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·2 de junio de 2026
ASSE : "Kilmer nous a vendu du vent"

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A Nice, l'ASSE a définitivement pris l'eau. Malgré les travaux de Philippe Montanier pour colmater les brèches, le naufrage semblait inévitable. Décryptage dans le dernier Sainté Night Club.
Les Stéphanois ont entretenu l'espoir quelques heures. Mais à l'image de sa saison, c'est à la dernière minute que l'ASSE a laissé passer sa chance. Mais cette fois, il faudra disputer une nouvelle saison de Ligue 2 pour espérer retrouver l'élite.
Mais la gifle reçue face à l'OGC Nice (4-1) n'a rien d'un accident. Elle découle d'un groupe tétanisé par l'enjeu dès le match aller à Geoffroy-Guichard. "Le rendez-vous manqué du match aller, avec un stade rempli face à une équipe dans une dynamique exécrable... Tu arrives et tu es cristallisé par la peur", se rappelle Valentin, chroniqueur pour Peuple Vert.
Et au match retour, la sentence est tombée sans surprise. "On a fait illusion pendant une rencontre devant 40 000 supporters, et puis au match retour, dans un stade vide, on a volé en éclats", souligne Alexandre, chroniqueur et rédacteur pour Peuple Vert. "C'est la logique, Nice est une classe au-dessus. Quand on perd 4-1, ce n'est pas le hasard."
Au-delà de l'écart de niveau, c'est le manque de réalisme offensif et l'absence de révolte mentale après l'égalisation qui ont plombé les Verts. Comme tout au long de la saison. "Saint-Étienne n'a pas été clinique alors qu'il y a eu les occasions. Nice nous a fait mal juste après l'égalisation stéphanoise. C'est un vrai problème de concentration."
La sortie sur blessure de Julien Le Cardinal a agi comme un déclencheur. L'arrière garde de l'ASSE s'est rapidement effritée sous la pression des aiglons. "Si le jeu de Saint-Étienne s'est délité jusqu'à devenir une défense passoire, c'est à cause de la sortie de Le Cardinal", analyse Alexandre. "C'est lui qui mène la défense, c'est le capitaine sans le brassard. Sa sortie fait extrêmement mal."
Pour le remplacer, Philippe Montanier a relancé Mickaël Nadé. Mais le joueur le plus utilisé de la saison a payé cash son manque de rythme. "Je ne pense pas que ce soit parce que Nadé rentre que les choses vont mal. Mais pour qu'il soit performant, il faut qu'il ait du rythme."
Mais c'est une problématique plus globale qui ressort de cette large défaite. "Le souci, c'est surtout ce culte de la médiocrité", lâche Valentin. "Laisser trop de chances à des joueurs moyens qui, dans n'importe quel club prétendant à la montée, n'auraient pas joué. C'est valable pour Nadé, mais aussi pour Moueffek, blessé trop souvent. Le capital sympathie a trop dissimulé les erreurs."
Malgré les promesses de modernité apportées par Kilmer Sports, le bilan après deux ans est loin des espérances de Valentin. "Dans l'une des plus faibles Ligue 2, ne pas remonter directement, c'est une faute professionnelle. (...) En fait, on nous a vendu du vent. Le club n'a pas progressé."
Le paradoxe stéphanois est total. L'argent est là, mais les idées font défaillance, la faute à une absence de rupture avec l'ancienne direction. "À Saint-Étienne, on a du pétrole mais on n'a pas d'idée", observe Alexandre.
Loïc Perrin, cristallise d'ailleurs les critiques. "Je cherche encore le rôle de Loïc Perrin ou de Samuel Rustem. On ne sait pas trop qui fait quoi", souffle Alexandre. Surtout, "Loïc Perrin jouit d'un capital sympathie", selon Valentin. "Mais dans aucun club sérieux, après trois ou quatre mercatos aussi catastrophiques, il ne reste à sa place. C'est impossible."
Face à ce constat d'échec global, la question de la légitimité d'Ivan Gazidis à la tête du projet est ouvertement posée. "Il est arrivé en faisant confiance à des gens qui montraient des limites, alors qu'il fallait leur dire merci. Pour moi, aujourd'hui, il doit laisser sa place", affirme Alexandre. "Il a eu deux ans dans des contextes favorables et il a lamentablement échoué."
Le président de l'ASSE pourrait bien jouer sa dernière carte au mercato estival. "Un bon président bâtit la meilleure équipe et tape du poing sur la table en cas de crise", souligne Valentin. "On va laisser passer cet été, car c'est ce qui décidera si c'est l'homme de la situation."
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