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·31 March 2026
L’Italie ne jouera pas la Coupe du Monde 2026

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·31 March 2026

Il n’existe pas de mots suffisamment forts pour décrire ce qui vient de se produire à Zenica. Ce mardi soir, dans un stade Bilino Polje électrique, limité à 8 800 spectateurs en raison d’une sanction FIFA pour comportement discriminatoire, l’Italie a vécu la nuit la plus noire de son histoire footballistique. Après 120 minutes de tension extrême, soldées sur un score de parité (1-1), c’est la séance de tirs au but qui a définitivement brisé les rêves italiens : 4 tirs au but à 1, sans appel. La Bosnie-Herzégovine s’envole pour la Coupe du Monde 2026. L’Italie, elle, regardera le Mondial à la télévision pour la troisième fois de suite.
Douze ans. C’est le temps qui sépare désormais l’Italie de sa dernière apparition en Coupe du Monde, lors de l’édition 2014 au Brésil, soldée dès la phase de groupes. La Nazionale, quadruple championne du monde (1934, 1938, 1982, 2006), n’a plus aucun représentant dans la compétition depuis Mario Balotelli, dernier Azzurro à avoir inscrit un but en Coupe du Monde. Et la génération actuelle, composée de Donnarumma, Bastoni, Barella, Tonali ou encore Kean, n’aura une nouvelle fois pas connu la plus grande scène mondiale.
Le match avait pourtant bien démarré pour les Italiens. Au quart d’heure de jeu, sur une relance complètement manquée du gardien bosnien Vasilj, Nicolo Barella récupère le ballon et sert Moïse Kean, qui ajuste d’une frappe parfaite dans la lucarne. 1-0, l’Italie semblait sur la bonne voie. Mais l’ambiance de Zenica n’allait pas tarder à tout changer.
La Bosnie a alors progressivement pris le contrôle du match, poussée par ses supporters en feu. L’inévitable Edin Dzeko, 40 ans et toujours présent dans les grands moments, pesait de tout son poids sur la défense italienne. C’est lui qui, d’une tête, dévie un centre d’Amar Dedic vers Haris Tabakovic, entré en jeu, qui parvient à pousser le ballon au fond après une parade de Donnarumma sur sa ligne. 1-1. Zenica explose. L’Italie tremble.
Le tournant du match intervient à cinq minutes de la pause : sur une mauvaise relance de Donnarumma, Memic part en profondeur et se fait faucher par Alessandro Bastoni, arrivé en retard. L’arbitre français Clément Turpin n’hésite pas : carton rouge.
L’Italie se retrouve à dix contre onze pour tout le reste du match. Dos au mur, les Azzurri ont ensuite livré 75 minutes de résistance acharnée, défendant avec les tripes, repoussant vague après vague des assauts bosniens. Donnarumma a réalisé plusieurs parades décisives, dont un arrêt spectaculaire sur Alajbegovic au ras du poteau. Mais les prolongations n’ont pas suffi à départager les deux équipes. Tout se jouait aux tirs au but.
Ce fut un massacre. Sur les cinq tireurs italiens, un seul, Sandro Tonali, a trouvé le chemin des filets. Cristante a heurté la barre transversale. Esposito a envoyé son tir au-dessus. La Bosnie, elle, a transformé quatre de ses cinq tentativesavec une précision et un sang-froid impressionnants. Kerim Alajbegovic, déjà héros de la demi-finale contre le Pays de Galles, a transformé le tir décisif. 4-1 aux tirs au but. Zenica est en fête. L’Italie est dévastée.
Pour comprendre l’ampleur de la catastrophe, il faut replacer cette élimination dans son contexte. En novembre 2017, l’Italie de Ventura était exclue du Mondial russe par la Suède sur deux matchs nuls stériles. En mars 2022, à Turin, un but de Trajkovski pour la Macédoine du Nord à la 92e minute avait plongé tout un pays dans la stupeur.
Ce soir, à Zenica, sous la pluie et le froid (4°C), la troisième élimination consécutive en barrage vient s’inscrire dans les livres d’histoire pour les pires raisons. Jamais une nation de ce rang n’avait manqué trois Coupes du Monde de suite. Un Italien fêtant ses seize ans en 2030 n’aura potentiellement jamais vu son pays disputer un Mondial.
La semaine avait mal commencé pour les Azzurri avec la polémique déclenchée par Dimarco, Tonali et quelques coéquipiers filmés en train de célébrer la qualification bosnienne face au Pays de Galles, offrant ainsi à leurs adversaires du soir un surplus de motivation dont ils n’avaient pas besoin. La Bosnie n’a pas oublié. Et elle n’a pas pardonné.
Les questions vont désormais pleuvoir. La démission de Gennaro Gattuso, qui avait succédé à Luciano Spalletti en juin 2025 après une déroute 3-0 à Oslo, semble inévitable. La fédération italienne va devoir tout reconstruire une nouvelle fois, avec une génération talentueuse mais brisée qui n’aura toujours pas connu la Coupe du Monde. La Bosnie-Herzégovine, de son côté, retrouvera cet été la scène mondiale pour la première fois depuis 2014, dans le Groupe B aux côtés du Canada, du Qatar et de la Suisse. Là où l’Italie aurait dû être.









































