Entretien - Romain Paturel (AS Furiani-Agliani) : « Grâce à nos principes de jeu, nous avons pu enchaîner les bons résultats » | OneFootball

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·22 de mayo de 2026

Entretien - Romain Paturel (AS Furiani-Agliani) : « Grâce à nos principes de jeu, nous avons pu enchaîner les bons résultats »

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Deux saisons pleines en National 2 et un avenir en question. En fin de contrat à l’issue de l’exercice 2025-2026, Romain Paturel a solidement installé l’AS Furiani-Agliani dans le paysage de la quatrième division tricolore. Successeur d'un Patrick Videira aujourd'hui sur un nuage avec Le Mans (promu en Ligue 1), le technicien de 41 ans affiche des ambitions claires pour la saison prochaine : jouer le haut de tableau. Formé à bonne école auprès de Pierre Sage (RC Lens), il continue de tracer sa route vers le monde professionnel. Entretien avec un technicien ambitieux, pragmatique et fidèle à ses principes.

Romain, comment te sens-tu après cette saison ?


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Je me sens très bien ! J'ai d'abord le sentiment du devoir accompli, puisque le premier objectif du club était le maintien. Le second, que nous nous étions fixé avec le groupe, était de faire mieux que la saison passée, ce que nous avons également réussi. Là où nous sommes vraiment satisfaits, c'est sur ce que nous avons été capables de produire collectivement sur le terrain. C’était très intéressant.

Tu viens de boucler ta deuxième saison sur le banc de l’ASFA. Qu’avez-vous réussi à mettre en place avec ton staff ?

Je suis quelqu'un qui se fie énormément à notre capacité à imposer notre jeu. Pour moi, la réussite d'un match se joue là. Évidemment, la finalité reste de gagner ou de perdre, mais je pense que la clé réside dans la maîtrise collective. Cela signifie avoir le ballon le plus possible et, quand on le perd, le récupérer très vite pour empêcher l'adversaire de nous poser des problèmes.

C'est cette analyse-là qui me permet de voir si le contenu nous rapproche de la victoire. Il est très difficile d'enchaîner les bons résultats sans des principes de jeu solides. Sur l'ensemble des 30 matchs, nous avons réussi 26 fois à imposer notre projet à l'adversaire. Malheureusement, un manque d'efficacité nous a parfois privés de la victoire. En revanche, sur ces 26 matchs, nous avons toujours été en totale adéquation avec notre philosophie : que ce soit dans l'emprise sur le match, la domination territoriale, la possession ou le ratio d'occasions créées et concédées.

Vous avez inscrit 45 buts cette saison, ce qui fait de vous la troisième meilleure attaque de la poule. C’est le choix d'un football résolument offensif, quitte à s'exposer derrière ?

Je souhaite que mon équipe marque des buts, c'est certain. En revanche, je ne suis pas du tout satisfait du nombre de buts que l'on a encaissés. Ce qui est sûr, c'est que nous voulons le ballon et nous voulons créer du danger. De ce côté-là, le contrat est rempli. Par contre, quand je parle de manque d'efficacité, je pense surtout à notre aspect défensif. Autant notre ratio "occasions créées / buts marqués" est trop faible, autant le ratio inverse – "occasions concédées / buts encaissés" – est beaucoup trop élevé. C'est là que le bât blesse. Nous aurions dû concéder encore moins d'opportunités et, surtout, être capables de faire le dos rond pour ne pas encaisser un but à la moindre occasion adverse.

Comment expliques-tu que vous ayez concédé autant de buts ?

C'est un tout. Je pense qu'il y a parfois eu un manque de rigueur dans nos placements à certains moments clés, ce qui a offert des opportunités faciles à nos adversaires. Il y a aussi eu un manque de réussite ou de tranchant de la part de nos défenseurs et de nos gardiens par séquences. Bout à bout, tout cela a pesé lourd et nous a coûté beaucoup trop de buts à mon goût cette saison.

"Nos deux belles saisons ont mis en lumière mon profil, et quelques clubs manifestent de l'intérêt"

Tu es en fin de contrat à l’issue de la saison… Où entraînera Romain Paturel l’été prochain ?

