Le Petit Lillois
·3 June 2026
Portrait : Davide Ancelotti en quête d’un prénom au LOSC

In partnership with
Yahoo sportsLe Petit Lillois
·3 June 2026

En ce premier jour du mois de juin, le LOSC a officialisé l’arrivée de Davide Ancelotti sur le banc lillois, et ce, pour deux saisons. Voici le portrait du nouveau technicien lillois.
Après l’annonce du LOSC, celle officialisant la fin de sa collaboration avec Bruno Genesio, son entraîneur ces deux dernières saisons, Olivier Létang avait du pain sur la planche pour lui trouver un successeur. Annoncé dans les médias comme étant une potentielle piste pour devenir le nouveau visage du banc lillois, Davide Ancelotti a bel et bien décroché l’emploi. Pour patienter en attendant son arrivée dans le Nord, cela dépendra des résultats engrangés par le Brésil, dont il est l’adjoint, à la Coupe du monde, venez découvrir son parcours à travers son portrait.
Né le 22 juillet 1989 à Parme, Davide baigne dans le football depuis sa plus tendre enfance par le biais de son père, Carlo Ancelotti. Le petit Davide semblait prédestiné à prendre le même chemin en devenant footballeur professionnel. Milieu de terrain comme son paternel, il intègre, à l’âge de 19 ans, l’équipe professionnelle du grand AC Milan dirigée d’une main de maître par Don Carlo lui-même. Davide ne prendra cependant part à aucune rencontre officielle sous les couleurs Rossoneri.
Le départ de son père du club milanais pour Chelsea le poussera même vers la sortie. « Ensuite, j’ai commencé une carrière pro ailleurs, mais pas au niveau que je voulais », expliquait l’Italien à propos de son bref passage à Borgomanero, club de cinquième division italienne, lors d’un interview accordé à France Football. Il prendra ensuite sa retraite à l’âge de 20 ans afin de se consacrer pleinement à l’acquisition de ses diplômes et au travail d’entraîneur, qui lui a très rapidement fait de l’œil.
Deux ans après sa retraite sportive, il obtient un diplôme en science des sports avec une mention grâce à sa thèse. Le sujet ? La motricité des footballeurs. C’est ensuite sous l’aile protectrice de son père que Davide apprend les rudiments du coaching à travers l’Europe entière. D’abord préparateur physique, il devient ensuite l’assistant de son père lors de la saison 2016-2017 au Bayern de Munich. Il le suivra à la trace en passant par Paris, Naples, Everton, le Real Madrid et plus récemment la Seleção. Difficile d’avoir de meilleurs stages et un meilleur tuteur.
Cependant, se cantonner au rôle de numéro deux ne satisfaisait plus pleinement Davide. C’est dans cette optique qu’il a passé sa licence pro UEFA en 2023. Avec la note de 13/15, il décroche son diplôme d’entraîneur principal. « Je considère que Davide est désormais capable d’être un numéro 1 », déclarait même Carlo Ancelotti à cette époque.
Botafogo, club brésilien appartenant à John Textor (ancien propriétaire de l’Olympique Lyonnais), croyait également en Davide Ancelotti pour diriger son équipe professionnelle. Cependant, Nathan, supporter de Botafogo, était dubitatif lors de la nomination du fils du grand Carlo Ancelotti : « C’était un recrutement un peu fait au hasard. Cela a été fait après le licenciement de notre entraîneur portugais Renato Paiva à cause de l’élimination de Botafogo lors de la Coupe du monde des clubs. »
Andressa était, elle, plus optimiste que Nathan : « Je savais qu’il avait fait ses preuves dans d’autres clubs en tant qu’adjoint, alors je me suis dit qu’il pourrait apporter de bonnes choses au Fogão. Je voulais vraiment croire en son potentiel. »
L’expérience n’a cependant pas été concluante pour l’Italien avec le Fogão. Une sixième place en championnat et une élimination lors des huitièmes de finale de Copa Libertadores face au club de Quito (2-1 au cumul des deux matchs) ne sont pas des résultats significatifs.
« La saison a été marquée par des hauts et des bas. Il y a sans aucun doute eu des matchs où l’équipe a bien joué, faisant preuve d’organisation et de caractère, mais il y a aussi eu des moments de grande instabilité, surtout face à des adversaires plus forts », poursuivait la jeune fan.
