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·2 de enero de 2026

Pourquoi la politique pro-business du Real Madrid est en train d'abîmer le club

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Le club le plus titré d’Europe s’est construit sur une exigence sportive extrême, une culture de la victoire et une identité forgée et reconnue dans le monde entier. Pourtant, derrière les réussites, les trophées et les chiffres records, une autre réalité s’impose désormais progressivement : le Real Madrid est en train peu à peu de se transformer en une entreprise mondiale où le business semble primer sur le football. Une nouvelle dynamique qui pourrait menacer l’âme sportive du club.

Le Real Madrid n’a jamais été étranger à l’argent. Sous la présidence de Florentino Pérez, le club a même été pionnier dans l'art du football-business moderne. Les Galácticos, la valorisation de la marque, l’internationalisation du public ou encore toutes les actions de marketing et communication mises en place ont permis au Real de devenir une référence économique mondiale.


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Mais ce qui fut autrefois un levier au service du sportif est aujourd’hui devenu la priorité du club. Le problème n’est pas l’argent en soi, mais le fait que les décisions sportives semblent de plus en plus dictées par des considérations financières, médiatiques et marketing, et le côté sportif semble passer, presque toujours, en second plan.

Recruter pour vendre plutôt que pour jouer

Cette logique se reflète dans la construction des effectifs. Le Real Madrid recrute désormais des joueurs à forte valeur marchande, beaucoup de jeunes, des footballeurs prometteurs, parfois avant même qu’un besoin sportif clair n’existe. Le potentiel économique et l’image avant tout prennent le dessus sur l’équilibre tactique. Résultat : des effectifs déséquilibrés, une accumulation de profils similaires pour des joueurs évoluant dans la même zone et des manques alarmants à des postes clés, dus à une mauvaise gestion du club.

🚨 Le Real Madrid analyse actuellement s'il doit recruter un milieu de terrain expérimenté ou un jeune talent. ➡️ Actuellement, ils privilégient un jeune talent, et KEES SMIT est pour l'instant le favori. @diarioas

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Sur le papier, l’équipe impressionne tout le monde ; sur le terrain, elle peine souvent à convaincre collectivement, comme on a pu l’observer en ce début de saison 2025/2026, malgré la présence d'individualités complètement folles dans l’effectif du club madrilène.

Mbappé favorise la dynamique du club

Le cas Mbappé illustre parfaitement cette obsession de l’image. Pendant des années, le Real Madrid a semblé suspendre son projet sportif à la possible arrivée d’une star devenue enjeu géopolitique du football moderne.

Plus qu’un joueur, Mbappé est devenu une marque, un symbole de puissance économique et d’influence. Cette attente interminable a paralysé la planification sportive, retardé certains choix structurels et nourri une communication davantage tournée vers l’événement et le bling-bling plus que vers le jeu. Le risque était pourtant évident : bâtir une équipe autour d’un nom plutôt qu'un projet véritablement collectif. Un choix qui aurait pu avantager le Real Madrid, bien que l'inverse soit en train de se réaliser.

  1. À lire aussi : Le Real Madrid entame 2026 avec une infirmerie bien trop remplie

Des entraîneurs sous contrôle

Cette pression du business pèse également sans aucun doute sur les entraîneurs. Au Real Madrid, le coach n’est plus seulement jugé sur ses résultats, mais aussi sur sa capacité à gérer l’image du club, les ego, la communication et les intérêts économiques.

L’entraîneur devient un gestionnaire de stars individuelles, un porte-parole institutionnel, souvent au détriment du développement collectif. Le football se réduit alors à une gestion de crise permanente devant être constamment gérée pour préserver l’image du club, avant l’équipe. C’est en quelque sorte aussi le cas de Xabi Alonso qui tente de faire face à toutes ces problématiques peu après son arrivée.

La Cantera sacrifiée...

Parallèlement, la formation et l’ADN madridista sont relégués au second plan. La Fabrica, pourtant très riche en talents, est souvent utilisée comme outil économique : prêts à répétition, ventes rapides, manque de continuité... Peu de jeunes bénéficient d’une confiance durable au plus haut niveau.

Cette stratégie affaiblit l’identité du club, historiquement fondée sur un mélange de stars et de joueurs formés à la culture de l’exigence madrilène. Le Real Madrid risque ainsi de devenir une vitrine de talents mondiaux sans véritable colonne vertébrale qui pourrait apporter un gros plus à long terme au club, au-delà de l’aspect économique.

  1. À lire également : Au cœur du Real Madrid, quand l’archaïsme menace l’excellence

Le supporter devenu client, le Real Madrid devenu produit

Le rapport au public s’en trouve également très transformé. Le supporter historique laisse place à un consommateur du club, connecté via les réseaux sociaux, attiré par les "highlights", les maillots et les campagnes marketing, les joueurs stars... Le spectacle devient plus important que le contenu sportif. Tant que l’image est préservée et que la marque continue de croître, les signaux d’alerte sur le terrain sont presque toujours relativisés. Or, au Real Madrid, la victoire n’a jamais été un produit d’appel : elle était l’essence même du club. Une essence qui est en train de se déliter.

Il ne s’agit pas de parler de crise absolue. Le Real Madrid continue de se battre, de gagner, parfois même contre toute logique. Mais cette réussite masque un déséquilibre structurel profond du club, avec un business-model devenu gargantuesque qui désavantage l’équipe elle-même. En laissant la dimension économique prendre le pas sur le sportif, le club prend le risque de perdre ce qui a fait sa singularité : une identité affirmée, une exigence collective et une obsession du jeu autant que du résultat.

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