Alain Pochat après Amiens SC – Le Mans : « S’il faut marquer 4 buts pour gagner… » | OneFootball

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·21 mars 2026

Alain Pochat après Amiens SC – Le Mans : « S’il faut marquer 4 buts pour gagner… »

Image de l'article :Alain Pochat après Amiens SC – Le Mans : « S’il faut marquer 4 buts pour gagner… »

Pour sa première au stade de la Licorne en tant qu’entraîneur de l’Amiens SC, Alain Pochat a vécu un véritable calvaire. Battu par Le Mans (3-4) dans les derniers instants, le club picard se retrouve désormais à égalité avec le premier relégable. Pour autant, le successeur d’Omar Daf s’enfonce dans la positive attitude. Entretien.

Quel est votre sentiment après ces dix dernières minutes fatales à l’Amiens SC ?

Je dirais 15 parce qu’on prend le carton à la 83e et on rajoute 8 minutes de jeu. Donc ça fait 15 minutes à 10. Ça c’est encore la fin du match, mais je pense qu’il y a quand même plusieurs temps dans ce match. C’est l’entame, c’est la réaction et après c’est ce qui s’est passé dans les dernières minutes qui nous pénalise vraiment fortement. C’était un match un peu tout fou, avec un démarrage vraiment compliqué. Il y a un aspect psychologique quand on prend un but au bout de trois minutes (1m30, ndlr).


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Si on m’avait dit qu’on démarrait au bout de 10 minutes (13 minutes, ndlr) à 2-0 contre le Mans et qu’on reviendrait et que ça finirait à 3-3 en deuxième mi-temps, j’aurais été un peu sceptique. Parce que c’est une équipe qui performe et qui est l’une des meilleures défenses de la poule. Nous à l’inverse, on prend 4 buts dont 2 sur coups de pied arrêtés… Il y a encore pas mal de cadeaux. C’est un secteur de jeu où on doit vraiment s’améliorer. Pour gagner un match, s’il faut marquer 4 buts, c’est compliqué.

On a le sentiment que ce carton rouge est un vrai tournant…

Bien sûr que c’est un tournant et il y en a même en première mi-temps. Parce que s’il y a un joueur qui sort à la mi-temps, ce n’est pas par hasard (Lucas Bretelle). Je viens d’arriver en Ligue 2, je ne vais pas commencer à me mettre à dos les arbitres. Vous l’avez vu comme moi, je pense qu’il y a des décisions un peu surprenantes. Maintenant, elles sont prises et on ne peut rien y faire, mais c’est vrai que ça joue sur le scénario du match. En première mi-temps, il y a un joueur délibérément qui fait main, qui shoote dans le ballon et il ne prend pas le jaune. Vous faites ça à n’importe quel moment du match, il a le jaune, c’est sûr. Sauf qu’il a un premier jaune, ça doit se terminer par un rouge.

« On a tellement de choses encore à mettre en place pour aller chercher ces points »Alain Pochat, entraîneur de l’Amiens SC.

Après, il y a un joueur (Coleen Louis, ndlr) qui sort avec un œil comme ça, fermé, avec une estafilade, on voit qu’il y a une griffure ou je ne sais quoi, il saigne, rien. Voilà, jaune. Heureusement qu’il n’y a pas la VAR, je pense, mais bon, c’est comme ça, on ne peut rien y faire de toute façon. C’est ce que j’ai dit aux joueurs, il ne faut pas faire les caliméros, s’apitoyer sur notre sort. On a tellement de choses encore à mettre en place pour aller chercher ces points. Il faut qu’on corrige les erreurs qu’on peut faire, parce qu’on en fait encore trop.

Par contre, j’ai trouvé que l’équipe avait quand même eu de l’allant, avait essayé des choses dans le jeu. Je pense qu’on a posé quelques problèmes à cette équipe du Mans qui a pour habitude de ne pas laisser grand-chose à son adversaire. Elle met des roustes un peu à tout le monde. Il faut s’appuyer là-dessus, sur ce qui a été positif dans ce match. C’est vrai que dans la situation dans laquelle on est, c’est un peu un sentiment partagé et surtout un peu d’injustice aussi. Je leur ai dit que quand on a un peu ce sentiment d’injustice, ça doit nous permettre de se révolter et de se dire que le match suivant, ce n’est pas possible, ça ne peut pas tourner dans ce sens-là à chaque fois.

Aviez-vous l’impression d’avoir pris l’ascendant en deuxième période ?

Oui, je pense qu’on avait mis des choses en place qui permettaient de pouvoir tenir le ballon, de pouvoir poser des problèmes. L’idée c’était aussi d’amener de la fraîcheur en deuxième partie, on avait des cartouches intéressantes avec Ilyes Hamache, Sam (Samuel Ntamack), Teddy (Averlant). On voulait gérer le match avec différents profils en amenant encore de la verticalité avec certains joueurs, avec des joueurs de pied aussi. Je pense qu’on était sur une deuxième mi-temps qui pouvait être intéressante, si on la finit à 11 contre 11.

