12 mai 76 : il y a 50 ans, l'ASSE s'incline mais entre dans l'histoire | OneFootball

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·12 mai 2026

12 mai 76 : il y a 50 ans, l'ASSE s'incline mais entre dans l'histoire

Image de l'article :12 mai 76 : il y a 50 ans, l'ASSE s'incline mais entre dans l'histoire

Longtemps, l’AS Saint-Étienne a construit son histoire moderne sur les traces de la mythique épopée de 1976. Les "vrais verts" comme aiment les appeler les plus anciens, ont marqué toute une génération de passionnés puis les suivantes. La transmission, symbole du supportérisme stéphanois aidant. Ce 12 mai 2026, nous fêtons l’anniversaire de la plus célèbre défaite de l’histoire du football français.

La France a toujours hissé au rang d’idoles ses perdants magnifiques, à condition qu’ils ne trichent pas, l’été 1976 n’y coupera pas. Si au mois de juillet de la même année, Poulidor enfilait pour la seule fois de sa carrière un maillot jaune sur le Tour de France, offert par Jacques Anquetil, deux mois plus tôt, tout le pays vibrait pour le vert, celui de Saint-Étienne.


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Ce soir du 12 mai 1976, à Glasgow, l’AS Saint-Étienne dispute la finale de la Coupe d’Europe des clubs champions face au grand Bayern Munich. À la clé, une défaite (1-0), la légende des poteaux carrés, mais surtout une épopée fabuleuse qui mènera la bande à Larqué, dès le lendemain à parader sur les Champs-Élysées. Saint-Étienne a perdu, la France et les Parisiens acclament pourtant ces héros malheureux.

Sous les ordres de Robert Herbin, les Verts s’étaient lancés dans une campagne européenne quelques mois auparavant, imposant une vision de jeu propre à l’identité stéphanoise : sueur, travail, engagement et prémices d’un football total. Lors des premiers tours, face à Copenhague puis aux Rangers, Herbin et les siens impressionnent mais c’est en quart de finale contre Kiev que l’histoire va commencer à s’écrire, les Stéphanois déjouant les pronostics contre l’une des plus belles équipes de l’époque. Opposés au Dynamo Kiev du ballon d’or, Oleg Blokhine, les Verts subissent une lourde défaite à l’aller (2-0). Au retour, dans un stade Geoffroy-Guichard bouillant, ils réalisent un exploit retentissant en s’imposant 3-0 après prolongations. Rocheteau, dernier buteur de la rencontre, sous crampes, retrouve ses jambes de début de saison et reprend un centre de Patrick Revelli, le peuple vert bascule dans la folie. La légende est en marche.

En demi-finale face à Eindhoven, Larqué donne après 15 minutes du match aller à Geoffroy-Guichard un avantage qui sera suffisant sur l’ensemble des deux rencontres contre l’ogre hollandais de l'époque, Curkovic s'occupant d'écoeurer à lui seul, toutes les offensives bataves au retour dans la ville des Lumières. L’AS Saint-Étienne s’offre une finale de Coupe d’Europe des clubs champions, une première pour un club français depuis le grand Reims de 1956 et sa finale perdue contre le Real Madrid au Parc des Princes (4-3).

Début mai, direction Glasgow et Hampden Park pour près de 30 000 supporters. Une marée verte qui transforme ce 12 mai 1976 en fête nationale. Le match lui, ne tournera jamais en faveur des Verts, qui tentent tout face au Bayern de Franz Beckenbauer. Les fameux "poteaux carrés" privent les Stéphanois par deux fois d’un tout autre destin dans cette finale perdue sur le seul but de Franz Roth (1-0). En 2026, la légende de cette fabuleuse épopée et de son dénouement défavorable aux Verts a traversé le temps, au point que cinquante ans plus tard, on se demande, si ce soir de mai 1976, finalement ce ne sont pas les Verts qui ont gagné ?

Pour beaucoup d'observateurs, ce 12 mai 1976 restera gravé dans les esprits comme une date spéciale pour le football français. Un premier acte fondateur pour une nation encore en retrait sur la scène internationale. Vingt-deux ans plus tard, Aimé Jacquet et sa bande soulèvent la Coupe du Monde et pour le patron de la génération 1998, l’AS Saint-Étienne n’y est pas totalement étrangère : "Snella était un homme merveilleux qui te donnait cette passion du ballon. Albert Batteux, lui, c’est le grand Reims. Un choc. Quand il signe à Saint-Étienne, on est déjà champions, mais on découvre que l’on peut parler le football. On a des mots. Première causerie : quatre heures. J’ai tout pompé sur lui. J’ai eu envie d’entrainer quand j’étais joueur de l’ASSE car j’ai eu la chance de découvrir le maitre : Jean Snella. Ça a été le grand patron de beaucoup d’entre-nous, Robert Herbin et bien d’autres. Il nous a enseigné le football. Je pense avoir acquis grâce à eux cette passion de l’entraînement et de se mettre au service des autres.

Je n’étais pas là en 1976 mais joueur dans la génération précédente. Nous avons accueilli dans notre équipe tous ces jeunes... Larqué, Camérini, Merchadier, Synaeghel, Sarramagna. Ils étaient tous plein de talent et ils ont pris la relève pour amener ce club au très haut niveau".

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