Alain Pochat (Amiens SC) : « On sait qui est le fusible dans ces cas-là » | OneFootball

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·15 août 2026

Alain Pochat (Amiens SC) : « On sait qui est le fusible dans ces cas-là »

Image de l'article :Alain Pochat (Amiens SC) : « On sait qui est le fusible dans ces cas-là »

Après la nouvelle défaite de l’Amiens SC à la Licorne, vendredi face à la Roche VF (0-1) pour le compte de la 2e journée de Ligue 3, Alain Pochat s’est arrêté devant la presse pour livrer son analyse de la situation. Sans langue de bois.

Un rendez-vous manqué pour l’Amiens SC

Alain, on tombe un peu de haut à l’issue de ce match…


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Oui, c’est sûr que ce n’est pas le scénario qu’on souhaitait. On était dans un état d’esprit pour, comme on l’avait dit avant le match, redonner des couleurs au stade avec une victoire et trois points. Malheureusement, ce n’est pas le cas ce soir. Maintenant, derrière, il faut rebondir vite puisque ça revient très rapidement. C’est aussi ça l’avantage : on va déjà jeudi au Puy. Il faut qu’on ramène des points de là-bas pour effacer cette désillusion de cette défaite et de ces trois points perdus.

Il y avait de la frustration évidemment, mais on a aussi senti les joueurs stressés…

Je n’ai pas reconnu l’équipe en première mi-temps. Je leur ai dit : « Je veux bien perdre des matchs, mais pas comme ça ! »C’est-à-dire : lâchez-vous ! Il y avait beaucoup de joueurs avec le frein à main ou inhibés, qui ne tentaient pas ce qu’ils tentent d’habitude… A l’image d’Alvin (Doucet), qu’on a vu sur la préparation contre des adverses coriaces, un peu mieux dans l’utilisation du ballon, dans les duels.

C’est ce que je leur ai dit à la fin de la partie : on est en phase d’apprentissage pour certains, mais il faut apprendre vite. Parce que pendant ce temps-là, les autres équipes avancent. Il faut rapidement que les joueurs prennent conscience qu’il faut être bien plus costauds dans le secteur offensif, dans les duels offensifs et dans la zone de finition, pour être capables de faire des différences dans ces zones-là.

L’analyse du match et de l’arbitrage

Défensivement, vous n’avez pas concédé grand chose…

Défensivement, je pense qu’on n’a pas trop concédé. C’était peut-être le cheval de bataille du début de la préparation, et je trouve que même face à cette équipe-là, qui compte de très bons joueurs, on n’a pas été trop mis en danger. Yannick n’a pas eu grand-chose à faire.

Après, ce qui est râlant, c’est que le match bascule sur un penalty un peu généreux, on va dire. Et qu’à l’inverse, de l’autre côté… C’est pour cela que pour le même type de faute ou quasiment la même chose, il n’y a pas la même décision. C’est dommage, mais je pense qu’il y avait la place au moins pour tirer un point.

C’est un problème physique ou mental selon vous, cette première mi-temps où vous étiez en retard dans les duels ?

On va regarder les données GPS parce que cela sert à ça. Mais oui, je trouve qu’on n’était pas dans le bon tempo sur l’agressivité, sur les temps de passe. On était un peu en retard ou entre deux. Je pense que c’est la peur. C’est plus pour moi l’aspect mental, d’avoir peur de se faire rattraper. Est-ce qu’on a peut-être survalorisé cet adversaire et que du coup, avec la victoire de cette équipe contre Versailles, cela a mis une crainte supplémentaire aux joueurs, en plus de jouer le premier match ici à La Licorne ?

En tout cas, c’est vrai que ce n’était pas l’équipe qu’on avait l’habitude de voir sur tous les matchs depuis le début. Même à Fleury, je pense que c’était mieux dans l’entame, dans le pressing, dans tout ça. Là, c’était un peu à contre-courant.

Les choix tactiques et la gestion de l’effectif

Quelle était votre idée de départ, notamment avec la présence d’Enzo Somon et d’Alexis Giacomini au milieu ?

C’était pour pouvoir presser haut, parce qu’Alexis a cette capacité d’aller chasser haut, d’être très dynamique sur le pressing justement, et puis d’être utile dans la phase offensive. L’idée était de jouer avec Adrien (Julloux) un peu en pointe basse, puis Cazim (Suljic) et Giaco (Alexis Giacomini) un peu plus haut, afin d’étirer le bloc adverse.

