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·22 January 2026
Ultra-cons ?

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L’AS Monaco est un drôle de club ont dû penser, goguenards, les spectateurs madrilènes mardi soir. Son équipe, d’une abyssale faiblesse, a totalement sombré et ses supporters ont affiché un mutisme étonnant pendant la première mi-temps. Quelques rares téméraires ont bien essayé d’encourager leur club en difficulté : ils ont immédiatement été rabroués et insultés par une partie de leurs camarades ! La soirée n’a pas été la fête escomptée, ni sur le terrain, ni en tribune. Le seul moment joyeux aura finalement été le sympathique accueil réservé aux jeunes enfants d’Éder Militão après le match. Un (trop) bref instant d’élégance monégasque…
Le foot rend fou. Il semblerait que certains supporters monégasques n’échappent pas à ce mal mystérieux. Jacques Chirac aimait répéter qu’ « un chef, c’est fait pour cheffer ». Nous pourrions ajouter qu’un supporter, c’est fait pour encourager. C’est un noble statut : n’attendant rien et espérant tout, le supporter donne son temps (parfois beaucoup) pour porter haut, avec passion, les couleurs de son club de cœur. En cent ans il a tout vécu avec l’ASM : les espoirs insensés, les soirées interminables, les fulgurances sublimes et les chutes. L’AS Monaco est aujourd’hui en difficulté, comme elle l’a déjà été dans le passé. C’est simplement la vie des clubs de football. A ce jeu, les supporters des Rouge et Blanc n’ont pas à se plaindre : il ont merveilleusement été lotis par les dieux du foot. Peu de fans d’autres clubs peuvent en dire autant. Aux supporters actuels d’en prendre leur partie, de continuer à encourager leur équipe et de profiter des quelques plaisirs qui peuvent parfois se présenter. Alors que la rencontre au stade Bernabéu en était un, ils n’ont pas su en faire un moment exceptionnel. C’est dommage. Pire, les insultes et les doigts d’honneur adressés aux joueurs monégasques venus les saluer en fin de rencontre étaient absolument inappropriés. Certains rétorqueront que la direction du club est responsable de ces comportements déplacés. Cela se discute.
« Pocologni démission ». Avec un taux de défaites de 44%, le bilan de Sébastien Pocognoli est évidemment catastrophique. La direction a déjà licencié Adi Hütter en octobre 2025. Un deuxième changement d’entraineur en cours de saison apporterait-il davantage de garanties ? Rien n’est moins sûr : les joueurs actuels sont faibles et un nouveau coach n’y changera vraisemblablement rien. On pourra également noter que Pep Guardiola, malgré l’impressionnante armada à sa disposition, a fait moins bien que Sébastien Pocognoli en Norvège.
« Scuro démission ». Le directeur sportif est la tête de turc de certains supporters. Mais que lui demande réellement Dimitri Rybolovlev ? Quelle est sa feuille de route ? Doit-il être évalué sur les résultats sportifs du club ou l’équilibre de ses comptes ? Dans le football moderne, ces deux aspects sont difficilement conciliables. A ces questions, seul le président de l’ASM connaît la réponse. Si l’aspect sportif est prioritaire, la responsabilité du Brésilien est clairement engagée. Si l’équilibre financier est primordial, il se débrouille plutôt correctement. Il a bien vendu l’été dernier (100 millions d’euros) et essayé de renforcer l’équipe sans rien dépenser. Il a fait trois paris (Dier, Fati et Pogba), malheureusement des échecs. C’est le principe des paris : comme au loto, 100% des gagnants ont tenté leur chance… mais cela ne signifie pas que 100% des participants ont gagné. Seul le recrutement de Stanis Idumbo pour dix millions d’euros est réellement incompréhensible.
« Rybolovlev démission ». C’est une blague ? Soyons sérieux. Sans lui, l’ASM ne jouerait pas contre Real Madrid en Ligue des Champions, mais contre Bordeaux en National. Tout supporter monégasque lui doit une reconnaissance éternelle d’avoir sauvé le club en 2011. Depuis quelques années, il a sensiblement réduit le train de vie du club. Est-ce pour se conformer aux règles du fair-play financier européen ou une volonté assumée de sa part ? La réponse n’a que peu d’importance. C’est son argent, pas celui des supporters. Nous rêvons d’avoir à la tête du club un richissime homme d’affaires, amoureux de la principauté, qui dépenserait sans compter pour renforcer l’AS Monaco. Mais qui sera assez fou pour investir dans un club sans recettes de billetterie évoluant dans un championnat sans droits TV ? En attendant cette improbable perle rare, remercions le patron russe de boucler les fins de mois du club.
Mercredi prochain, l’AS Monaco rencontrera la Juventus de Turin dans un match qui pourrait être le dernier de notre club en Ligue des Champions avant longtemps. Outre des vieux comptes à régler avec le club italien, le Rocher y jouera son destin : un point à prendre pour être dans les vingt-quatre meilleures équipes européennes de l’édition 2025/26. Ce n’est pas rien. Ce match doit être joué à fond par tous. Pour un soir, espérons que les joueurs feront preuve d’amour propre et honoreront le maillot rouge et blanc. Souhaitons également que les supporters seront à la hauteur, cesseront leurs bouderies et enfantillages et feront corps avec l’équipe durant ce match décisif. Vive le football, vive ses supporters et surtout vive l’AS Monaco !
Photo by Hugo Pfeiffer/Icon Sport







































