Le 11 Amiénois
·19 juillet 2026
Amiens SC – Alain Pochat : « Avec notre fonctionnement actuel, personne ne peut dire quelle équipe j’ai en tête »

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·19 juillet 2026

Après une semaine intense, avec un stage de trois jours à Montreuil-sur-Mer et deux rencontres en 24 heures, Alain Pochat tire le bilan de la première phase de la préparation estivale de l’Amiens SC. Entre sa méthode inspirée de Franck Haise pour concerner tout son vestiaire, ses ajustements tactiques face à QRM et le retour imminent d’Enzo Couto, le technicien picard se confie. Entretien.
Quelle est votre impression sur cette rencontre contre QRM où votre équipe est montée en régime après une entame difficile ?
Ce n’est jamais simple d’enchaîner deux matchs coup sur coup en 24 heures, surtout pour les joueurs qui avaient déjà disputé 30 minutes la veille et qui redémarraient. Il a fallu composer avec le vent, mais aussi avec le système adverse qui était embêtant tactiquement. Pendant les 15-20 premières minutes, nous avons eu une vraie problématique à gérer car ils se retrouvaient en surnombre au milieu de terrain.
Nous avions décidé d’attaquer à trois en pressant haut face à leurs trois défenseurs centraux, mais comme ils n’alignaient que deux attaquants, cela a créé un déséquilibre en notre défaveur dans le cœur du jeu. Il a fallu rééquilibrer le bloc en faisant passer Zourab (Sopromadze) dans un vrai rôle de numéro 10, soutenu par deux milieux.
Nous avons alors repris le contrôle. Même si c’est toujours rageant de concéder un but sur phase arrêtée – un but venu d’ailleurs, comme la veille –, c’est une bonne chose d’avoir réussi à marquer deux fois.
On a vu plusieurs joueurs changer de poste en défense. Ce besoin de « bricoler » votre arrière-garde explique-t-il les petites incompréhensions ?
Forcément. Nous faisons beaucoup bouger les joueurs de zone. Alexis Giacomini a évolué comme piston gauche, Antoine Nuss dans l’axe droit – même s’il connaît le poste –, Lucas Llort axe gauche, Rémy (Boissier) a dû lui aussi glisser dans l’axe. Il me manquait un véritable latéral gauche dans la première équipe pour pouvoir installer une défense à quatre.
Et comme nous ne l’avons pas assez travaillé à l’entraînement, on bricole un peu. Mais je trouve cela très formateur pour les joueurs. Cela leur permet de comprendre les différents postes, de voir d’autres choses et de réaliser comment le partenaire qui joue habituellement à côté d’eux perçoit le jeu et les choses.
Avez-vous éprouvé une pointe de déception à la mi-temps face au faible nombre d’occasions créées et à votre difficulté à approcher la surface adverse ?
Oui, mais c’était grandement lié au vent et au fait qu’après avoir basculé Ely (Julien) sur le côté droit en piston, nous avons cruellement manqué de profondeur. Nous n’avions plus que des joueurs de pied. C’est ce que je leur ai dit à la pause : avec Zourab (Sopromadze), Enzo (Somon) et Marvin (Adelaïde), les trois décrochaient systématiquement pour venir chercher le ballon dans les pieds. Avec le vent de face, si vous n’attaquez pas la profondeur, vous devenez prévisibles. En début de match, lorsque Ely était encore aligné devant, nous arrivions à trouver plus d’espaces et de verticalité, ce qui amène d’ailleurs notre plus grosse occasion.
Quel bilan général faites-vous de ces deux premières semaines de préparation et du stage qui vient de s’achever ? Êtes-vous là où vous vouliez être ?
Bien. C’était court mais assez intense pour la vie de groupe. Nous avons par exemple organisé des petits jeux sur la plage, on a bien fait rire la galerie là-bas. Plus marquant encore : lors d’une soirée, sur les 20 joueurs présents, les 20 ont chanté ! Ils ont formé des trios, des duos… Je n’avais jamais vécu ça de ma carrière. Il y a une atmosphère très dynamique, positive, saine et sereine. Des personnalités se dégagent déjà.
Ce qui me rend particulièrement content, c’est que nous n’avons pas de casse au sein de l’effectif. Alain Pochat, entraîneur de l’Amiens SC.
