Algérie - Amar Boumilat : « Petkovic est quelqu’un d’assez intelligent, il sait comment s’y prendre » | OneFootball

Algérie - Amar Boumilat : « Petkovic est quelqu’un d’assez intelligent, il sait comment s’y prendre » | OneFootball

In partnership with

Yahoo sports
Icon: OnzeMondial

OnzeMondial

·2 janvier 2026

Algérie - Amar Boumilat : « Petkovic est quelqu’un d’assez intelligent, il sait comment s’y prendre »

Image de l'article :Algérie - Amar Boumilat : « Petkovic est quelqu’un d’assez intelligent, il sait comment s’y prendre »

Entraîneur depuis près de deux décennies, adjoint de techniciens de renom comme Petkovic, Renard ou Courbis, Amar Boumilat a effectué une grande partie de ses armes en Suisse où il est installé. Aujourd’hui titulaire de l’UEFA pro, le technicien natif du sud de la France « s’entretient » en attendant une opportunité. Entretien avec un acharné de travail. 

Est-ce que tu peux nous raconter un peu ton parcours ?


Vidéos OneFootball


Je finissais ma carrière de joueur et j’avais fait le tour de la division dans laquelle je jouais. J’ai eu la chance de rencontrer François Zahoui, qui était à l’époque le sélectionneur de la Côte d’Ivoire. Son assistant lui fait faux bond. Il lui dit un soir qu’il ne peut pas être là demain. Et puis, lui me dit qu’il a besoin de quelqu’un, me demandant si je suis prêt. Il y a un match contre le Mali avec la Côte d’Ivoire et j’y vais. Je suis parti de là.

C’est donc là tes débuts en tant qu’entraîneur ?

Non, j’ai démarré d’abord à Toulon en tant qu’entraîneur. J’étais en charge des moins de 17 ans pendant trois ans. En même temps, j’étais joueur, je jouais en National. J’étais en institut de formation, donc on avait les cours le matin et, en même temps, on avait les entraînements. Et l’après-midi, donc les gamins, après les entraînements, soit avec mon assistant, parce que j’étais en charge des moins de 17 ans. Moi, je m’entraînais avec le groupe pro. J’ai toujours aimé ça. Quand on est en train de jouer, c’est clair que c’est une passion. Mais entraîner aussi, c’est pour moi lié au sport, au football, et j’apprécie…

Pour resituer, tu termines ta carrière en National, puis en même temps entraîneur en U17. Quelque temps après la rencontre avec François Zahoui, c’est quoi exactement ?

C’est vraiment le début avec Toulon. Après, j’ai pris l’équipe première. C’est ce que voulait le président. Après, ça reste les mauvaises pages de Toulon. Ce n’est pas une expérience que j’aime raconter. Ça s’est mal passé pour moi sur le plan humain. On s’est servi de moi alors que je passais mes diplômes. D’un côté, ça a été bénéfique. Mais d’un autre côté, j’aurais peut-être eu une autre histoire si j’étais resté. J’aurais peut-être eu ma licence pro plus tôt. François nous suivait. Il savait que j’étais à Toulon en tant qu’entraîneur. Ce n’était pas un hasard qu’il m’appelle pour le travail. Il était ancien joueur de Toulon. Le courant est vite passé.

Donc entraîneur adjoint de François Zahoui, sélectionneur de l’équipe olympique de Côte d’Ivoire, après tu bascules au Niger, entraîneur adjoint ?

Quand j’étais joueur à Marseille, j’ai connu Rolland Courbis. On s’est reconnectés par le biais d’un ami. Il m’a appelé et m’a dit qu’il avait besoin d’un adjoint. Je suis donc parti avec le Niger pour la CAN. C’était un grand moment.

Amar Boumilat - DR

Après, c’est l’ES Sétif en Algérie, ton pays d’origine.

