Le Journal du Real
·26 de febrero de 2025
Pourquoi le Real Madrid vit souvent un enfer face aux blocs bas ?
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·26 de febrero de 2025
Le Real Madrid a une philosophie : gagner. Mais le club de la capitale espagnole a également des habitudes de jeu, des forces et des faiblesses. Parmi les points où il pèche, sa difficulté à s’exprimer offensivement face aux blocs bas est malheureusement notoire.
En Ligue des champions, cette gêne face aux blocs bas est peu visible. Pour cause, plus les matchs s’enchaînent, moins il est probable de retrouver des équipes préférant jouer avec ce style de jeu. En Liga, cependant, la donne est différente, beaucoup d’équipes affichent un bloc bas.
En championnat, cette réalité peut s’observer pour deux raisons. Premièrement, elle peut être amenée par conviction tactique de leur entraîneur, comme avec l’Athletic Club d’Ernesto Valverde ou l’Atlético de Madrid de « El Cholo » Simeone. Ensuite, elle peut s’imposer par incapacité de rivaliser techniquement ou tactiquement, notamment pour les équipes de bas de tableau.
Cette saison en Liga, le Real Madrid a connu six matchs nuls et trois défaites. Sur ces neuf rencontres, sept matchs étaient face à des équipes évoluant avec un bloc bas. Alors, pourquoi les Madridistas ont autant de mal face à ceux qui mettent « le bus » ?
Depuis de nombreuses décennies, le Real Madrid s’est souvent présenté comme une équipe redoutable sur les phases de contre-offensives. Cet aspect tactique a été une des forces récurrentes du club, l’emmenant sur les plus hauts sommets du Vieux continent. Cependant, aussi redoutable, ce jeu de transition soit-il, il n’est efficace que contre des équipes qui acceptent de se découvrir, par moment, pour attaquer. Contre des formations qui s’y refusent, c’est là que tout devient plus complexe.
Néanmoins, la qualité technique intrinsèque des joueurs du Real Madrid est généralement bien supérieure, sur la scène nationale tout du moins, à celle de ses adversaires acceptant de jouer avec une défense regroupée dans leurs 30 premiers mètres. Ainsi, ils parviennent à trouver la solution. S’ils perdent rarement contre ces équipes-là, leur efficacité face au but en est amoindrie.
Par ailleurs, elle semble même moins redoutable qu’auparavant. Pour bien saisir tous les enjeux de cette baisse d’efficacité dans ce type de rencontre, il faut comprendre pourquoi cela marchait mieux avant, notamment entre 2014 et 2018.
Sur la dernière décennie, les joueurs de Zidane ou Ancelotti s’étaient illustrés par l’utilisation de leurs latéraux. Sans être les plus rapides de l’effectif, ils demeuraient surtout extrêmement complémentaires. Ceci, ajouté à la vitesse de Cristiano Ronaldo et Gareth Bale, permettaient de varier les plaisirs lors des contre-offensives. De la phase de jeu léchée à la simple poussée de balle, il y en avait pour tous les goûts.
De plus, la construction du onze titulaire était pensée dans ce sens. Plus créatif, Marcelo était celui qui pouvait le plus facilement éliminer des joueurs par le dribble lors des contre-offensives. Dans cette logique, le Brésilien était la rampe de lancement privilégiée du Real Madrid. Preuve en est, Raphaël Varane, Sergio Ramos, Pepe et Casemiro étaient tous droitiers, capable de servir le latéral gauche dans les meilleures conditions. En parallèle, Dani Carvajal menait la danse. Parmi d’autres qualités, l’Espagnol s’illustre par une qualité de centre exceptionnelle. C’est là que toute la différence se faisait.
En clair, si Marcelo et ses camarades de l’attaque ne trouvaient pas la faille dans le jeu de transition, le latéral droit servait Cristiano Ronaldo (encore lui) ou Karim Benzema via des centres parfaitement dosés. Ainsi, les hommes à la tunique blanche parvenaient à déjouer les tactiques défensives adverses, que les blocs soient bas ou non. De plus, la qualité technique d’un Toni Kroos permettait aussi de trouver des failles dans les plus petits espaces.
Aujourd’hui, les artisans des titres de cette glorieuse époque ne sont plus là. Seul rescapé, Dani Carvajal est à l’infirmerie. L’Espagnol devrait y rester un long moment après sa grave blessure d’octobre dernier et rien n’affirme que le joueur de 33 ans pourrait revenir au plus haut niveau. Alors, quel est l’état des joueurs de contre-offensives du Real Madrid ?
Sur cette génération, les latéraux madridistas sont bien moins créatifs et offensifs. Ainsi, le jeu de transition oblige à jouer dans la profondeur ou demande aux ailiers de venir chercher le ballon plus bas. De plus, plus aucun joueur aérien n’évolue en attaque. Chez les offensifs, Kylian Mbappé est le plus grand. Pourtant, le Français ne mesure que 1,78 m.
Enfin, les milieux du Real Madrid ne sont plus des spécialistes. Polyvalents, ils excellent autant dans les retours défensifs que dans les transitions offensives, en particulier pour Eduardo Camavinga et Federico Valverde. Dans l’axe, Aurélien Tchouaméni est plus un régulateur et gestionnaire que ne l’était Casemiro.
S’ils participent aux contre-offensives, ils ne sont pas aussi efficaces contre des blocs bas. Les acteurs de l’entre jeu du Real Madrid sont meilleurs balle au pied que dans la transmission, sans être ridicule dans ce domaine pour autant. Ils sont dans la droite lignée des milieux « box-to-box » qui font le sel de ces 8-10 dernières années. Ces profils permettent de rivaliser au niveau européen, là où l’intensité des matchs est décuplée.
Entre autres, le Real Madrid actuel est un pur produit de son époque. L’effectif semble bien plus adapté à performer en Ligue des champions, son objectif ultime et éternel, qu’à être irréprochable en Liga. Les qualités des attaquants et des milieux actuels du Real Madrid sont ailleurs que chez les générations précédentes. À certains postes, comme celui de latéral, la qualité intrinsèque des joueurs s’est amoindrie.
Ainsi, la faiblesse du Real Madrid est en grande partie due à son manque volontaire de chercher une solution à ce problème, via le recrutement de profils spécifiques. Force est de constater que les qualités exigées pour gagner un maximum de matchs en Liga ne sont absolument plus les mêmes que celles requises pour jouer le titre en Ligue des champions. Cependant, en 2022 et 2024, cette situation n’a pas empêché les Madridistas d’Ancelotti de s’imposer sur les deux plans. Donc, s’il y a de quoi s’agacer sur certains matchs, il n’y a rien à craindre dans l’absolu.