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Le 11 Amiénois

·18 août 2026

Alain Pochat avant Le Puy – Amiens SC : « Il faut un peu de patience »

Image de l'article :Alain Pochat avant Le Puy – Amiens SC : « Il faut un peu de patience »

Moins d’une semaine après la première manquée au stade de la Licorne, l’Amiens SC va tenter d’inverser la dynamique face au Puy-en-Velay, jeudi pour le compte de la troisième journée de Ligue 3. Juste avant ce déplacement, Alain Pochat a demandé de la patience sur les attentes autour de son équipe.

Son analyse de la défaite face à La Roche VF

Dans quel état d’esprit vous vous trouvez avant d’aller au Puy après-demain ? N’avez-vous pas le sentiment qu’après la défaite de la Roche du, face à un adversaire de grande qualité, est-ce qu’il n’y aurait pas un climat de méfiance qui s’installe, notamment auprès des supporters ? Est-ce qu’on va trop vite, alors que tout est en reconstruction ?


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Apparemment, maintenant dans le foot, c’est clair, net et précis, on n’a pas de temps. Même si on a 25 joueurs nouveaux, je m’aperçois qu’on devrait déjà gagner tous les matchs et être premier pendant 34 journées j’ai l’impression. Je ne suis pas totalement d’accord pour dire que la victoire de la Roche est méritée.

Moi, j’ai revu le match quatre fois, je l’ai décortiqué. Des fois, on fait des analyses à chaud, mais je pense que le match nul aurait été largement mérité. Parce qu’il n’y a pas eu tellement d’occasions de part et d’autre. Je n’ai pas vu Yannick Pandor faire des arrêts dans tous les sens.

Je pense qu’il y a un pénalty qui peut être sifflé, qui a été sifflé d’un côté. Je pense que l’autre, pour l’avoir bien vu et avoir discuté après la rencontre avec l’arbitre, il reconnaît qu’il y avait un contact. Et quand il y a contact dans la surface, je suis désolé, mais ça se siffle aussi. Après, on tire des conclusions qui sont apparemment très ciblées

Moi je vais au Puy avec un groupe qui travaille, qui est en construction et qui cherche des solutions dans le secteur où pour le moment on est défaillant sur les deux premiers matchs, le secteur offensif. On travaille là dessus avec le staff, on fait de la vidéo. Après, il faut un peu de patience malgré tout mais je sais qu’on en a pas malheureusement dans le football. On le voit à Nantes, avec (Michel) Der Zakarian, au bout de deux matchs, il est déjà sur la sellette …

Vous en avez reparlé pendant la préparation Amiens marquait beaucoup. C’est un déclic à avoir ? Dès que le premier but va arriver ça va libérer un peu tout le monde ?

C’est un tout. C’est des joueurs qui doivent trouver les solutions suivant tel ou tel adversaire. On en a rencontré deux différents, avec deux systèmes différents. Fleury qui jouait en 4-4-2, La Roche qui jouait en 3-4-3. Il faut trouver des solutions différentes. C’est pour ça qu’on cherche aussi, nous, des solutions différentes à chaque match.

Après, je pense que là où il y a eu un déficit, c’est notamment sur les courses à haute intensité. C’est ce qu’on a fait remonter aux joueurs dès dimanche à la première séance. On cherche des associations de joueurs. On cherche à montrer par la vidéo qu’il y avait des options à utiliser qu’on n’a pas utilisées. C’est un travail.

Marquer des buts, c’est le plus difficile en foot. Défendre, en général, c’est quand même plus facile. C’est (Marcelo) Bielsa qui disait que les deux ou trois principes défensifs, ce n’est pas très sorcier à mettre en place.

Par contre, je ne sais pas si vous avez regardé le match de Paris contre Lens, mais même à 10, voilà … Des fois, défendre, c’est aussi une force. Mais aussi pour certains, la capacité à contourner un bloc, à trouver les failles. Des fois, il n’y a pas tout de suite la solution. Mais c’est le plus difficile en football.

Maintenant, on a marqué des buts en prépa. Je pense qu’ils n’ont pas été que du fait du hasard ou d’un coup de chance. Donc, on doit être capable de le reproduire en championnat. Je n’ai pas de doute là-dessus.

Malgré la défaite vendredi soir, les supporters ont dévoilé un message plutôt positif, ils ont soutenu l’équipe. Qu’est-ce que vous avez pensé de cette première à la Licorne ?

C’est bien parce que je trouve que c’est très positif pour eux, pour les joueurs. Je pense qu’on a eu une réunion qui a été positive aussi à ce niveau-là, de pouvoir discuter avec les supporters pour montrer qu’on souhaitait qu’il y ait un rapport de confiance et que les joueurs feront tout ce qu’ils peuvent pour gagner les matchs.

Encore une fois, quand on prépare un match ou quand on rentre sur le terrain, c’est pour gagner. Après, il y a comment chacun gère la première à la Licorne, le fait d’avoir un adversaire de qualité qui avait quand même mis trois buts à Versailles, qui est quand même aussi une équipe qui est prétendue dans les équipes qui peuvent monter.

