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·2 de julio de 2026
Loïc Fiévet : « Une opportunité qui ne pouvait pas se refuser »

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Ancien formateur à Valenciennes et Lorient, Loïc Fiévet a été nommé entraîneur du RC Lens Féminin, succédant à Sarah M’Barek. La conférence de presse organisée ce jeudi par le club était l’occasion de faire les présentations avec le technicien de 38 ans, déjà bien installé à Lens.
Lensois.com : Loïc Fiévet, qu’est-ce que cela représente pour vous de rejoindre le RC Lens ? Même si je suis natif de l’Yonne parce que mon papa y avait été muté, je suis issu du Douaisis. Mes parents sont du Nord. Mon grand-père était mineur à Flers-en-Escrebieux. J’ai ce côté-là, ce côté racines. Et puis, c’est un club que je connais depuis longtemps. C’est beaucoup de fierté pour moi de rejoindre un club avec des valeurs. Je m’identifie aussi aux personnes, à l’environnement, je suis sensible à ça. Cela s’est fait naturellement, simplement, les échanges ont été fluides, donc c’est naturel. J’habite aussi à Lens depuis 2020. Madame et mon petit étaient restés ici. Ce n’était pas simple, mais ça permet de vivre aussi des expériences. Il y avait donc le retour auprès de la famille et une opportunité qui ne pouvait pas se refuser.
On accole souvent une philosophie de jeu à un entraîneur. Quelle est la vôtre ? C’est la même que celle du RC Lens : beaucoup d’intensité, une équipe qui va vers l’avant, une équipe qui a de la maîtrise, une équipe aussi dans laquelle on doit allier les différents profils en m’appuyant sur les qualités de chacune. Cela fait partie aussi de mon profil de formateur. Charbonner, c’est le RC Lens, tout simplement. Ce sont les choses que je mettais déjà en avant dans mon travail, donc c’est pour ça aussi que ça colle parfaitement, au-delà de l’environnement. Il y a aussi ce côté sportif. Forcément, ça va être dans la même lignée de ce qui existe depuis le plus longtemps à Lens.
Vous avez un système préférentiel ? Le RC Lens est identifié au 3-4-3 ou au 3-5-2. En fait, moi, c’est ce que je disais aux filles : il n’y a pas de système. En fait, ce sont des animations. En gros, c’est plutôt des animations, une équipe qui est entreprenante, qui va chercher, qui va de l’avant, qui met la pression sur le porteur. Ce sont surtout des animations et des principes plutôt qu’un système de jeu. Joueur, j’étais milieu. Le jeu sans ballon, j’y suis sensible. Faire la demande du ballon sans l’avoir, parce que ça fait partie du foot. Créer des espaces, des solutions et être au service du collectif. C’est ce que j’ai toujours voulu retranscrire dans mes équipes, avec ce côté créatif. En tant que joueur, si on m’avait empêché de faire ce que je voulais, je n’aurais pas pu m’exprimer. J’ai eu la chance d’avoir des coaches qui m’ont toujours laissé jouer. Et dans le foot, les situations sont tellement singulières qu’on ne peut pas dire : « Il faut faire ça et ça. » Il faut laisser une part d’autonomie aux joueuses. Il y a des choses non négociables sur l’intensité, la réaction à la perte du ballon. Il y aura des repères de jeu, mais il y a aussi ce que l’on ressent sur le terrain. Je suis très ouvert. Un projet doit être partagé. Quand j’étais joueur, j’ai vécu une saison où on a adopté un projet de jeu qui n’était pas lié à l’équipe, au contexte, et ça a fini à 7 matches, 7 défaites. Puis un coach est arrivé avec une philosophie qui nous correspondait et on a fini 4es. Cela m’a marqué.