Écoute, les discussions avancent bien avec les dirigeants. Nous sommes en train de travailler pour voir quel sera le projet de l'AS Furiani pour la saison 2026-2027. Je pense que nous serons fixés d'ici une semaine.

La chance que j'ai aujourd'hui, c'est que nos deux belles saisons ont mis en lumière mon profil, et quelques clubs manifestent de l'intérêt. Je ne sais pas encore de quoi demain sera fait, mais quoi qu'il arrive, je sais que nous trouverons un très beau projet pour continuer l'aventure. En tout cas, nous sommes très heureux ici. Si le bon projet est à Furiani, nous serons ravis de rester.

Quels seraient les objectifs de l’ASFA la saison prochaine ?

Moi, mon idée, c'est de trouver le meilleur projet pour avoir un maximum de chances de finir en haut et d'accéder à la Ligue 3. Je veux que nous ayons la possibilité de faire mieux que cette année. Évidemment, cela englobe des critères structurels, infrastructurels et économiques. On sait que nous avons le plus petit budget de la poule, mais il nous faut un minimum de moyens pour construire un effectif cohérent.

Après, avoir des idées et dénicher des profils capables de s'épanouir et de se révéler chez nous, le club et moi avons prouvé que nous savions le faire. Mais pour cela, il faut que l'on reste un minimum attractif, c'est ce qui conditionnera la suite.

Le passage (réussi) devant la DNCG t’a apaisé sur ce point ?

C’est un très bon signal ! Après, pour être honnête, je n’étais pas du tout inquiet, car le club travaille déjà très bien sur le plan de la gestion économique. Nous allons en discuter avec les dirigeants d'ici la fin de la semaine pour voir comment nous allons procéder pour la saison prochaine.

Vous faites partie de la poule B, comme Thionville, premier promu en Ligue 3 de l’année… Qu’as-tu pensé de cette double confrontation face aux Lusitanos ?

Au match aller, on perd 4-3 là-bas dans les arrêts de jeu. On sort un gros match où leur gardien fait sept arrêts de grande qualité, alors qu'eux marquent sur deux corners et deux penaltys. Vu le contenu et la physionomie de la rencontre, c’était vraiment sévère de perdre, d'autant que notre carton rouge en fin de match leur permet de repasser devant. C’était une équipe chirurgicale sur le plan offensif, et c’est ce réalisme, porté par des joueurs de grande qualité, qui leur a permis de dominer cette poule.

Au match retour, rebelote : on encaisse deux buts sur une touche longue et un corner, et on s'incline 4-2. Face à eux, nous avons été défaillants sur les phases arrêtées, mais aussi offensivement, car on se crée beaucoup trop d'occasions pour ne marquer que cinq buts sur l'ensemble des deux matchs. Le réalisme, c'était leur marque de fabrique cette saison et c’est ce qui les a menés au titre. S’ils ont réussi à maintenir une telle constance et une telle efficacité, c’est qu’ils avaient les ressources pour le faire.

Le National 2 continue d’hausser son niveau de jeu...

C'est vraiment un championnat très intéressant, hyper dense et homogène. C’est excitant de pouvoir y participer. Depuis la réforme et le passage à trois poules, le niveau s'est encore élevé. Je trouve aussi que les coachs sont nettement meilleurs que par le passé. Il y a beaucoup de techniciens qui travaillent avec de vraies idées, qui proposent des choses très intéressantes, sans compter la qualité des joueurs. Franchement, c'est un championnat très agréable à suivre et à disputer.

Pierre Sage et Patrick Videira, exemples pour la nouvelle génération

Est-ce grâce à la nouvelle génération d’entraîneurs ?

Oui, il y a une vraie dynamique en ce sens. C’est agréable parce qu'on assiste à un certain renouveau, avec des techniciens assez jeunes. Je ne sais pas s'ils ont exactement la même philosophie de jeu que moi, mais beaucoup d'équipes proposent du jeu et cherchent à utiliser le ballon. Visuellement, c’est top.

