« T’es mon ami, je viens et je donnerai le maximum ! » : Allan Saint-Maximin évoque son arrivée à Lens | OneFootball

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·30 April 2026

« T’es mon ami, je viens et je donnerai le maximum ! » : Allan Saint-Maximin évoque son arrivée à Lens

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On connaissait le joueur fantasque, provocateur balle au pied sur les terrains de football chaque week-end. On connaissait un peu moins l’homme posé et réfléchi qui est venu s’exprimer devant la presse ce jour, lors de la traditionnelle conférence hebdomadaire.

Lensois.com : Allan Saint-Maximin, racontez-nous votre retour l’hiver dernier ? Souvent on pense que le niveau de football est plus élevé en Europe. Ça a été très difficile au Mexique avec l’altitude. Je n’avais jamais joué dans un club avec une altitude aussi élevée, donc de voir à certains entraînements du sang qui sort du nez de certains joueurs, des joueurs qui s’arrêtent, qui ont du mal à respirer, c’était quelque chose ! C’était du jamais vu pour moi. Ce n’était pas facile l’adaptation là-bas, j’ai dû beaucoup travailler, j’ai dû faire pas mal de choses pour déjà me mettre au niveau. Donc quand je suis revenu ici, je me sentais bien, c’est pour ça aussi que j’ai pu être performant pour l’équipe dès mon arrivée.


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Comment vous êtes-vous retrouvé à Lens ? Je suis quelqu’un de très loyal. Je pense que je l’ai démontré tout au long de ma carrière. Jean-Louis (Leca), je l’ai rencontré quand j’étais à Bastia. C’est ma première saison pleine en tant que professionnel, c’est ce qui m’a vraiment aidé à démarrer ma carrière. Quand je suis arrivé, il était le capitaine à cette époque. Il m’a vraiment accueilli comme si j’étais son frère, il a vraiment toujours été là pour moi, et je lui ai toujours dit que si un jour il a besoin de moi pour quoi que ce soit, que je serais là, et il est devenu directeur sportif (de Lens). Quand je me suis retrouvé dans cette situation (son départ du club America), moi, j’avais des options un peu partout à l’étranger, surtout que dans cette situation-là j’étais libre. Aussi, ça faisait un moment qu’on était partis du championnat français, même de la France tout court avec ma famille. Même si j’aime beaucoup la France, on a pris des habitudes à l’étranger, donc quand Jean-Louis m’en a parlé, qu’il m’a dit qu’il avait vraiment besoin de moi, qu’il y avait vraiment un vrai projet… Je connaissais le RC Lens de nom, il y a plein de joueurs qui sont passés par là-bas, je regardais aussi des fois un peu les matchs, donc j’avais déjà entendu parler de l’ambiance, etc. Pour moi c’était un oui directement. Ça ne s’est même pas joué sur le côté financier, je n’ai même pas cherché à savoir combien ils vont me donner, je lui ai dit : t’inquiète pas, t’es mon ami, je viens et je donnerai le maximum pour essayer d’aider le club à atteindre ses objectifs.

Ce départ du Mexique, il s’est fait dans un contexte particulier, marqué par du racisme de la part de certains supporters… C’est important d’être très honnête sur ça : il ne faut pas mettre tout le monde dans le même sac. J’ai vécu une expérience exceptionnelle au Mexique, j’ai rencontré des personnes exceptionnelles. Avec ma famille, on se sentait très bien, le club est top, j’ai beaucoup de respect pour l’opportunité qu’ils m’ont donnée, donc tout allait très très bien. Après ça fait partie des aléas du football, malheureusement parfois il y a des personnes qui t’aiment, d’autres qui ne t’aiment pas, et des fois quand il se passe certaines choses, il y a des personnes qui vont avoir des réactions différentes. Il y en a qui vont être contents pour toi, et le fait que tu as l’opportunité d’aller ou d’avoir un nouveau projet, il y en a d’autres, comme ce qui s’est passé, qui ont été très mécontentes et qui ont essayé de me toucher sur certaines choses. Je trouve ça assez stupide, très petit, donc pour moi le plus gros problème ce n’est même pas la couleur de peau, c’est plutôt la couleur des pensées, et j’ai eu affaire à ça tout au long de ma carrière. Ce n’est pas nouveau, et c’est important de savoir lutter contre ça et de dire non, et c’est ce que j’ai réussi à faire dans cette situation, et il faut aussi dire que j’ai eu le soutien du club, donc ce n’est pas le club, ou tout le Mexique, ce sont vraiment des cas isolés, de certaines personnes qui n’ont pas le courage de dire les choses en face et qui préfèrent se cacher derrière les réseaux sociaux.

