient tomber | OneFootball

In partnership with

Yahoo sports
Icon: Peuple-Vert.fr

Peuple-Vert.fr

·10 March 2026

Ligue 2 : Des dépôts de bilan pourraient tomber

Article image:Ligue 2 : Des dépôts de bilan pourraient tomber

La crise des droits TV reste un problème majeur pour les clubs de Ligue 1 et de Ligue 2. Un manque de ressources qui pourrait avoir des conséquences dramatiques pour les clubs les moins fortunés. Dans sa dernière vidéos, Romain Molina alerte et précise plusieurs situations compliquées.

Romain Molina : "Vous connaissez la terrible crise économique que le football français est en train de traverser. Mais souvent, c'est assez flou, ce n'est pas assez concret. On parle de dizaines de millions. Là, les bilans de la DNCG de la saison dernière vont bientôt être publiés. Vous allez voir qu'on aura plus d'un milliard de pertes cumulées entre Ligue 1 et Ligue 2, notamment avant les transferts.


OneFootball Videos


Donc, comme vous le savez, les clubs ont vendu pour des centaines de millions, les masses ont commencé à baisser, mais il y aura toujours énormément de pertes. P les très gros, globalement, ça va aller. Alors oui, il y aura des pertes parce que les droits TV ont baissé. Mais, ces clubs ont des gros actionnaires qui sont parfois non pas millionnaires mais milliardaires, ou des groupes qui pèsent également plusieurs milliards. Alors certains vont remettre au pot, certains vont être forcés. Il y aura des ventes de joueurs ou que sais-je encore pour équilibrer. Puis certains vont aussi essayer de vendre le club, trouver des actionnaires millionnaires.

Mais globalement, ces clubs risquent de ne pas couler pour une raison toute simple : les groupes qui les possèdent n'ont pas intérêt à perdre leur investissement. Donc ils vont préférer remettre de l'argent, attendre un peu."

Nantes va remettre au pot

Romain Molina : "Comme Nantes par exemple : l'idée est de remettre de l'argent en attendant que la situation économique soit meilleure et potentiellement revendre à un meilleur prix.

Par contre, les clubs moyens et les petits, ce sont ceux qui sont en train de trinquer. Cce sont les dindons de la farce des droits TV. L'essentiel va aller aux clubs qui jouent les Coupes d'Europe. Par exemple en Ligue 2 l'année prochaine, ça m'étonnerait que les clubs disposent d'un million. Ce sera potentiellement 600 000, 700 000 euros. Ce qui est évidemment une énorme baisse pour des budgets déjà bien moindres et surtout pour des actionnaires qui n'ont pas forcément les moyens des propriétaires fortunés des plus grands clubs français."

Qui est en difficulté en Ligue 1 ?

Romain Molina : "Alors Angers, à un moment donné, a eu un souci de trésorerie. Il y avait un décalage dans la trésorerie parce qu'il y a eu des investissements importants réalisés par le club en termes de structures, notamment pour la rénovation d'une tribune. Ils ont réglé cette période. Ils ont eu pas mal de ventes. C'est un club qui a l'un des plus petits budgets de Ligue 1, encore plus petit que Le Havre. Ils ont énormément baissé la masse salariale. Et ça se passe très bien. La reconstruction low cost d'Angers repose notamment sur la formation.

Le Havre, il y a un groupe américain qui pourrait revenir. Normalement, il devrait aussi s'en sortir.

Après, il y a des clubs qui vont perdre beaucoup d'argent. Metz, il va falloir signer un chèque de 25 à 30 millions. C'est beaucoup. Il va y avoir des ventes, etc. On sait que le propriétaire cherche à vendre le club. Le problème, c'est qu'il veut beaucoup d'argent. En plus, il veut garder une tribune puisqu'il y a l'espace VIP dedans qu'il a construit. Ce n'est pas évident.

Ensuite, il y a ceux qui cherchent des actionnaires minoritaires. On en parlait depuis un moment vis-à-vis de Marseille. Donc là, on rêve : le club voudrait plus d'un milliard. Un club qui perd entre 50 et 100 millions par an, ça dépend des qualifications en Ligue des champions.

