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·8 de junio de 2026

Pérez frappe fort : il saisit l’UEFA contre le FC Barcelone

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Le mercato, les élections, Mourinho, le galactique à 150 millions d'euros. On aurait pu penser que la semaine de Florentino Pérez était déjà bien remplie. Mais selon AS, le président réélu du Real Madrid a déjà envoyé à l'UEFA un rapport circonstancié sur l'affaire Negreira, réclamant ni plus ni moins que le retrait de tous les titres remportés par le FC Barcelone entre 2001 et 2018, ainsi qu'une sanction d'exclusion des compétitions européennes.

À Valdebebas, on assure que le dossier contient des arguments et des preuves irréfutables. Le club catalan, lui, continue de nier toute intention de corruption. Entre les deux, un scandale qui dure depuis plus de trois ans et qui est loin d'être terminé.


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17 ans de paiements à l'homme qui notait les arbitres

Pour comprendre ce que représente l'affaire Negreira, il faut revenir aux fondamentaux. José María Enríquez Negreira a été vice-président du Comité Technique des Arbitres de la Fédération espagnole de football de 1994 à 2018. À ce titre, il avait autorité sur la notation des arbitres, leur promotion, leur relégation et, dans une certaine mesure, sur leur désignation pour les matchs importants. Entre 2001 et 2018, le FC Barcelone a versé environ 7,3 à 8,4 millions d'euros à plusieurs sociétés appartenant à Negreira et à son fils Javier, via des structures comme DASNIL 95 SL, Nisdal SCP et Soccercam SL.

Les montants ont été significativement augmentés sous la première présidence de Joan Laporta, entre 2003 et 2010, atteignant jusqu'à 500 000 euros par an. Le club a toujours justifié ces versements comme des prestations de conseil technique sur l'arbitrage. Une explication que le parquet espagnol a jugée insuffisante pour classer l'affaire : les anciens présidents Sandro Rossell et Josep Maria Bartomeu ont été convoqués comme accusés, et deux autres dirigeants, Albert Soler et Óscar Grau, ont également été entendus par la juge chargée de l'instruction.

Un élément particulièrement révélateur : les paiements ont cessé dès que Negreira a quitté son poste en 2018. Ce n'est pas le seul détail troublant. En 2019, Negreira a menacé de dévoiler un grand scandale lorsque le Barça a arrêté de le rémunérer, une menace qui en dit long sur la nature des relations entretenues entre les deux parties.

Pérez aurait attendu que le Barça quitte la Super League

L'offensive madrilène sur ce dossier n'est pas sans susciter des interrogations légitimes sur son timing. La critique qui revient le plus souvent est la suivante : Florentino Pérez a longtemps été relativement discret sur l'affaire Negreira, préférant laisser la justice suivre son cours, pendant que Barcelone et Madrid étaient encore partenaires dans le projet de Super League. Ce n'est qu'après le retrait du Barça de la compétition que le Real Madrid et Pérez sont passés à l'offensive judiciaire, se constituant partie civile et multipliant les sorties publiques sur le sujet.

Ce que rend cette critique d'autant plus piquante, c'est le rôle joué par Anas Laghrari dans cette période. Ce Franco-Marocain de 41 ans, décrit par les proches du Real Madrid comme le bras droit financier de Florentino Pérez, avait également conseillé le FC Barcelone pour l'aider à sortir de sa crise financière. À l'époque, les relations entre les deux clubs étaient encore cordiales, car le Barça n'avait pas quitté le navire de la Super League.

Cofondateur de Key Capital et d'A22 Sports Management, la structure créée pour développer la Super League, Laghrari est décrit comme le cerveau financier du projet. C'est lui qui a fait le lien entre tous les clubs et étudié l'aspect financier de cette compétition. Il a aussi aidé le Barça financièrement, Pérez étant lui-même conscient que pour le bien du Real Madrid, il avait besoin d'un rival fort et puissant.

En clair, pendant que la Super League existait encore comme projet commun, Florentino Pérez aidait le Barça à se redresser financièrement et fermait les yeux concernant le scandale. Une fois le Barça sorti du projet, Madrid a remis le couteau dans la plaie Negreira avec une intensité nouvelle. La coïncidence est troublante, même si elle ne change rien aux faits eux-mêmes.

Un dossier transmis à l'UEFA

Le rapport envoyé à l'UEFA par le Real Madrid est présenté à Valdebebas comme solide, documenté, argumenté. Le club exige deux choses : le retrait de tous les titres barcelonais remportés pendant la période des paiements, soit dix-sept ans de palmarès, et une exclusion des compétitions européennes. Des sanctions qui, si elles étaient appliquées, représenteraient une catastrophe sans précédent pour le club catalan.

L'UEFA avait déjà ouvert une enquête dès mars 2023 pour déterminer si le Barça avait violé ses règlements, avec des sanctions similaires évoquées à l'époque. Mais depuis, la procédure a avancé lentement, et un rapport de l'administration fiscale espagnole rendu public il y a quelques semaines a estimé qu'aucune preuve ne permettait d'affirmer que les paiements visaient à corrompre des arbitres ou influencer des résultats sportifs, offrant au Barça un argument de défense supplémentaire.

L'issue judiciaire et disciplinaire reste donc très incertaine. Ce qui est certain, en revanche, c'est que Florentino Pérez n'a aucune intention de laisser le sujet s'éteindre. Réélu pour cinq ans, il a décidé de faire de l'affaire Negreira l'un des dossiers institutionnels de son nouveau mandat. Un signal envoyé autant à l'UEFA qu'à Barcelone.

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