Oui, l’Algérie, c’est la terre natale de mes parents. J’ai atterri à Sétif. Il y avait une équipe incroyable avec beaucoup d’internationaux. Il y avait une équipe avec beaucoup de talents, des compétiteurs. Les matchs étaient disputés. C’était en 2012-2013. J’ai été champion d’Algérie, j’ai tout gagné. J’ai qualifié l’équipe pour la Ligue des Champions. Entre-temps, je suis sollicité par le FC Sion et je pars. Je viens à Sion en tant qu’adjoint, je passe beaucoup d’années là-bas. J’avais une relation particulière avec le président, qui appréciait mon travail. On a obtenu beaucoup de résultats, la Ligue Europa. On a fait de bons classements. Malheureusement, le problème, c’est que tu as des joueurs qui partent, on est obligés de reconstruire. On visait la Ligue des Champions, mais on a perdu beaucoup de joueurs.

Après Sion, tu te retrouves où ?

Yverdon. Un club professionnel. On était en Ligue 3, après on monte en Ligue 1 au bout de deux ans. Quand on arrive en deuxième division, le président de Sion me rappelle. Je n’ai jamais été numéro 1 parce que je n’avais pas le diplôme. J’ai travaillé avec beaucoup d’entraîneurs. J’ai acquis beaucoup d’expérience.

Quelle est ton actualité du moment ?

Je viens de finir ma licence UEFA Pro. Je l’ai passée à l’étranger. Ça m’a permis de quitter ma zone de confort. Actuellement, je ne suis pas en poste. Je recherche une opportunité. Je suis contacté par des clubs de Ligue 2 mal classés. Avec mon expérience et mon vécu, ma carrière en tant que joueur, je pense que je peux y arriver. Les entraîneurs ont beaucoup plus d’opportunités. Quand je vois aujourd’hui Pierre Sage qui brille, ça donne envie. En France, on offre de plus en plus d’opportunités aux nouveaux profils.

Un entraîneur sans club, qu’est-ce qu’il fait pour ne pas perdre le rythme ?

Beaucoup de lecture. Beaucoup de foot. Je regarde beaucoup de matchs. Je continue à améliorer mon réseau. Je reste en contact avec de grands entraîneurs qui sont aujourd’hui à la CAN ou qui ont fait une Coupe du Monde. Je reste connecté. C’est vraiment important. Je continue à travailler, à peaufiner tout ce que j’ai fait depuis le début de ma carrière. Je réfléchis aussi à comment je pourrais m’y prendre si je prenais une équipe. On reste à l’affût.

On dit souvent que la concurrence est rude chez les footballeurs. Mais j’ai l’impression que c’est encore plus dur chez les entraîneurs. Est-ce que je me trompe ?

Pas du tout. Aujourd’hui, je regarde tous les championnats. Je vois beaucoup d’entraîneurs espagnols, portugais. Ils ont déjà un avantage. C’est facile pour eux de passer la licence. Ils vont plus facilement à la licence pro que nous. Et c’est ce qui ouvre la porte. La deuxième chose, c’est aussi les compétences linguistiques. Il est important de parler une autre langue que la sienne. L’anglais, c’est la base. Et la troisième chose, assez importante pour moi, c’est le réseau. J’ai travaillé avec assez d’entraîneurs étrangers. Ces derniers ont une communauté d’entraîneurs étrangers incroyable. Il y a un vrai réseau. Quand l’un perd son poste, il appelle un autre de ses compatriotes pour prendre la suite. Les grands entraîneurs espagnols, les résultats qu’ils font, rejaillissent sur les autres Espagnols. Quand on prend le championnat anglais, par exemple, les numéros un, deux et trois sont tous des Espagnols : Pep, Arteta, Unay Emery. Avec le PSG, champion d’Europe, c’est un entraîneur espagnol. Il y a un gros travail de fond. En France, on a les meilleurs entraîneurs visibles du monde, mais on a les meilleurs joueurs du monde. Il faut donc donner la chance aux Français. J’ai géré de grands joueurs, à l’image de Didier Drogba. Quinze ans après, il y avait d’autres joueurs comme Guillaume Hoarau. Je n’ai eu aucun souci. J’ai toujours eu de très bonnes relations.

Tu as passé récemment l’UEFA Pro. Pourquoi aussi tardivement et pourquoi en Lituanie ?