A Nice, Ratcliffe, on sait qu'il veut vendre, mais il va continuer à couvrir parce qu'il demandait trop d'argent et le prix baisse chaque fois. Donc globalement en Ligue 1, il y a l'OL qui sera toujours en difficulté économique. Il y aura quand même une période de vaches maigres qui va continuer. Mais il n'y a pas d'inquiétude pour un potentiel dépôt de bilan."

La Ligue 2 très impacté

Romain Molina : "L'année dernière, on sait que dans les clubs pros, il y a eu Martigues et Ajaccio qui ont déposé le bilan. C'était en Ligue 2. En Ligue 2 cette année, on n'est pas à l'abri. Il y a des clubs où il y a des fournisseurs qui attendent.

Il y a des soucis à Clermont. Le vrai doute à Clermont, c'est : est-ce que le propriétaire va financer, pré-financer le déficit prévu pour l'année prochaine ? Est-ce que la DNCG va arrêter les bêtises ? Est-ce qu'on va pré-financer l'année prochaine, sachant que le club est en vente mais que Schaeffer veut beaucoup d'argent, beaucoup trop ? Il a même endetté le club.

Pau est également en mauvaise posture. Ils espèrent encore continuer à vendre des joueurs. Le déficit à Pau a explosé. Alors il n'est pas énorme : je crois qu'il est entre 1 et 2 millions. Mais le problème, c'est que sur un budget de 8 millions, c'est énorme. Sachant qu'avant le club était quasiment stable. Et là maintenant, avec les droits TV, je pense qu'on perd entre 2 et 3 millions à Pau avant de devoir vendre des joueurs. Parce qu'ils n'ont pas un actionnariat pour ça.

Ensuite en Ligue 2 vous avez des clubs qui vont perdre beaucoup d'argent. Guingamp par exemple. Mais les génies de Guingamp pensent que leur club vaut 30 millions. Ils cherchent un actionnaire minoritaire qui prendrait 30 % des parts en mettant 10 millions. C'est beau de rêver.

Vous avez évidemment Montpellier qui va perdre beaucoup d'argent aussi. On recherche également un actionnaire minoritaire. Pour le moment, il n'y a rien."

Ligue 2 : "Saint-Étienne où le propriétaire n'est pas gêné de perdre 50 millions"

Romain Molina : "Quant à Amiens, un club en déliquescence. On a parlé d'un rachat mais on ne sait jamais avec Joannin. Il va devoir signer un chèque de plus de 10 millions. Donc en fait, ce sont des difficultés économiques mais les propriétaires continuent à couvrir.

Reste une équipe dont on peut avoir certains doutes : Bastia. On sait que l'année dernière la DNCG a posé quelques soucis. Il y a eu un tour de table local. Plusieurs personnes avaient mis au pot, des industriels, etc. On avait agrandi le conseil d'administration. Quid maintenant ? On sait qu'ils ont vendu des joueurs. On va voir.

On voit qu'en Ligue 2 les clubs qui n'ont pas un actionnariat solide, comme Troyes par exemple avec le City Football Group, ça peut être plus compliqué. Même si certains vont être tranquilles. Dunkerque a vendu un joueur (Yassine) à Strasbourg environ 7 millions et essaye d'équilibrer. Je crois que c'est un club qui a 3 millions de pertes donc ça va. Le Red Star a réussi à aller un peu mieux financièrement. Des clubs comme Rodez sont plutôt bien gérés. Pas d'inquiétude à ce niveau-là.

Reims a déjà vendu des joueurs. Et puis évidemment on a Saint-Étienne où le propriétaire n'est pas gêné de perdre 50 millions. Mais ça évidemment, ça n'engage que l'actionnaire.

Puis, le véritable problème démarre à partir du National. La fameuse Ligue 3 que l'on va avoir. Et là, je suis light. Je pourrais parler de plein d'autres clubs plus bas."

View publisher imprint