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·26 de marzo de 2026
Quand la LFP et le PSG galvaudent la Ligue 1

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La LFP a accepté la demande du PSG de reporter au mercredi 13 mai le choc du 11 avril à Bollaert face au RC Lens. Un choix effectué au nom de la protection de l’indice UEFA mais qui revient pourtant à tirer une balle dans le pied de la Ligue 1.
Le samedi 4 avril, quand le RC Lens jouera son derby à Lille, il faudra bien profiter de cette soirée… Car ce sera le seul match officiel des Sang et Or à se mettre sous la dent entre la victoire 5-1 du 20 mars dernier contre Angers et la réception de Toulouse le 17 avril. Un seul match sur une période de 4 semaines avant d’enchaîner une série de 3 matches en une semaine, est-ce vraiment possible au printemps, quand il n’y a pas de Covid-19 ou de phénomène météorologique ? Bien sûr que oui, quand vous évoluez sous l’égide de la LFP et que vous êtes censé avoir comme adversaire le PSG le 11 avril !
Car la décision prise ce jeudi par le conseil d’administration de la LFP est symbolique du pouvoir donné à cette entité de réécrire la trame narrative du scénario à sa guise, même quand le film est déjà lancé. Il suffit généralement que le PSG réclame, et la LFP lui donne, peu importe si en face, on n’est pas d’accord. Au nom du sacro-saint indice UEFA, le choc tant attendu n’aura peut-être jamais lieu. Peut-être, parce qu’on n’oublie pas la capacité des Lensois à préserver le suspense jusqu’au mois de mai. Mais en attendant, le rendez-vous est rangé dans les cartons, la cohérence du calendrier du RC Lens totalement sacrifiée et, du même coup, l’équité sportive aussi.
L’équité sportive, parlons-en. On est un peu tombé de notre chaise en entendant ou lisant quelques commentaires ici et là de partisans du PSG reprocher à Lens de ne pas vouloir respecter « l’équité sportive » en cherchant absolument à recevoir le club de la capitale entre ses 2 quarts de finale de la Ligue des champions, comme s’il était responsable du calendrier publié cet été et du rythme que doit assumer un qualifié pour la Ligue des Champions. Et surtout comme si l’impact d’un changement sur son propre calendrier n’avait aucune importance. Mais alors que dire de ce que l’on peut penser aujourd’hui du côté de Liverpool ? Le fondement même de la requête du PSG est de s’absoudre de toute équité sportive vis-à-vis des Reds. En Angleterre – et on peut s’attendre à ce que les lignes finissent par bouger –, on était déjà un peu abasourdi par le report du match contre Nantes entre les 2 confrontations contre Chelsea. Aussi puissants soient-ils, les clubs anglais, eux, ont la Ligue des champions pour rêve suprême et des impératifs liés au classement UEFA. Mais jusqu’ici, il ne leur venait pas à l’idée de reporter un match de championnat à ce titre. Parce que la Premier League, et pas que depuis que l’argent l’a massivement envahie, leur est précieuse.

Les Anglais aiment bien nommer la Ligue 1 la « Farmers League ». Un terme qui leur permet de désigner à la fois un championnat de second rang mais qui sert aussi de vivier à leurs clubs. C’est d’ailleurs pleinement le cas concernant Strasbourg, qui a aussi bénéficié d’un report de son match contre Brest, et assujetti à Chelsea. Comment leur en vouloir ? Comment changer cette image quand la LFP elle-même accepte de reléguer à ce point son championnat au second plan ? Quand elle accepte de compromettre l’existence d’une affiche à suspense entre le 2e et le premier, avec un contexte qui a tout pour faire frémir n’importe quel passionné à travers le monde, celui du petit qui vient mordre les mollets du grand ? Comment pleurer sur l’intérêt inexistant des diffuseurs pour notre championnat ? La Ligue, qui passe son temps à pleurer sur les droits TV, ne donne-t-elle pas, dans un sens, raison à Canal+ qui a décidé de laisser de côté le championnat pour investir sur les compétitions européennes ?
Jeter ce voile de brume sur la lecture du haut du classement, ce que l’on doit au report de PSG-Nantes, était déjà une hérésie. La protection des clubs européens doit avoir ses limites. Encore plus quand l’un des clubs concernés n’est pas d’accord. On n’ira pas jusqu’à faire une analogie avec des sujets bien plus graves, mais quand même, le consentement semble bien être la base de n’importe quelle relation saine, que ce soit dans la vie, dans le monde des entreprises ou sportif, non ? Mais la LFP et le PSG, parfaitement conscients du refus du RC Lens, ont préféré aller au bout, quitte à attiser encore un peu plus les tensions.
Et que dire du respect envers le public ? 38 000 personnes avaient réservé leur soirée du 11 avril et attendaient ce grand rendez-vous avec impatience. Combien ne pourront pas y assister en semaine, autour du 13 mai, entre la 33e et 34e journée, date à laquelle le match est désormais programmé ? Allez, on va maintenant digérer et continuer de rêver. Imaginez ce scénario, Lens qui maintient le suspense jusqu’au bout et peut se battre pour le titre jusqu’à la dernière journée. Ça ne sera pas bien grave, après tout, si trois ou quatre jours plus tard, il voyage jusqu’au Groupama Stadium pour y affronter une équipe de Lyon reposée, pendant que le PSG, avec la même problématique, mais avec son groupe élargi construit pour gérer une Ligue des champions, traversera la rue pour aller se frotter au Paris FC. L’équité sportive est préservée, qu’on vous dit. Heureusement, la LFP a proposé au RC Lens « d’aménager son calendrier pour avancer la rencontre RC Lens-FC Nantes (33e journée) au vendredi 8 mai au cas où le Paris Saint-Germain serait qualifié en demi-finales de l’UEFA Champions League ». Ouf !









































