Le Journal du Real
·16 de abril de 2026
Arda Güler, l'histoire d'un déclic face au Bayern Munich

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·16 de abril de 2026

Le Real Madrid est sorti de la Ligue des champions aux portes des demi-finales, éliminé dans les dernières minutes d'un match de folie (4-3) par un Bayern Munich qui n'a jamais rien lâché. La saison blanche se profile. Mais dans ce naufrage collectif, une figure se détache avec un éclat particulier : Arda Güler, 21 ans, auteur d'un doublé qui restera dans la mémoire de tous ceux qui ont suivi cette soirée épique à l'Allianz Arena.
Comme le souligne AS dans son édition de jeudi, malgré l'élimination, la jeune pépite a montré tant de bonnes choses contre le Bayern qu'il termine comme l'une des notes les plus positives de la double confrontation. En Turquie, on ne parle que de lui.
Pour comprendre ce que représente cette soirée munichoise pour lui, il faut retracer le chemin sinueux qu'il a parcouru depuis le début de la saison. Sur le papier, les chiffres sont flatteurs : 49 matchs joués, 6 buts et 12 passes décisives, pour un total de 3 180 minutes disputées, son record personnel depuis son arrivée au Real Madrid à l'été 2023. Il est même le meilleur passeur de son club en Liga cette saison avec 8 passes décisives, devant Valverde.
Mais la réalité de son quotidien est plus complexe. Repositionné à plusieurs reprises dans un rôle de milieu plus reculé par Xabi Alonso et Arbeloa, là où il se retrouve éloigné de la surface adverse qui est sa zone de prédilection, le Turc a parfois exprimé une frustration teintée d'incompréhension. La rotation permanente, les substitutions jugées précoces dans des matchs importants, et la concurrence féroce avec Bellingham, Valverde ou Brahim Diaz ont maintenu Güler dans un entre-deux inconfortable : trop bon pour le banc, pas assez régulier pour être intouchable.
Cette saison aura aussi été celle de tous les rôles. Ailier droit, meneur de jeu dans l'axe, hybride des deux : il a tourné au gré des absences et des systèmes. Un outil de rotation de luxe, certes, mais un statut insuffisant pour quelqu'un qui aspire à imprimer sa marque sur le jeu madrilène au quotidien. La vraie question était celle-ci : Güler allait-il rester un joueur de rotation, ou deviendrait-il enfin un joueur de référence dans les grands rendez-vous ?
La réponse est venue 35 secondes après le coup d'envoi à l'Allianz Arena. Manuel Neuer, pourtant homme du match à l'aller, rate sa relance. Güler est là, ne tremble pas, et glisse le ballon dans le but vide du gauche. But le plus rapide de la saison en Ligue des champions, et record du but le plus précoce de l'histoire de la compétition. Une réalisation qui résonne bien au-delà du simple tableau de marque.
Puis vient le chef-d'œuvre. À la 29e minute, sur coup franc depuis le bord de la surface, Güler frappe du gauche avec une précision chirurgicale, et trouve la lucarne de Neuer qui ne peut qu'effleurer la trajectoire de ses gants. Ses deux premiers buts en Ligue des champions. Deux coups de maître contre l'un des gardiens les plus titrés de l'histoire du football mondial. Même si le Real Madrid finira par s'incliner dans le dernier quart d'heure, après l'expulsion de Camavinga qui a rebattu toutes les cartes, Güler n'avait déjà plus rien à prouver ce soir-là.
En Turquie, comme le révèle AS à travers son correspondant sur place, la soirée a pris une dimension nationale. Fait saisissant : la majorité des Turcs supportaient le Real Madrid ce soir-là et non le Bayern, malgré la présence de plus de deux millions de leurs compatriotes en Allemagne. La raison tient en deux mots : Arda Güler. Sa présence dans le onze merengue suffit à renverser les allégeances géographiques.
L'hommage est venu de toutes parts, mais celui de Thierry Henry a particulièrement résonné. L'ancienne légende du Barça et d'Arsenal, désormais consultant, n'a pas mâché ses mots : « Arda Güler ne joue pas seulement, il prend ses responsabilités. Deux buts déjà, et ce coup franc... c'est du niveau mondial, sans aucun doute. » Et la conclusion de la star française est sans appel : « Faire ça contre le Bayern Munich, avec cette pression, à ce niveau, ça en dit long sur sa personnalité. Il ne se cache pas, il réclame le ballon, il décide du match. »
Ce jugement de Henry est important non pas seulement pour ce qu'il dit, mais pour ce qu'il signifie dans le contexte de la carrière madrilène du joueur. Güler n'est plus un espoir à surveiller, ni un talent à apprivoiser. Il est, depuis mercredi soir, un joueur de grand match et a potentiellement sa place de titulaire indiscutable dans le vestiaire.
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