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·31 de mayo de 2026

DNCG : Des clubs de ligue 1 et ligue 2 en grand danger

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De la National 2 à la Ligue 1, le journaliste et chroniqueur Romain Molina dresse un constat particulièrement inquiétant du football français en cette fin de saison. Derrière les résultats sportifs et les annonces mercato, la réalité économique des clubs hexagonaux devient de plus en plus fragile.

La quasi-totalité des clubs professionnels français présentent aujourd’hui un déficit structurel. Autrement dit, les dépenses courantes sont supérieures aux revenus générés par l’activité quotidienne des clubs. Les masses salariales explosent, les droits TV se sont effondrés depuis le fiasco Médiapro, tandis que les recettes commerciales restent insuffisantes pour compenser les pertes structurelles de nombreux clubs.


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À Saint-Étienne par exemple, le compte de résultat affichait récemment une balance négative importante de -29M. Symptôme d’un modèle encore à travailler pour KSV : retrouvez notre dossier complet à ce sujet.

Encadrés par la DNCG, véritable police financière du football français, les clubs doivent alors présenter des garanties financières, réduire leurs coûts ou trouver de nouvelles ressources pour pouvoir continuer à évoluer professionnellement.

La crise du Covid, couplée à l’échec du modèle économique mis en place autour des droits télévisés sous la présidence de Vincent Labrune, a profondément aggravé la situation. Le football français vit aujourd’hui dans une économie de perfusion.

Les actionnaires absorbent les pertes des clubs

Dans ce contexte, posséder un actionnaire solide devient presque plus important que posséder une grande équipe. C’est notamment ce qui permet aujourd’hui à l’ASSE de conserver une certaine stabilité malgré une situation sportive encore irrégulière sous l’ère Kilmer Sports Ventures.

Car lorsqu’un club accumule les pertes saison après saison, son déficit vient directement fragiliser ses capitaux propres, c’est-à-dire la réserve financière censée garantir sa stabilité économique. Si ces fonds propres deviennent insuffisants ou négatifs, le club peut être considéré comme en danger par la DNCG.

Les actionnaires doivent alors remettre de l’argent dans le club. Non pas forcément pour recruter ou réaliser un mercato ambitieux, mais avant tout pour maintenir le club en vie financièrement et administrativement. Cette réinjection de fonds permet de combler les pertes, rassurer la DNCG et éviter des sanctions pouvant aller jusqu’à la rétrogradation.

C’est un point souvent mal compris dans le football moderne : lorsqu’un propriétaire injecte 20 ou 30 millions d’euros, cela ne signifie pas automatiquement que cet argent servira au recrutement. Dans de nombreux cas, il sert simplement à absorber les pertes du club.

C’est précisément ce qui différencie aujourd’hui certains clubs encore stables de ceux qui glissent lentement vers des scénarios catastrophes à la Girondins de Bordeaux. À Saint-Étienne, malgré le bilan sportif encore mitigé, les supporters peuvent considérer que l’arrivée de KSV a probablement évité au club une situation extrêmement dangereuse à moyen terme.

Le modèle du trading de joueurs atteint ses limites

Pour survivre économiquement, beaucoup de clubs français n’ont désormais plus qu’une seule solution viable : vendre leurs meilleurs joueurs.

Le cas du Stade de Reims est probablement l’exemple le plus frappant évoqué par Molina. Après la descente du club, les dirigeants ont procédé à une véritable liquidation sportive. Près de 67 millions d’euros de ventes pour seulement 2,6 millions d’euros investis en transferts entrants. Une stratégie qui permet de rassurer la DNCG, mais qui affaiblit mécaniquement la compétitivité sportive de l’effectif.

Le problème est simple, vendre ses meilleurs actifs permet de survivre financièrement à court terme, mais réduit considérablement les ambitions sportives. À terme, cela fragilise encore davantage le club.

Sous la présidence de Roland Romeyer et Bernard Caïazzo, l’ASSE fonctionnait également selon ce modèle. Le club reposait essentiellement sur le trading de joueurs issus du centre de formation ou valorisés en Ligue 1 afin de couvrir les déficits structurels. Les ventes de William Saliba, Wesley Fofana ou encore Lucas Gourna-Douath ont longtemps permis de maintenir le club sous perfusion.

Mais lorsque les résultats sportifs chutent et que les talents deviennent moins nombreux à valoriser, le système finit par s’écrouler. Après la relégation en 2021/2022, Saint-Étienne n’avait plus suffisamment d’actifs sportifs capables de générer les ventes nécessaires pour équilibrer les comptes. La vente du club devenait alors quasiment inévitable.

Des perturbations à tous les étages avec la DNCG

Aujourd’hui, même des grands clubs comme l’OM ou l’OL restent extrêmement dépendantes de leurs actionnaires. L’Olympique de Marseille pourrait encore avoir besoin d’un nouvel effort financier de Frank McCourt après son échec dans la course à la Ligue des Champions. Quant à Lyon, malgré une saison sportive cohérente, les conséquences de la gestion de John Textor continuent de peser lourdement sur les finances du club.

Le Havre apparaît également comme l’un des clubs les plus menacés cet été. Selon Molina, le club normand devra trouver entre 30 et 35 millions d’euros pour satisfaire les exigences de la DNCG. Un investissement colossal qui, paradoxalement, n’améliore pas directement l’effectif sportif.

Cette austérité permanente finit aussi par user les dirigeants sportifs eux-mêmes. Le départ de Matthieu Bodmer du HAC illustre en partie cette réalité. Même avec un excellent travail de recrutement, construire un projet ambitieux devient presque impossible dans un football français structurellement déficitaire.

Le constat dressé par Romain Molina est donc alarmant. Le football français fonctionne aujourd’hui sous dépendance financière permanente. Et sans investisseurs capables d’absorber les pertes, certains clubs historiques pourraient rapidement basculer.

À Saint-Étienne, KSV a su redonner de la valeur à l’effectif avec des joueurs à fort potentiel de valorisation comme Lucas Stassin ou Zuriko Davitashvili, mais aussi en développant certains jeunes profils comme Kévin Pedro. Ainsi, en cas de volonté de réduire progressivement les injections de fonds, le club pourra davantage compenser grâce au mercato.

La situation financière semble aujourd’hui sous contrôle. Que ce soit en Ligue 1 ou en Ligue 2, l’ASSE devrait passer la DNCG cet été sans grande difficulté.

Source : Romain Molina (YouTube) ; Peuple-Vert.fr.

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