Vous mettez un point d’honneur à mettre le collectif au centre de tout ? L’institution, le groupe, seront toujours prioritaires sur l’individu. C’est l’individu qui se fond dans le collectif. J’étais un joueur collectif, au service des autres, et dans les profils que nous avons, ce sont des joueuses dans cet état d’esprit. Toutes m’ont parlé du collectif lors des entretiens. Cela va coller avec ce que l’on veut. L’enjeu sera de créer une cohésion, parce qu’il y a beaucoup de nouvelles joueuses. Mais le collectif sera prioritaire sur l’individu, sans l’oublier malgré tout, parce qu’on doit aussi répondre à leurs attentes, à leurs besoins, et continuer à les développer, parce qu’elles sont jeunes et même une fille de 27 ou 28 ans, on peut toujours la développer.
Comment s’est constitué le staff ? On échangeait beaucoup avec Laurie. On a identifié les profils qui correspondaient à ce qu’on veut, et encore une fois, on parle d’humain, des valeurs, mais on parle aussi de compétences. Je suis très content d’avoir un staff comme celui-ci. J’ai hâte de travailler avec eux. Certains, je les connaissais, d’autres, je les ai découverts, et il y a de belles surprises. J’avais confiance en Laurie qui connaît le club. Ce sont des personnes qui correspondent complètement à la philosophie. On a un staff avec des personnes qui peuvent revêtir plusieurs casquettes. Comme Jérémy Zaremba, adjoint mais aussi préparateur physique. Chacun va apporter des choses, l’idée, c’est de confronter les idées et nourrir les débats. Moi, je suis très ouvert tant que c’est dans l’intérêt du groupe et, à la fin, je tranche. Mais on sent que ce sont des gens investis.
Qu’avez-vous retenu de vos passages en centres de formation, à Valenciennes ou Lorient ? Les centres de formation, ce sont des laboratoires. Ça m’a permis d’explorer plein de choses. Et pour aujourd’hui, d’avoir des convictions plus claires, plus précises de ce que je veux, de ce que je ne veux pas. Cela m’a permis de me construire.
Comment allez-vous aborder la préparation, avec cette reprise le 6 juillet ? En concertation avec la direction, on a décidé de reprendre un peu plus tôt parce qu’on parle de nouvelles joueuses et qu’il faut créer de la cohésion. L’enjeu est là aussi. Et puis d’aller progressivement dans la préparation parce qu’elles sont arrêtées depuis le 8 mai. C’est un temps qui est quand même assez long. Et donc l’objectif, c’est d’aller progressivement dans les charges, d’apprendre à se connaître, d’intégrer le projet de jeu.
Vous êtes pour l’instant dans l’attente de savoir si l’équipe va jouer en Seconde Ligue ou être repêchée en Arkema Première Ligue. Comment situez-vous la différence ? C’est l’intensité. Même chez les garçons, quand on monte de niveau, on parle d’intensité. Après ça va être s’adapter très vite à ça. Dans tous les cas, on a préparé les 2 cas de figure. Moi, ça ne changera pas ma méthode d’entraînement, ni ma philosophie de jeu. C’est l’adversité qui va forcément évoluer.
L’entraîneur de référence à vos yeux, c’est qui ? Au départ, c’était Pep Guardiola pour la beauté du jeu. Je m’inspire d’un peu tout le monde. Il faut prendre des choses, beaucoup sont inspirants, mais je ne me prends pas pour un autre. J’aime bien aussi Carlo Ancelotti pour sa capacité à être manager. José Mourinho, fan ou pas fan, au départ je ne l’étais pas, mais pourtant, il y a quand même une rigueur défensive. Il y a quelque chose à apprendre de chacun, mais il faut aussi avoir ses convictions. Puis c’est lié au club aussi.
Ici, vous aurez sans doute l’occasion d’échanger avec Dino Toppmöller. Vous comptez vous en nourrir également ? Ce serait dommage de s’en priver ! On est meilleur d’année en année. Moi, je suis très ouvert, je veux toujours m’améliorer. Être meilleur chaque jour. J’ai toujours été très curieux et ce serait dommage de se priver d’échanges !
Propos recueillis par Christophe Schaad à la Gaillette-Gervais Martel.







