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« Je suis un joueur qui sait dire les choses si ça ne va pas »

Comment vous expliquez ce décalage entre l’image qu’on peut avoir de vous et qui vous êtes réellement ? L’habit ne fait pas le moine ! C’est sûr que quand on va me voir avec des montres, ou des bijoux, ou les bandeaux, etc., on va avoir une opinion assez différente de moi, mais c’est ma façon aussi de me protéger de certaines choses. Le plus important pour moi c’est que les gens que j’aime vraiment, mes enfants, et les gens aussi qui me connaissent vraiment, soient là pour moi et arrivent à vraiment savoir qui je suis réellement. Après le reste… Je garde souvent le dicton : qui m’aime me suive. Je n’essaye pas d’être une personne fausse, ou de rentrer dans certaines cases. J’essaye d’être le plus sincère possible. Comme on dit, toute vérité n’est pas bonne à dire, alors des fois ça peut porter préjudice, mais je suis content d’être la personne que je suis. Ça m’a fermé certaines portes dans ma carrière, c’est sûr, avec des a priori et des fois des choses qui ne sont pas à mon image, mais je l’accepte, parce que ça fait aussi partie du jeu. Et je pense que toutes les personnes qui sont ici savent vraiment comment je suis, je n’ai jamais été un joueur à problème, je suis un joueur qui sait dire les choses si ça ne va pas.

Parlez-nous de votre réaction après votre but égalisateur sur la pelouse de Brest la semaine passée ? Je suis quelqu’un de très transparent, je ne vais pas faire un peu la langue de bois. Ce que je pense est très simple, c’est que la première mi-temps, et on le sait tous, au vu du niveau de l’équipe, de la position dans laquelle on est, et de nos ambitions, n’était pas à la hauteur de nos ambitions. Je pense que le groupe de départ a vraiment tout donné, il y a aussi des circonstances qui ont fait qu’on a eu les opportunités de marquer, on a eu des opportunités même de peut-être sortir, de mener… c’est la physionomie du match. Il y a pas mal de choses qui ne se sont pas passées comme prévu. À la pause, dans le vestiaire, je leur ai dit : s’ils (les Brestois) ont été capables de nous mettre trois buts en première mi-temps, on est largement capables de faire la même chose en deuxième mi-temps, si ce n’est plus. Je savais qu’on pouvait le faire, et je voulais que tout le monde arrive aussi à y croire, et au final, Flotov (Florian Thauvin) nous lance super bien. Il marque le premier but, et après, il nous a tous redonné espoir. Et quand je mets le but de l’égalisation, je viens vers le banc et je leur dis : je vous l’avais dit ! Le but, c’était vraiment d’arriver à remotiver le groupe, et on s’est tous motivés les uns les autres. Il y a ce que moi, j’ai dit, qui est sorti publiquement, mais il y a aussi tout ce qui s’est passé de la part des joueurs dans le vestiaire. En fait, c’est un petit clin d’œil pour dire qu’on doit toujours y croire, qu’on a un groupe exceptionnel, et que tout est possible à celui qui croit ! On perdait 3-0, on revient à 3-3, et on a même eu l’opportunité de remporter ce match, donc je pense qu’en gardant cette mentalité, c’est vraiment de bon augure pour la suite.

Propos recueillis par Eloïse De Mester à la Gaillette Gervais-Martel.

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