Je pense aussi que le déclic psychologique chez les coachs vient des performances de Pierre [Sage] ou de Patrick [Videira]. Pierre, par exemple, est désormais reconnu en Europe. J'ai été formé par lui et avec lui. Ce genre de réussite ouvre la vision des présidents de clubs et permet à notre génération de s'épanouir et de travailler avec beaucoup de confiance.

Tu as succédé à Patrick Videira en 2024, qui a depuis réussi à monter en Ligue 1 avec Le Mans. De quoi te donner des idées après votre passage en Corse ?

Ce qu'il a fait est exceptionnel en tout point. Est-ce que je suivrai un chemin identique ? C’est tout ce que je me souhaite. Nous sommes devenus très copains tous les deux, et je lui ai dit : je me souhaite de faire aussi bien, parce que faire mieux, c'est impossible ! Ce qu'il a réalisé est extraordinaire. C'est un homme qui a énormément de talent et il mérite tout ce qui lui arrive. Après, il faut rester réaliste et rationnel. Il y a peu de chances qu'un tel scénario se répète tant son parcours est exceptionnel.

Peux-tu nous raconter les coulisses de ta signature à Furiani-Agliani il y a deux ans ?

Le premier facteur, c'est qu'à ce moment-là, j'étais libre et Furiani a manifesté un vif intérêt. Je suis venu sur place et le courant est tout de suite très bien passé. Patrick [Videira] a d'ailleurs œuvré pour me mettre en relation avec les dirigeants. J'ai passé de longs moments à échanger avec eux. J'ai aimé l'atmosphère du club et les qualités humaines que je percevais chez les joueurs en place. C’était un challenge que j'avais vraiment envie de relever.

En plus, sur le plan familial, il y a pire que de venir découvrir la Corse en famille ! Tous les voyants étaient au vert. Aujourd'hui, le bilan de ce passage est très satisfaisant avec deux belles saisons au compteur.

On te sait proche de Patrick Videira, comment as-tu vécu ses exploits ?

Je suis quelqu'un qui se réjouit sincèrement de la réussite des autres, je n'ai aucun problème avec ça, bien au contraire. Je lui ai toujours souhaité le meilleur, et c'est réciproque. Je suis très fier de le connaître et j'ai un immense respect pour son travail. De mon côté, mon but est de faire en sorte que le club continue d'avancer. Nous avons des idées de jeu différentes, mais nous partageons les mêmes valeurs. C'est cette ambition qui me guide ici à Furiani.

Patrick VIDEIRA

Après deux années passées en Corse, vas-tu retrouver l’Hexagone ?

Rien n'est exclu, c'est certain. Comme tout entraîneur, je sais que partout où l'on passe, on ne fait que passer. L'idée, c'est que ce passage soit le plus réussi possible et d'aider Furiani à se développer sur tous les plans. Je sais qu'un jour je serai amené à retourner sur le continent. Est-ce que ce sera dès cette année ? Si le bon projet se présente, ça peut se faire. Si ce n'est pas le cas, cela arrivera plus tard. Je sais que je ne ferai pas trente ans à l'AS Furiani-Agliani. Nous sommes simplement à un moment où il faut se poser les bonnes questions pour trouver le meilleur projet afin d'atteindre mes objectifs. Si cela doit s'écrire ici, nous serons très heureux de continuer.Si cela doit être ailleurs, on en discutera avec les dirigeants.

Comment résumerais-tu tes deux années à Furiani ?

Je cherche toujours à prendre un maximum de plaisir dans ce que je fais, et je pousse mes joueurs à être dans cet état d'esprit. Au quotidien, je travaille beaucoup, mais je m'amuse énormément. Je veux que ce plaisir soit partagé avec l'ensemble du groupe et du staff. De ce côté-là, je me suis vraiment éclaté. Sur le plan familial, notre seule interrogation concernait l'adaptation des enfants et le travail de ma femme, mais tout s'est réglé très vite. Les gens nous ont accueillis d'une façon extraordinaire. Nous avons passé deux magnifiques années dans un cadre de vie agréable. Professionnellement, on a fait de belles choses en prenant du plaisir, et j'ai beaucoup évolué en tant qu'entraîneur et technicien. C'est une étape franchement réussie.

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