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·9 janvier 2026
Alain Pochat avant Bordeaux-Bayonne : "Jouer au Stade Atlantique en N2, c’est une anomalie"

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·9 janvier 2026

Avant le déplacement de l’Aviron Bayonnais FC sur la pelouse des Girondins de Bordeaux, Alain Pochat s’est confié à WebGirondins. L’entraîneur basque, fort de plus de 350 matchs dirigés en National 1, revient sur le très bon début de saison de son équipe en National 2. Il évoque ses ambitions mesurées, son regard sur le Bordeaux de Bruno Irlès et les clés du choc à venir au Stade Atlantique. Un entretien riche avec l’un des coachs les plus expérimentés de la division.
WebGirondins : quel est votre parcours, car vous êtes très expérimentés avec plusieurs montées en N1 à votre actif, et plus de 350 matchs dirigés en N1 ?
Alain Pochat : Je n'étais pas programmé à vivre ce parcours d'entraîneur. J'ai été joueur amateur en CFA2, puis je suis devenu éducateur très tôt à l'âge de 18 ans. Je me suis formé et j’ai passé mes diplômes. J'ai une formation universitaire que j’ai passée à Bordeaux. J'ai vécu de belles expériences dans différents clubs.
Comment expliquez-vous vos bons résultats du début de saison ?
On surfe sur la dynamique de la saison dernière, où nous avons eu un parcours exceptionnel avec 17 points d’avance en avril. Notre réserve est montée en R1, les filles aussi. Nous avons gardé une grosse ossature de cette équipe que nous avons renforcée par petites touches en respectant notre budget. On a fait des coups intelligents. On a pris petit à petit la mesure de ce championnat, on aurait signé de suite pour un tel début.
Votre axe d’amélioration est-il sur la finition devant le but ?
Oui, on n’est pas assez tueurs dans nos temps forts et on reste à la merci d’un adversaire. On doit encore s'améliorer. Notre équipe est assez jeune avec des joueurs qui découvrent le championnat. On a beaucoup d’occasions de marquer dans nos matchs. On doit être plus efficace.
Est-ce que vos joueurs ne payent pas leur activité, leurs efforts, le pressing tout terrain ?
On a ses occasions, car on presse, car on est haut pour les avoir. On se précipite un peu, on manque de justesse parfois. Si on avait un buteur comme Jérémy Billy des Herbiers… on ne peut pas se le payer. On doit faire progresser nos joueurs match après match devant le but.
Allez-vous adapter vos objectifs avec cette 3e place à mi-saison ?
Notre feuille de route était tracée jusqu'au match aller. Il reste encore deux matchs à jouer. La deuxième partie de saison peut être complètement différente de la première. Les autres clubs serrent les boulons, on s’attend à ça. Ce sera la course aux points. Maintenant on est à cette 3e place et on va tout faire pour gagner des matchs. C’est un marathon et il faudra de l’endurance mentale.
Vous avez recruté Mario Fortunato, un joueur intéressant pour le National 2, allez-vous jouer la montée ?
C’est compliqué d’afficher des ambitions face aux écuries qui nous entourent. Il y des effectifs plus armés que le nôtre et nous ne sommes pas programmés pour la montée. Après, je suis un compétiteur, et je demande aux joueurs de jouer chaque match pour le gagner. J’ai déjà vécu des montées, il faut être bien placé en étant caché.
Vous êtes un spécialiste des montées en N1 et un habitué de la troisième division, l'ambition est de monter avec Bayonne sous combien d'années ?
C’est l'objectif qu'on m'a présenté, remettre le club a un niveau plus conforme à son passé. Mais le championnat est très dur, avec une seule montée. On verra ce qu’on est capable de faire, mais il faut que le club avance à tous les niveaux. La Ligue 3 va devenir professionnelle et les structures du club doivent aussi suivre. Il ne faut pas que le sportif avance trop vite.
Quel est votre œil sur les Girondins de Bordeaux de Bruno Irlès ?
C’est une équipe bien en place en 442, organisation bien connue de Bruno Irlès que j’ai croisé plusieurs années en N1 à Pau et QRM. Il est fidèle à ses principes avec des ailiers qui percutent sur les côtés et des attaquants qui sont performants devant le but. C’est une équipe avec un jeu intéressant et qui pose des problèmes. Sa dynamique est positive. Ce sera un match différent des autres de par le contexte.
Comment se passe l'intégration de l'ancien bordelais Marvin de Lima ?
Il a été formé à l'Aviron. Il s’est retrouvé le bec dans l’eau lété dernier. Il s’est entraîné la saison dernière avec nous en début de saison. À l'intersaison, je l’ai sondé. On est content, car s’il performe, c'est qu'il nous aura permis de faire de bons matchs. Je lui souhaite de retrouver un niveau supérieur. Il joue aux postes offensifs excentrés ou sous les attaquants. En N2, sa créativité est très intéressante.
Dans les 10 prochaines années, pensez-vous qu’un club basque puisse jouer au haut niveau ?
Ça fait plusieurs années qu’on se le dit. Nous sommes dans une terre de rugby et c’est difficile d’exister. Il faut unir ses forces et créer un club basque, car tout le monde végète à un niveau “bâtard” avec des moyens financiers limités. Je suis surpris qu'il n'y ait pas plus de clubs en N1 en Nouvelle-Aquitaine. On a besoin de locomotives.
Comment fonctionne le recrutement à l'Aviron ?
Je suis en relation avec Cherif Djema, qui était scout et qui est devenu directeur sportif à temps plein. Il a une grosse connaissance des championnats de N3 et N2. Il voit beaucoup de matchs. Il y a une connexion entre nous pour le recrutement. Je souhaite des joueurs capables de jouer à deux postes avec un bon état d’esprit. On avait recruté 17 nouveaux joueurs lorsque je suis arrivé en N3. Aujourd’hui, nous faisons des retouches pour travailler sur une ossature.
Comment jugez-vous le championnat de N2 ?
C'est très homogène avec des équipes qui se valent. Il y a des équipes qui se sont professionnalisées, avec beaucoup de joueurs, de gros staffs. C’est monté d’un cran. Il y a des coachs avec BEPF qui viennent en N2 entrainer, car les places sont chères. Il y a de la compétence partout, ce qui hausse le niveau du championnat.
Quel est le secret pour monter ?
Il faut une alchimie à tous les niveaux, de la cohésion et une force collective. Il faut aussi de la réussite et être en vie au mois de mars, avril pour faire une série. Il faut une alchimie positive dans tous les clubs.
Santiago Cucci, votre président propriétaire, vous a-t-dit quelques mots sur ce match face à Bordeaux ?
Non, il n’y a pas de motivation particulière. C’est un match à part, forcément, de gala. C’est un club titré. Jouer au Stade Atlantique, c'est une anomalie pour nous en N2. On le prend comme un bonus. J’espère qu’on ne sera pas inhibé et que nous pourrons gérer nos émotions.
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