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·14 de enero de 2026

République des joueurs, cécité volontaire, outrecuidance de Pérez : pourquoi le Real Madrid fonce dans le mur

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Une fois n'est pas coutume, le Real Madrid a surpris dans la manière et non le résultat. C'était couru d'avance depuis un mois : Xabi Alonso a été démis de ses fonctions après une défaite. Pas n'importe laquelle puisqu'il a échoué en finale de Supercoupe d'Espagne, lors d'un Clasico face au Barça (2-3). Le timing intrigue davantage. Alors que de nombreuses fuites médiatiques indiquaient que l'avenir du Basque n'était plus immédiatement en danger après la parenthèse saoudienne, un communiqué officiel publié lundi en début de soirée a mis brutalement fin au mandat d'Alonso. Un limogeage dont les joueurs n'étaient pas au courant.

Le principal intéressé, lui, a été mis au parfum par la voix du directeur général Jose Angel Sanchez, d'après la radio Onda Cero. Sans que Florentino Pérez ne daigne se manifester. Ce dernier élément jette une lumière crue sur la prétention d'un écosystème dont le sommet de la pyramide n'a pas été capable de laisser le capitaine du navire naviguer comme il l'entendait.


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Depuis le premier jour, une partie de l'état-major madrilène a cherché à mettre des bâtons dans les roues à son entraîneur. Celui dont on attendait qu'il façonne une nouvelle ère sportive. Soutien inexistant de ses supérieurs, manque de respect de certains joueurs, pression immédiate de résultats... La mission Xabi Alonso s'est révélée impossible. Son licenciement, inéluctable, illustre le fourvoiement d'une direction persuadée d'avoir raison alors que le réel lui donne tort depuis un an et demi. 

  1. A lire aussi : Le Real Madrid à l’heure des vérités après le départ de Xabi Alonso

Y'a-t-il un pilote raisonnable dans l'avion ?

L'épisode de trop, pour Xabi Alonso, a été la volonté de Florentino Pérez de réintroduire Antonio Pintus dans la préparation physique de l'équipe première. Le tacticien basque a logiquement perçu cette décision comme une offense. Même si le Real Madrid connaît un trop grand nombre de blessures depuis le début de saison, la dernière année sous Ancelotti - où Pintus officiait - a aussi été celle d'une infirmerie saturée. Est-ce parce que le mal est plus profond ? Le scandale de la nutritionniste Itziar Gonzalez, renvoyée de Valdebebas après que son travail a été soigneusement discrédité, tend à le faire croire. 

Au début du mois de novembre, alors que la tension montait entre Xabi Alonso et plusieurs cadres, le coach merengue a laissé éclater sa colère face au manque de professionnalisme de ses joueurs. "Je ne savais pas que je venais entraîner une garderie !", a-t-il déclaré lors d'un entraînement, d'après MARCA.

Un constat corroboré par les indiscrétions d'El Chiringuito, selon lesquelles Alonso devait sans cesse répéter à ses troupes de se rendre en salle de musculation. On croit rêver. Les écarts de la saison 2024-2025 ont laissé des habitudes qu'il sera difficile d'effacer. Devant l'indiscipline et le déficit d'implication d'une partie de son effectif, l'entraîneur a cru bon d'élever la voix. Sauf qu'à aucun moment, sa direction n'a tenu à lui prêter main forte. Une autorité saccagée pour préserver l'harmonie avec des cadres hors-sol. Loin d'abolir leurs privilèges, l'état-major les grave dans le marbre. Au risque de rendre l'équipe inflexible, et donc impossible à coacher.

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L'hubris, poison mortel pour le Real Madrid

Au cœur des révélations de ces dernières 48 heures, il en est une qui symbolise parfaitement le nœud du problème. D'après le journaliste Matteo Moretto, Florentino Pérez n'aimait ni le style de jeu prôné par Xabi Alonso, ni le contenu de ses séances d'entraînement. On savait que le Basque ne constituait pas son premier choix, on découvre une franche inimitié. Pourquoi le président du Real Madrid a-t-il donné son feu vert à la venue d'Alonso en mai dernier ? S'est-il laissé convaincre par son bras droit, Jose Angel Sanchez ?

Si tel est le cas, il demeure insensé d'évincer la tête pensante du projet sportif après seulement sept mois et demi. Deuxième de Liga, bien placé en Ligue des champions, encore en course en Coupe du Roi : les résultats restent honorables. Mais pas le contenu. À qui la faute ?

À son arrivée en Espagne, de retour d'Arabie saoudite, Xabi Alonso a eu une discussion avec un membre éminent de la direction lors de laquelle il a pointé l'excès de pouvoir des joueurs. "On ne peut pas leur donner autant de pouvoir, c'est impossible pour un coach de faire autorité dans un vestiaire si le club prend toujours le parti des joueurs", a-t-il affirmé dans des propos rapportés par la Cadena Ser. Réponse du club : licenciement avec effet immédiat. La preuve par l'absurde que le Real Madrid actuel accélère son déclassement.

Cet aveuglement méthodique, qui consiste à écarter toute voix dissidente au lieu de recueillir ses conseils, pourrait bien entacher la fin du septième (et probable dernier) mandat de Florentino Pérez. Le président du Real Madrid a une responsabilité historique : après tous ses accomplissements, il ne peut sacrifier plusieurs saisons sportives sur l'autel de ses préoccupations économiques. Assumer ses erreurs, remettre les joueurs dans le rang et repartir de l'avant : voilà un cocktail à sa mesure. Sans quoi le club risque d'être irrémédiablement décroché du wagon de tête des grands d'Europe.

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