On est content que le public et les supporters puissent encore nous encourager. C’est ce qu’on s’était dit à la réunion, c’est qu’il faut un peu de patience. Ils l’ont compris. Bien sûr qu’on aurait préféré fêter tous ensemble une victoire et prendre les trois points dès la première journée pour qu’on soit sur les bons rails et que ça amène du positif.

Maintenant, dans le football, il n’y a rien de rationnel. Il faut faire avec et il faut rester très concentré, focus et avoir le soutien de ceux qui veulent nous soutenir et c’est parfait.

Son regard sur l’animation offensive, les critiques et l’impatience autour de l’équipe

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Vous avez beaucoup de profils différents. Mathis Colin le disait en fin de préparation, tous les attaquants ont des profils un petit peu différents. C’est ce qui pouvait faire la force. Est-ce que vous vous interdisez encore des changements de rotation pour voir un peu tout le monde ensemble ?

Bien sûr que quand on démarre un championnat, on a peut-être au départ une idée d’une équipe. Après, on cherche aussi les meilleures associations possibles, les connexions. Donc, avec les différents profils, je pense qu’on a choisi des profils justement qui sont complémentaires.

Que ce soit des points d’appui comme Marvin (Adelaïde), comme Alvin (Doucet). Après, des joueurs de profondeur ou des joueurs de pied comme Enzo Somon. Même si apparemment, il n’a pas joué à son poste d’après ce que j’ai compris. Il faudrait qu’on me dise quel poste il doit jouer.

Et puis derrière, il y a des joueurs comme Lassina Diakite qui avait fait des bonnes choses en préparation. Qui est un jeune joueur qui est en apprentissage aussi parce qu’il découvre peut-être des animations différentes. Donc, tout ça, ça se travaille, ça ne se fait pas d’un claquement de doigts. Mais moi, je suis confiant par rapport à ça. Je n’ai pas de soucis, mais il faut laisser un peu de temps au temps.

On est à la deuxième journée. J’ai l’impression que ça y est on est relégable… On est qu’à deux points de Caen, qui est le leader incontesté de cette division en termes de budget, de joueurs. Et ils en ont pris quatre à Thionville. Pourtant, on en avait parlé avant le match. Je vous avais dit, ça ne sera pas une partie de plaisir. La preuve.

Donc, eux, ils ont aussi un souci défensif apparemment. Parce que si on fait le constat sec après le match, on se dit que Caen ils en ont pris quatre, ils vont avoir des problèmes défensifs… On n’a même pas vu le match, mais bon, bref. Il faut être mesuré dans tous les sens.

Je ne sais pas si vous vous souvenez aussi quand Luis Enrique est arrivé à Paris, il s’est fait dézinguer ! Tout le monde lui crachait dessus. À un tel point qu’à un moment donné, il a dit aux journalistes. Vous n’allez pas comprendre ce que je veux faire. Puis maintenant, tout le monde trouve en lui le meilleur entraîneur du monde.

Aimé Jacquet avant la coupe du monde (1998), il s’est fait dézingué ! C’est comme ça. Je sais, je ne suis pas dupe. Je sais que c’est le métier, ça fait 30 ans que j’entraîne. Ce n’est pas aujourd’hui que j’apprends que ça se passe comme ça, mais quand même ..

Dans tous les métiers, vous mettez quelque chose en place. L’agriculteur qui plante, il ne dit pas que ça doit pousser ou qu’il doit faire des résultats tout de suite. Il travaille, il met des choses en place. Mais le foot, on dirait qu’on ne travaille pas. Qu’il suffit juste d’aligner des joueurs sur un terrain. Et que si on n’a pas fait les bons choix, le coach n’est pas bon …

C’est un travail, on passe des diplômes pour ça. Donc on travaille et on fait des choses pour essayer d’optimiser l’équipe. Et après, il faut un minimum de confiance. Si déjà, au bout de deux journées, on met la fièvre à tout le monde… Déjà qu’on est tous conscients qu’il y a des joueurs qui découvrent le niveau, des jeunes joueurs à qui on tend la perche de la formation.

Donc si on ne leur laisse pas un peu de temps et qu’on leur met une pression supplémentaire, parce qu’ils ne sont pas fous, ils lisent, ils entendent. Moi, je trouve que ce n’est pas aider l’équipe. Mais ça fait partie du jeu, c’est comme ça.

Vous parliez du temps qui manque souvent aux coachs, notamment en Ligue 1. Vous parliez de Luis Enrique, d’Aimé Jacquet… Est-ce que c’est un discours aussi que vous transmettez aux joueurs pour évacuer un petit peu de pression ? Parce que j’imagine que quand on est jeune, c’est difficile aussi à gérer tout ce qui se dit autour d’un groupe de foot.

Bien sûr. Moi je protégerai toujours le groupe, c’est le but. Après, nous on est le paratonnerre, on a l’habitude. Heureusement qu’on reste un peu hermétique où on arrive à gérer ça parce qu’entre les réseaux et tout ce qui se passe autour maintenant, c’est vrai que ça fait partie intégrante du foot et qu’il faut se protéger parce que sinon on peut devenir dépressif.