J’aurais voulu la passer quand j’ai eu l’opportunité. Dans le règlement de l’UEFA, après la licence UEFA 1, tu dois justifier d’une année en tant qu’assistant ou entraîneur réserve. Moi, j’avais déjà justifié une expérience. J’ai appelé la FFF. Il y avait à l’époque Monsieur Blacquart. Je l’ai rencontré par le biais de Monsieur Domenech. Quand je l’ai vu, je lui ai expliqué ma situation avec mon dossier. On m’a dit qu’il n’y aurait pas de problème. Quand j’ai voulu déposer mon dossier, on me l’a refusé. Une fois, deux fois, et je me demande ce qui se passe. On me dit finalement que je n’ai pas les prérequis et qu’il n’y a plus de place. J’ai voulu savoir si je pouvais passer alors mes diplômes ailleurs. Par le biais de mon réseau, je me suis renseigné pour savoir si je pouvais le faire à travers un autre pays. On m’a dit que c’était possible. J’ai dû prendre un avocat. C’est malheureux, je me suis battu pour l’avoir. C’est incompréhensible de se battre pour obtenir l’accès à la formation. J’ai bataillé dur pour atteindre ce niveau. J’ai dû prendre un avocat pour me défendre et avoir gain de cause. On m’a trouvé une place et j’ai passé mon examen d’entrée, sans favoritisme. Pendant six mois, j’ai fait mon assessment, je l’ai réussi. Après, je suis resté quatorze mois à faire des allers-retours. C’était une expérience incroyable. Maintenant, c’est de côté, j’ai vraiment envie d’entraîner.

Tu as côtoyé du beau monde : Hervé Renard, Rolland Courbis, Vladimir Petkovic. Tu retiens quoi de tes expériences avec ces différents tacticiens ?

Hervé Renard, c’est incroyable. C’est quelqu’un qui va penser à toi tout le temps. C’est naturel. Il le fait sans forcer. Rolland, pour moi, ça a été le début. Au-delà de la tactique, c’est un vrai joueur. C’est quelqu’un qui sait réfléchir. Au Niger, avec pas grand-chose, on a réussi à faire quelque chose d’incroyable. S’il avait été plus sérieux, il aurait gagné plein de choses.

Amar Boumilat - DR

Hervé Renard, c’était à quelle période ?

C’était avec la Côte d’Ivoire, ensuite la Zambie. Je faisais tout avec lui. Je m’occupais surtout de l’analyse de l’adversaire.

Et avec Petkovic pour finir ?

Vladimir, je l’ai rencontré à Sion. Il est arrivé à une période où le club n’allait pas bien, au mois d’avril. On a travaillé ensemble pour maintenir le club en première division. On a fait deux mois et demi ensemble.

Tu sais également qu’il est actuellement sous pression avec l’Algérie ?

L’Algérie, c’est un pays particulier. Il y a des attentes tout le temps. C’est un entraîneur professionnel. Il arrive à bien gérer. Il est assez calme. C’est quelqu’un d’assez calme, intelligent. Il sait tout ça. Il sait comment s’y prendre. Lui, comme tous les autres entraîneurs, ils sont soumis au même barème. Il faut gagner, faire une belle CAN. On ne retiendra que ça. Cette CAN va être disputée. Il y a de belles équipes et des équipes surprises. J’espère que l’Algérie ira au bout. Mais tu as des équipes comme le Maroc, le Sénégal. Il y a de grosses équipes. On verra. La CAN, c’est une compétition de plus en plus visible.

Suisse, Côte d’Ivoire, Niger, Zambie, te sentais-tu prédestiné à voyager autant ?

Franchement non. Je ne le pensais pas. Quand j’allais au Niger, c’était un 24 décembre. Je suis parti, laissant ma famille dans le Sud de la France. J’ai dit que c’est ce que je devais un faire quand j’étais en route pour l’aéroport. Aujourd’hui, ça me plaît de voyager, de travailler à l’international, de découvrir différentes cultures, origines, religions. C’est ce qui me plaît dans mon métier. Le but, c’est aussi de gagner. J’ai eu la chance de travailler avec de grands coachs, de grands compétiteurs. Et on a gagné, et ça c'est important. C'est bien beau de participer, mais il faut aller au bout. C'est la base.

Retrouvez l'actualité du monde du football en France et dans le monde sur notre site avec nos reporters au coeur des clubs.

À propos de Publisher