Le Journal du Real
·20 de marzo de 2026
Arbeloa passe des duels de la Fábrica au feu du Bernabéu

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·20 de marzo de 2026

Dès son premier Atlético–Real (0-0, décembre 2020), alors qu’il dirige l’Infantil A, Arbeloa découvre un derby où tout se joue dans le détail et la gestion des nerfs, bien plus que sur le tableau d’affichage. Les années suivantes, promu en Cadete A, il voit ses équipes s’imposer 2-1 à l’extérieur en 2021 dans un match basculé par l’expulsion de Jesús Fortea, alors défenseur de l’Atlético, dont le carton rouge ouvre la voie au doublé de Londoño et à un succès fondateur.
Quelques mois plus tard, la donne s’inverse brutalement : un 0-5 encaissé à Valdebebas en mars 2022 rappelle à Arbeloa la cruauté de ce duel, mais aussi sa capacité à révéler des talents. Ce jour-là, Fortea brille côté rojiblanco, au point de provoquer un véritable « coup de foudre » chez le technicien madrilène, qui poussera ensuite pour faire venir le latéral à Valdebebas, où il s’imposera comme l’un des grands paris du club pour l’avenir.
Avec la génération Juvenil A, la rivalité change encore de dimension. La saison 2022-2023 inaugure le face-à-face de bancs entre Arbeloa et Fernando Torres, d’abord dans un 0-0 serré au Cerro del Espino, puis dans une « manita » historique (5-0) au retour, où César Palacios signe un doublé décisif pour offrir à Madrid un titre de champion déjà arraché par la victoire en Coupe du Roi. Ces derbies deviennent des tournants de saison, des finales déguisées où Nico Paz, De Llanos, Manuel Ángel ou Gonzalo apprennent à gérer la pression d’un Atlético qui refuse de céder.
Le duel se prolonge en Coupe des champions : un 0-2 à l’extérieur à l’aller, puis un retour incandescent à Valdebebas, où l’Atlético renverse d’abord la série avant que Yusi et Gonzalo ne remettent Madrid sur les rails d’un Final Four décroché au courage. C’est ce soir-là que la tension déborde : protestations de Torres sur le deuxième but, bousculade avec Arbeloa, exclusion de l’icône rojiblanca et images d’un derbi où même les entraîneurs finissent par se laisser happer par la rivalité.
La saison suivante, loin d’apaiser le feu, ajoute une couche de dramaturgie. En octobre 2023, l’Atlético s’impose 2-1 dans un derby sans poignée de main entre Torres et Arbeloa, prolongement symbolique de la fracture née au printemps. Madrid, déjà en difficulté au classement, voit ses espoirs de remontée freinés par les buts de Rayane et Diego Rosado, malgré la réduction de l’écart signée De Llanos.
En mars 2024, le décor change : les deux anciens attaquants se réconcilient avant un nouveau choc à Valdebebas, cette fois sous le regard d’un invité de marque, Mikel Arteta, présent en tribune. Les Merengues restent alors sur douze victoires consécutives et rêvent de revenir à un point de l’Atlético dans la course au titre, mais les Rojiblancos refroidissent l’« opération remontada » et portent un coup quasi définitif aux ambitions madrilènes.
C’est le dernier épisode Arbeloa–Torres chez les jeunes, une rivalité refermée sur une accolade, mais riche en cicatrices et en enseignements pour l’entraîneur merengue.
Le chapitre final de cette saga de derbies formateurs se joue en 2024-2025, avec un match aller rapidement décanté (1-1, buts de Barroso et Sergio Esteban), puis une « finale » pour le titre à Valdebebas, qui restera comme le derby d’Enzo Alves. À 15 ans, le fils de Marcelo, encore cadet, fait ses débuts avec le Juvenil A lors d’un duel au sommet entre une Maison Blanche et un Atlético à égalité parfaite au classement.
Entré à la 77e minute, il change tout cinq minutes plus tard avec un coup de talon inspiré, façon Guti à Riazor, qui lance Liberto pour le 1-0. Ce geste scelle le derby, offre la première place que Madrid ne lâchera plus jusqu’au titre de Liga Juvenil, et illustre mieux que n’importe quel discours ce qu’ont été les derbies d’Arbeloa : des matches où un carton rouge, un doublé, une « manita » ou une talonnade peuvent reconfigurer une saison… et accélérer la construction d’un entraîneur aujourd’hui prêt à affronter son plus grand derby, sur le banc des Merengues.
Au fil de ces confrontations, Arbeloa a surtout appris à gérer ce que le derby madrilène a de plus instable : la pression, l’émotion, les renversements et la portée symbolique de chaque détail. C’est ce passé, plus encore que les résultats, qui éclaire aujourd’hui son rapport à l’Atlético et donne une autre profondeur à son arrivée sur un banc exposé au Bernabéu.
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