Parce qu’on se fait dézinguer de partout, dès le moindre mauvais résultat. Les joueurs, ils gèrent comme ils peuvent parce qu’il y a un effet de groupe. Ils savent que pour les coachs, ça peut vite tourner.

Mais l’idée, c’est de faire en sorte que justement tous les joueurs restent concernés, focus sur ce qu’on met en place, qu’ils croient à ce qu’on est en train de travailler et de faire en sorte que tout le monde adhère et garde le bon état d’esprit. Tout le monde a loué l’état d’esprit depuis sept semaines.

Si on fait le compte sur sept semaines de travail, qu’est-ce qu’on a loupé ? Peut-être la première mi-temps de La Roche ? OK, je vous l’accorde. La Première mi-temps de La Roche, parce que même à Fleury, quand je vois que Fleury fait match nul à Cannes, voilà… C’est une équipe qui a fini 3e ou 4e la saison dernière.

Il faut, encore une fois, protéger ce groupe. Moi, je ferais tout pour protéger ce groupe et je crois en ce groupe. On l’a choisi avec Lucas Clément. Maintenant, il faut qu’on bosse. Il y a des choses à travailler, ça j’en suis persuadé. Je crois que j’étais le premier à dire, après le match de La Roche, qu’on avait été défaillant dans le secteur offensif. Il faut être aveugle pour ne pas voir ça.

Mais je n’ai pas eu La Roche aussi, qui a eu 60 occasions. Ils ont une action sur un long ballon et l’attaquant qui part un peu en profondeur tout seul, il fait le boulot tout seul, il tape sur la barre. La plus belle occasion qu’ils ont, c’est celle-là. Et après, un pénalty… Encore une fois, je n’ai pas vu Yannick Pandor…

On a quand même des certitudes, dans le fait de faire front, d’être solide défensivement. Et encore une fois, le plus dur dans le football, c’est marquer des buts. Il faut travailler. Il faut associer des joueurs. Il faut faire confiance aux joueurs. Il faut leur donner de la confiance.

C’est notre rôle. On fait le job avec le staff. On travaille dur. Dimanche, on est resté jusqu’à 20h30 pour travailler, pour faire les vidéos, pour analyser, pour trouver des solutions. On fait de l’individuel avec les joueurs. Ça ne se fait pas d’un claquement de doigts.

Le match contre Le Puy en Velay

Concernant le match de jeudi soir au Puy, qui est allé gagner à Bastia, qui a perdu la semaine dernière, à quoi est-ce que vous attendez ?

Le Puy c’est une équipe qui connaît bien ce championnat, avec un coach qui connaît bien aussi, qui a son système bien huilé, 3-5-2, avec des attaquants puissants qui prennent la profondeur. C’est plutôt un jeu assez direct.

Maintenant, il y a aussi une équipe en face de l’Amiens SC qui va y aller pour récupérer des points, montrer qu’elle peut marquer des buts. Même s’il ne faut pas en faire une obsession, parce que ça deviendrait quelque part aussi un focus où on peut se mettre la pression, parce qu’il faut absolument marquer.

Les choses viennent quand on fait les choses avec intelligence, avec connexion, avec de la technicité, avec des choix de jeu qu’on choisit par rapport à l’adversaire, où on a identifié des faiblesses. On va au Puy face à un adversaire qu’on connaît coriace.

C’est vrai qu’à Bastia, franchement, ils ont su faire le dos rond et ils ont piqué sur un coup de pied arrêté en premier mi-temps et puis après sur un dernier but dans les arrêts de jeu. Mais je pense que Bastia a loupé un pénalty. Il y’a eu des faits de jeu, ils ont eu beaucoup d’occasions aussi.

Un match, des fois il bascule sur des faits de jeu ou sur des situations où il y a un adversaire qui a eu beaucoup d’occasions et qui les a pas mises. Et puis il un autre qui a été très réaliste. Pareil pour Versailles, où ils ont perdu 1-0.

Son avis sur le niveau global de la Ligue 3

Est-ce que dans l’ensemble, on a un peu mésestimé la qualité d’ensemble de cette Ligue 3 ?

Je vous l’ai dit dès le départ, je le connais bien. Je l’ai pratiqué pendant plus de 15 ans. C’est un championnat très, très homogène, très difficile. Avec le resserrement des compétitions, il n’y a plus qu’une poule de N2. Donc ceux qui montent de N2, on l’a vu l’année dernière, Fleury, on le voit avec Thionville, les deux premiers sont premiers, même si c’est deux journées.

Mais malgré tout, on voit bien que… Encore une fois, les pronostics qui auraient dit qu’au bout de deux journées, Thionville et La Roche premiers ? Tout le monde annonce Caen, Valenciennes… Valenciennes, ils en ont pris 4, et Caen, ils en ont pris 4. En deux matchs.

Propos recueillis par Benjamin HERMEL

Crédits photo : Icon Sport

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