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·17 May 2026

National 2 : 15 ans après, l'AS Cannes valide sa montée en Ligue 3 et retrouve le monde pro !

Article image:National 2 : 15 ans après, l'AS Cannes valide sa montée en Ligue 3 et retrouve le monde pro !

Un épilogue majuscule. En dominant l'US Lusitanos Saint-Maur (2-0) ce samedi 16 mai devant près de 8 000 spectateurs en feu à Pierre-de-Coubertin, les Dragons ont décroché leur ticket pour l'étage supérieur. Retour sur une saison folle, sauvée du naufrage par un revirement stratégique total à l’automne.

Par Adlane Messelem


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Pendant que la Croisette avait les yeux rivés sur le tapis rouge en ce premier week-end de Festival, le vrai spectacle se jouait à quelques kilomètres de là. À Cannes, ce samedi soir, certains montaient les marches, d’autres montaient en Ligue 3. Dans une ambiance incandescente, la pelouse de Coubertin a rapidement disparu sous une marée humaine au coup de sifflet final. Quinze ans après sa relégation administrative de 2011, l’AS Cannes quitte enfin les divisions amateurs.

Ce succès capital face à Saint-Maur (2-0) propulse le club azuréen au troisième échelon national. Pourtant, rien n'était gagné. À seulement trois journées de la fin, les Dragons avaient lourdement chuté face à leur dauphin nîmois (3-0), un coup d'arrêt brutal qui avait relancé tout le suspense et fait trembler les supporters. Samedi soir, alors que les Crocos s'imposaient en parallèle à Limonest, l'erreur était interdite.

Une tension extrême sur laquelle revient le recruteur cannois Patrick Barul. Joint au téléphone, il avoue qu'au moment du but libérateur de Noc à la 75e minute, le traumatisme du match de Nîmes était encore dans toutes les têtes et qu'il n'a même pas regardé le ballon entrer : « Je regarde le banc, puis le chrono. À Limonest, Nîmes gagnait. On savait qu’on n’avait pas le droit à la moindre erreur. Un oubli au marquage, un coup franc qui traîne, un ballon dévié... et tout s'écroule. »

Comme le reste du staff, il a vécu les vingt dernières minutes sous tension. « C’était irrespirable », résume-t-il. Alors forcément, au coup de sifflet final, le soulagement est immense.

Grâce à cette maîtrise jusqu’au bout, Cannes termine champion du groupe C avec 60 points, juste devant Nîmes, deuxième avec 59 points. Une montée arrachée à un petit point..

L'électrochoc d'octobre : Le board change de cap

Depuis le rachat du club par le Groupe Friedkin en juin 2023, l’ambition de Ryan Friedkin était claire : professionnaliser cette institution historique, véritable monument de la formation française (Zidane, Vieira, Micoud). Après une 5e place, puis une 2e place frustrante doublée d'une épopée en Coupe de France la saison dernière, l'exercice 2025-2026 devait être celui du sacre. Pourtant, l'automne vire au cauchemar. Après sept journées, Cannes pointe à une piteuse 12e place. La direction prend alors ses responsabilités et tranche dans le vif début octobre : l'entraîneur Damien Ott et le coordinateur sportif Sébastien Perez sont écartés.

C’est le tournant de la saison. Le board opère une refonte totale et l’arrivée conjointe d'Antoine Gobin au poste de directeur général à l'administration et de Djamal Mohamed à la direction sportive va tout changer. Fort de ses deux montées successives avec Martigues, le nouveau patron du sportif impose une méthode basée sur l'écoute, le dialogue et l'inclusion. Un management participatif qui séduit immédiatement la cellule technique. Patrick Barul met d'ailleurs en avant ce fonctionnement qui a replacé l'humain au centre du projet : « Djamal est un excellent directeur sportif, il a vraiment fait la différence par sa méthode. On se sent écoutés, il nous intègre énormément dans les réunions stratégiques. Avec toute l'expérience que j'ai accumulée dans le football, je peux vous dire qu'il ira beaucoup plus haut à ce poste. »

Dans la foulée de cette restructuration, le club nomme Mathieu Chabert sur le banc le 27 octobre 2025. Le technicien redresse l'équipe par le travail, rappelant après le coup de sifflet final le chemin parcouru : « Quand on a repris l'équipe en octobre, on était 12es. Ce groupe a bossé d'arrache-pied, la direction et la cellule de recrutement ont fait un travail exceptionnel au mercato d'hiver. Cette montée, c'est celle du caractère. Cannes n'est plus un club amateur. »

Le mercato d'hiver et la « patte » Barul

Redevenu solide mais encore trop court offensivement, le club azuréen fait basculer son destin en janvier grâce à un travail de scouting ciblé. C'est là que la « patte » Barul s'est fait ressentir, ou plutôt celle d'un vrai binôme de l'ombre. Sous la direction de Djamal Mohamed, Patrick Barul a travaillé en symbiose totale avec l'analyste vidéo et data du club, Quentin Fournel. Un duo complémentaire qui a œuvré sans céder à la panique pour dénicher des profils parfaitement adaptés aux besoins urgents de l'effectif.

Pas de bling-bling, mais des joueurs répondant précisément aux manques identifiés pour amener de l'impact immédiat : Raphaël Gerbeaud (Rouen), un profil adapté au besoin de réalisme devant le but : Malhory Noc (Chateauroux) choisi pour répondre au besoin de percussion sur les ailes, Brice Oggad (Le Mans) venu combler le besoin de densité athlétique en attaque, George Morgan (prêté par Everton, autre club de la galaxie Friedkin) une option supplémentaire pour diversifier le jeu de Mathieu Chabert.

Quatre recrues qui ont transfiguré l'animation offensive. Le symbole de cette alchimie est total : c'est Malhory Noc, correspondant en tout point au profil recherché par la cellule, qui signe le but du break de la tête face à Saint-Maur pour délivrer le peuple cannois.

Pour Patrick Barul, cette montée a une saveur unique, lui qui a bouclé la boucle en revenant travailler pour son club de cœur. Enfant de la maison, vainqueur de la Coupe Gambardella en 1995 sous le maillot rouge et blanc avant d'y faire ses débuts professionnels, il ne cache pas son émotion : « Vivre cette montée ici, c'est gravé à vie. C’est à Cannes que j'ai grandi. Revoir ce club sortir du monde amateur et retrouver sa place, c'est une fierté immense. On revient de tellement loin. »

Cap sur la nouvelle Ligue 3 professionnelle

Cannes ne pouvait pas choisir un meilleur moment pour valider son ticket. À partir de la saison 2026-2027, le troisième échelon français change de dimension et devient officiellement la Ligue 3 : un championnat professionnel à 18 clubs, 34 journées, une exposition accrue sur la plateforme Ligue 1+ et des exigences administratives renforcées.

Pour les Dragons, le plus dur commence. Antoine Gobin et Djamal Mohamed vont devoir s'activer main dans la main dans les bureaux. Patrick Barul et Quentin Fournel sont d'ailleurs déjà replongés dans leurs dossiers et leurs analyses, bien conscients que la Ligue 3 est « un championnat différent, plus exposé, plus exigeant ». Pour exister à cet étage, le recruteur prévient déjà qu'il faudra bâtir « un effectif plus profond, prêt en juin pas en janvier ». Le passage imminent devant la DNCG et l'ajustement du budget sont les prochains sommets à franchir. La fête va battre son plein tout le week-end sur la Croisette, mais l'AS Cannes avance déjà vers son prochain objectif.

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