On savait qu’ils défendaient forcément à cinq, mais aussi parfois à quatre, donc c’était de mettre de la largeur avec Enzo (Somon) et Zoub (Zourab Sopromadze). Il y a eu des séquences intéressantes. Après, quand on est sur un côté, il faut que de l’autre côté on pénètre dans la surface, qu’on vienne faire des courses. Cela, par moments, on ne l’a pas coordonné de la bonne manière.

Sur la sortie d’Alvin Doucet, cela répondait à l’envie de jouer autrement en seconde période ?

Oui, parce qu’en fait, on avait identifié que leur capitaine était plutôt lent et qu’il n’aimait pas tout ce qui était jeu dans le dos. Pour moi, l’idée était que Mathis (Colin) aille faire des courses dans le dos. Je pense qu’il y en a eu deux ou trois qui auraient pu être mieux négociées. Encore une fois, dans les dernières passes, dans ce jeu combiné qu’on peut avoir derrière la défense, il faut qu’on travaille ça.

Et puis je trouvais Alvin (Doucet) aussi un peu en difficulté. C’était l’idée, et pareil pour Ély (Julien) de le faire rentrer. Pour Enzo (Somon) aussi, on savait que sur la durée, ça allait peut-être pécher un peu. On avait un gaucher aussi avec Côme (Fromager). On a fait des changements pour essayer de dynamiser tout ça. Ça n’a pas marché, mais cela fait partie du football.

On fait le même constat que la semaine dernière sur les côtés : peu de dynamisme, peu de vitesse, peu de centres…

Oui, mais aussi parce que quand l’adversaire mène au score, il y a moins d’espaces. Ils défendent en bloc médian ou bas, ils attendent les contres. C’est la difficulté quand vous êtes mené à domicile : l’équipe adverse emmagasine de la confiance, elle est en position d’attente et sait qu’elle peut contrer et aller vite. Il y a donc moins de possibilités d’aller jouer derrière. On l’a eu sur deux ou trois coups, mais encore une fois, il faut mieux négocier ces situations pour apporter plus de danger et finir par marquer, car c’est ce qui nous fait défaut sur ces deux matchs.

La pression et la suite de la saison

Un point en deux matchs, zéro but marqué et déjà de la pression… Cela va s’intensifier si les résultats n’arrivent pas ?

Ça fait partie du jeu, on le sait ! De toute façon, on sait aussi qui est le fusible dans ces cas-là, donc il n’y a pas de souci, j’ai l’habitude ! On va avancer. C’est ce que je leur ai dit : ce qu’on a dit depuis le début de la saison sur le fait qu’on avait un bon groupe dans l’état d’esprit et dans l’investissement, c’est bien. Je les ai avertis dès le mois de juin : c’est facile quand il n’y a pas les premiers choix et que tout le monde est d’accord. Là, il y a les premiers choix, c’était déjà une première phase.

Si on est inhibé ici à La Licorne, qu’est-ce que ce sera à Caen ou à Bastia ? Alain Pochat, entraîneur de l’Amiens SC

Et quand le bateau tangue comme là — parce qu’on aurait préféré gagner ou prendre un point —, il faut montrer que tout le groupe est là, répond présent, a envie de grandir, de progresser et d’aller gagner au Puy dès jeudi. C’est comme cela qu’on voit la force d’un groupe. Il faut grandir, il y en a certains pour qui il y a un apprentissage à faire. Et si on est inhibé ici à La Licorne, qu’est-ce que ce sera à Caen ou à Bastia ? Il faut qu’ils apprennent, mais ce n’est pas grave, cela fait partie du jeu.

A vous entendre, ça ressemble à une première petite tempête…

Non, ce n’est pas une tempête. C’est la preuve que ce championnat est difficile. Je le connais très bien, il faut grandir vite. Après, il n’y a pas matière… On n’a pas pris un « feu de fou » face à un adversaire qui nous a fait tourner dans tous les sens où il n’y aurait rien à retenir, ce n’est pas le cas.

Défensivement, on a très peu concédé encore une fois. On voit que Fleury a été faire match nul à Cannes, face à une armada pas possible. Il y a des choses qu’on doit garder et retenir, car il y a du positif dans les deux matchs. Après, il y a des choses à corriger et à améliorer. Si le penalty n’est pas sifflé, on s’en sort à 0-0 et cela aurait peut-être été un bon point malgré tout. C’est le football : penalty, poteau entrant, poteau sortant…

Propos recueillis par Romain PECHON

Crédits photo : Baptiste Fernandez/Icon Sport

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