C’était aussi soutenu, les séances étaient costaudes. Derrière, avec les deux matchs qui ont permis d’augmenter le temps de jeu pour tout le monde, et valider ce que l’on voulait voir sur le terrain, mais il y a encore du boulot. Ce qui me rend particulièrement content, c’est que nous n’avons pas de casse au sein de l’effectif.
Hormis le cas d’Enzo Couto, qui s’est blessé aux ischios après seulement deux jours, il s’est déjà fait opérer à ce niveau-là, tout le monde va bien. Les garçons bossent bien et affichent un super état d’esprit. Je suis vraiment très satisfait de leur attitude, que ce soit à l’entraînement ou dans la vie de groupe.
Sur le plan purement footballistique, sentez-vous que vos principes tactiques commencent à être assimilés ?
On avance, même s’il reste encore beaucoup de travail et d’autres matchs pour parfaire tout cela. On commence petit à petit à assimiler les systèmes. Jusqu’à présent, nous n’avions pas assez travaillé notre animation à quatre défenseurs pour pouvoir contrer efficacement un rapport de force. Nos oppositions ne sont pas faciles. Lors de la rencontre face au Havre, on a beau dire qu’il y avait des jeunes en face, il y avait tout de même des joueurs de Ligue 1. Et les jeunes courent beaucoup.
Vous avez fait le choix d’aligner deux équipes totalement différentes sur deux jours consécutifs. Quel bilan tirez-vous de cette formule qui peut surprendre de l’extérieur ?
Cela surprend, mais je ne comprends pas trop pourquoi, car ce sont deux équipes distinctes qui jouent. Si c’était le même onze qui enchaînait 90 minutes deux jours de suite, là, je serais un peu fou. Là, on distribue du temps de jeu de manière équilibrée, et les joueurs vont maintenant bénéficier de deux jours de repos.
Je garde tout le monde concerné et c’est cela qui est intéressant. Alain Pochat, entraîneur de l’Amiens SC.
C’est une méthode que j’ai observée pendant ma formation du BEPF du côté du Racing Club de Lens avec Franck Haise. Il avait instauré cela, on m’a expliqué et j’avais trouvé la démarche très intéressante. Je l’applique depuis deux ou trois saisons dans mes précédents clubs et cela fonctionne très bien, je n’ai jamais eu de casse physique. Quand on arrive en championnat, tout le monde est sur le même pied d’égalité en termes de rythme et de matchs.
De plus, cela évite les frustrations au sein du vestiaire. Dès le deuxième ou troisième match amical, si vous laissez sept ou huit joueurs sur le bord du terrain en ne leur donnant que 20 minutes, ils se disent immédiatement que l’équipe type est faite. Avec notre fonctionnement actuel, personne ne peut dire quelle équipe j’ai en tête. Je garde tout le monde concerné et c’est cela qui est intéressant.
Comment appréhendez-vous la semaine très chargée qui s’annonce, avec notamment cette confrontation face à Reims ?
Nous reprenons l’entraînement mardi après deux jours de repos bien mérités. Pour nous, le match de mercredi face à Reims (Ligue 2) sera traité comme une séance d’entraînement à part entière. C’est l’équivalent d’une grosse opposition interne, mais face à un adversaire de très haut niveau. Les joueurs feront à nouveau 45 minutes chacun.
Ensuite, nous enchaînerons en fin de semaine avec deux belles oppositions face à Boulogne-sur-Mer et Courtrai. À partir de là, nous changerons de formule : nous passerons sur des gestions calibrées « compétition » avec des blocs de 90 minutes, une configuration de match classique et l’utilisation de remplaçants en cours de route si nécessaire.
Avez-vous bon espoir de récupérer Enzo Couto ?
Oui, tout à fait. Enzo est bien, il a validé toute sa phase de reprise individuelle et effectue sa dernière séance en solo ce lundi. Mardi, il intègre officiellement les séances collectives avec le reste du groupe. Ce sera évidemment trop précoce pour l’aligner mercredi contre Reims, mais j’espère que nous pourrons lui donner un peu de temps de jeu en fin de week-end.
Propos recueillis par Romain PECHON
Crédits photo : Dave Winter/FEP/Icon Sport







