« Finalement, le résultat a été moins bon que ce que nous, les supporters, espérions ; il a manqué de régularité à l’équipe pour qu’on puisse se battre pour les titres ou pour occuper une place plus confortable au classement », finissait Andressa, déçue des performances de son club.
« Il a réalisé quelques bonnes performances en championnat national », avouait Nathan avant de tout de même souligner son manque d’expérience concernant le recrutement : « Il a demandé au directeur de la SAF de faire des recrutements, mais ceux-ci se sont avérés très mauvais. »
Avec quinze succès, dix matchs nuls et 8 revers, Davide n’aura passé que cinq petits mois aux rênes du club carioca avant de, au mois de décembre, rejoindre le staff de la Seleção en tant qu’entraîneur adjoint de son père. La supportrice du Fogão trouve que John Textor a été trop dur avec le jeune coach de 36 ans :
« Il est certain que le travail d’entraîneur demande du temps pour adapter ses idées, comprendre le groupe et ajuster les détails. S’il avait eu plus de sérénité et de temps, je suis sûr qu’il aurait pu corriger les erreurs et obtenir de bien meilleurs résultats. Souvent, la précipitation pour obtenir des résultats immédiats finit par mettre fin à un projet qui aurait pu réussir. »
Qualifié de pragmatique par son nouveau président, Olivier Létang, durant la dernière conférence de presse, Ancelotti est finalement assez méconnu par pas mal de supporters lillois. Son jeu l’est tout autant. Nathan n’était pas un adepte et un grand fan de son approche tactique : « Davide est un entraîneur qui utilise un 4-4-2 assez défensif. À Botafogo, ça n’a pas vraiment marché. »
Son aînée ne pouvait que dresser le même constat, qui aurait préféré voir un jeu plus enflammé : « Son style était davantage axé sur l’organisation défensive, avec une équipe bien structurée derrière, cherchant à exploiter des contre-attaques rapides et à trouver les joueurs sur les ailes. Il accordait beaucoup d’importance à la possession du ballon, mais il a péché par excès de prévisibilité face à des équipes qui se fermaient. Il a manqué d’audace et de variation tactique lorsque l’adversaire neutralisait notre principale voie d’attaque. C’était un style solide, mais qui avait besoin de plus d’ambition pour que Botafogo soit plus dominant. »
Mais pour le jeune Brésilien, visiblement encore touché par le passage d’Ancelotti, le style de jeu n’est pas le seul problème de Davide : « C’est un entraîneur qui ne supporte pas les critiques des supporters. C’est pourquoi il a demandé à quitter notre club. Ça a blessé les supporters ! Il nous a traités comme si on était des moins que rien ! Il n’apparaissait pas souvent dans les interviews quand l’équipe traversait une mauvaise passe. Il n’a jamais assumé ses responsabilités d’entraîneur. »
Sa nomination au LOSC est du moins surprenante au vu de sa faible et courte expérience en tant que coach principal. Milann, supporter lillois, veut néanmoins donner sa chance à Davide : « L’inexpérience n’est pas forcément un point négatif, si personne ne donne la chance à un coach, il ne l’aura jamais. Et puis il n’a pas l’expérience d’un grand coach principal d’une équipe première, mais c’est tout comme, quand on a été adjoint d’un des plus grands entraîneurs de l’histoire. »
Sa participation au prochain Mondial peut cependant inquiéter certains suiveurs du LOSC. En effet, Davide ne rejoindra le domaine de Luchin qu’à partir de l’élimination des compatriotes d’Alexsandro. Il entretiendra durant le mois de juin et juillet des visioconférences depuis le camp de base brésilien afin de préparer au mieux, depuis l’Amérique, sa saison sous les couleurs lilloises. « La préparation à distance peut être un problème, mais si Olivier Létang a validé et que les joueurs aussi, ce n’est plus un sujet », concluait Milann, impatient de voir le technicien italien à l’œuvre. Pour cela, il faudra patienter jusqu’au mois d’août… La Ligue 1 reprend tardivement la saison prochaine.







