Qu’est-ce qui vous a plu sur ce match ?

On a travaillé des choses par rapport à leur système, un système que je le connais par cœur parce que je l’utilise aussi beaucoup. Je sais ce qui peut m’embêter aussi face à ce système. Je n’aime pas le rapport de force quand on joue en 3-5-2 contre un 3-5-2. Je pense que le Mans est plus huilé que nous, plus puissant. Il y avait plus de choses chez eux qui sont bien plus appliquées par rapport à leur saison dernière. Ils surfent là-dessus et ils ont des joueurs qui sont restés de la saison dernière. Ils ont vraiment une force collective. L’idée c’était de contrer ça en jouant plutôt à 4 avec des excentrés larges, avec des latéraux un peu intérieurs pour créer des surnombres sur les côtés. Je pense qu’on a posé des problèmes. En une semaine, ce n’est pas facile de tout mettre en place. J’espère que ça va nous servir pour la suite aussi.

L’Amiens SC se retrouve désormais à égalité avec le premier relégable. Est-ce que cela change quelque chose ? Cela peut-il déboucher sur une vraie prise de conscience ?

Au final, tant qu’on ne prend pas de points, le classement ne sera pas bon. Il faut prendre des points, c’est une lapalissade, mais c’est la réalité aussi. Les autres aussi peuvent gagner des matchs. Le prochain match, si on le gagne, cela nous remettra une bouffée d’oxygène, on prendra un peu d’air par rapport à Bastia. Il ne faut pas que je me focalise, ni les joueurs, sur le classement. On verra le 9 mai. Comme on dit tout le temps, c’est à la fin des vendanges qu’on compte les barriques.

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Alain POCHAT (Anthony Bibard/FEP/Icon Sport)

« Je n’aime pas ressasser du noir et l’aspect négatif. J’aime qu’on soit quand même ambitieux, même si on est conscient de la réalité »Alain Pochat, entraîneur de l’Amiens SC.

Si on met tout le temps ça dans le cerveau des joueurs, à un moment donné ça devient du pessimisme. Bien sûr qu’on n’est pas bien classé, mais il faut regarder comment on fait, quels ingrédients on met, qu’est-ce qu’on travaille pour aller à un classement qui nous permette de rester en Ligue 2. Je n’aime pas ressasser du noir et l’aspect négatif. J’aime qu’on soit quand même ambitieux, même si on est conscient de la réalité. On n’est pas fous. On ne peut pas faire les caliméros sur l’arbitre pendant 15 jours, jusqu’à Bastia, ce n’est pas possible. Sinon, on se tire une balle dans le pied.

Pour parler de positif, on peut évoquer le match de Nordine Kandil dont la présence sur le terrain change beaucoup de choses…

On sait que Nordine (Kandil) est un bon joueur de foot. Quand il joue sur le côté, il amène sa qualité de pied, il peut passer, il peut dribbler. Ryan Lutin aussi est un peu dans ce registre. Je parle beaucoup de connexion. Quand on a un joueur de pied comme ça, il faut avoir la capacité à plonger dans les demi-espaces. On a encore un déficit dans ce domaine. On a beaucoup de joueurs de pied, mais il faut des joueurs qui aillent creuser dans la surface, qui plongent comme on l’a fait sur le but d’Antoine (Leautey). On essaie de travailler ça, maintenant il faut aussi ne pas prendre de buts.

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Quel est l’état d’esprit au sein du vestiaire après cette nouvelle défaite ?

Abattu forcément. Il y a aussi un sentiment d’injustice. Sur l’investissement, les gars ils y sont, on ne sent pas une équipe qui est résignée ou qui a lâché. Au contraire, elle se révolte un peu. Ça fait du bien aussi de sentir qu’il y a un peu de révolte par rapport à ce qui peut se passer sur le terrain et sentir que même le banc est là, notamment sur les décisions qui pouvaient être prises. Si on sort à 3-3, dans les têtes ce n’est pas pareil.

Comment va se dérouler la trêve et avez-vous le sentiment qu’elle tombe à pic pour avoir le temps de travailler en profondeur ?

On va travailler, parce qu’on a besoin de travailler. On a un match amical prévu contre Dunkerque, jeudi matin. On va aussi doubler les séances. Cette trêve aurait été meilleure avec un point. Franchement, je suis content de ce qui se passe à l’entraînement. Je vois des garçons qui ont monté le curseur sur l’intensité, sur l’investissement. Qu’ils soient au moins récompensés, même à 10, d’un point, ça aurait sûrement mis un peu de baume au cœur pour repartir lundi. Il va falloir encore une fois laver les têtes et se dire qu’il reste encore assez de points à prendre pour se maintenir.

Propos recueillis par Romain PECHON

Crédits photo : Anthony Bibard/FEP/Icon Sport

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