Le Journal du Real
·18 janvier 2026
Álvaro Leiva, symbole d’un Real Madrid qui n’oublie pas d’où il vient

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·18 janvier 2026

Dans la zone de turbulences que traverse actuellement le Real Madrid, les symboles ont parfois autant de poids que les résultats. Et celui offert par Álvaro Leiva ce week-end est particulièrement puissant pour les amoureux de la maison blanche. Le jeune milieu, appelé en renfort à la dernière minute par Álvaro Arbeloa pour pallier les nombreuses absences offensives (blessures, méformes), a vécu le rêve absolu de tout gamin formé à La Fábrica : voir son nom inscrit sur la feuille de match et s'asseoir sur le banc du mythique Santiago Bernabéu pour une rencontre de Liga.
Durant 90 minutes, il a été aux premières loges pour assister à la performance d'Arda Güler, au but libérateur de Kylian Mbappé et à la victoire sous haute tension face à Levante (2-0). Il a respiré l'air des sommets, entendu la gronde du public contre la direction, et ressenti la pression inhérente au plus grand club du monde. Mais pour Leiva, le coup de sifflet final n'a pas sonné l'heure de la douche, des interviews ou du repos bien mérité.
Alors que Vinícius Jr, Jude Bellingham et les stars de l'équipe première quittaient le stade dans leurs voitures de luxe pour rejoindre leurs domiciles, le jeune joueur avait une autre mission, bien moins glamour mais tout aussi vitale, à accomplir. Selon les informations insolites rapportées par le quotidien AS, Álvaro Leiva a quitté l'enceinte du Bernabéu en quatrième vitesse.
Pas de temps pour la célébration ou pour répondre aux messages de félicitations sur son téléphone. Sa "vraie" équipe, le Real Madrid C, l'attendait pour un duel au couteau dans les bas-fonds du football modeste espagnol. Le joueur a rallié la Ciudad Real Madrid de Valdebebas en un temps record pour se mettre à la disposition de son autre entraîneur. Ce "double service" illustre une mentalité de fer et un dévouement total à l'institution, peu importe l'échelon.
Le contraste est saisissant, presque violent. À 13h00, Leiva s'échauffait sur une pelouse parfaite, devant 80 000 spectateurs et sous l'œil des caméras du monde entier. À 18h30, soit à peine deux heures et demie plus tard, il était titulaire sur le terrain numéro 7 de Valdebebas, face à une poignée de fidèles courageux. L'adversaire n'était plus Levante, mais Trival Valderas, une équipe rugueuse de Tercera RFEF (la cinquième division).
Passer de la lumière aveuglante de la Liga à l'anonymat du football amateur en 120 minutes demande une force mentale peu commune. Là où certains jeunes talents, grisés par une convocation en équipe première, auraient pu lever le pied par peur de la blessure ou par excès d'orgueil d'avoir "touché le Graal", Leiva a fait tout l'inverse.
Il a mouillé le maillot, couru et s'est battu pour aider ses coéquipiers du Real Madrid C, dirigés par le tout nouveau coach Víctor Cea, à obtenir un résultat. Il n'a montré aucun signe de frustration, considérant ce match comme tout aussi important que celui qu'il venait de vivre depuis la touche.
Cette anecdote ravira les puristes et envoie un message fort au reste du centre de formation. Elle rappelle qu'être convoqué avec l’équipe première n'est pas une finalité, c'est une étape, et que le travail quotidien reste la priorité. Ce "grand écart" tactique et logistique incarne parfaitement les valeurs que la nouvelle direction souhaite réinjecter au club : l'effort, l'humilité et le sens du collectif.
Pour Álvaro Arbeloa, qui connaît la valeur de l'effort et l'importance de l'exemplarité, ce genre d'attitude vaut de l'or. Dans sa mission de reconstruction d'un vestiaire parfois accusé de suffisance, il pourra s'appuyer sur cet exemple. Si le Real Madrid veut retrouver son âme guerrière, c'est sur des soldats comme Álvaro Leiva, capables de servir le club partout et tout le temps sans états d'âme, qu'il faudra bâtir l'avenir.
Luca SCHENATTO-MEYNADIER









































