Appiah : "L'ASSE, quelque chose que je n'oublierai pas, c'est certain" | OneFootball

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·5 août 2026

Appiah : "L'ASSE, quelque chose que je n'oublierai pas, c'est certain"

Image de l'article :Appiah : "L'ASSE, quelque chose que je n'oublierai pas, c'est certain"

Dennis, tu arrives en janvier 2023, le club est en difficulté après une demi-saison de Ligue 2 compliquée, quel est le projet pour toi à ce moment précis ?

Il me reste six mois de contrat à Nantes en Ligue 1, il n’y a pas forcément de débouchés, je ne sens pas qu’ils sont enclins à me prolonger et je sens que je ne vais pas avoir beaucoup de temps de jeu sur la deuxième partie de saison. Il y a ce projet de Sainté qui arrive, avec d’abord comme mission de stabiliser le club en Ligue 2 car c’était compliqué et puis de monter directement pour pouvoir rejoindre la Ligue 1. Le projet m’a de suite parlé. Saint-Étienne ça reste un club à part, si tu as la chance de pouvoir y jouer, tu ne réfléchis pas très longtemps, en plus de ça, je pouvais prendre pleinement part à l’objectif en devenant un élément fort du projet. J’ai réfléchi un peu avec ma famille et je me suis lancé dans l’aventure stéphanoise.


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Les résultats arrivent rapidement après ton arrivée avec une deuxième partie de saison excellente...

Dès le début d’année, on gagne les deux premiers matchs face à Laval et Niort et ensuite il y a deux défaites douloureuses contre Sochaux (2-3) et Bastia (0-2) fin janvier. C’est vrai qu’après cela, à partir de février, on ne perd plus pendant un moment (ndlr, 10 matchs sans défaite) et puis arrive cette rencontre à domicile contre Metz à la 32ème journée fin avril qui fait un peu mal (1-3). Ce match douche un peu nos derniers espoirs, derrière on termine la saison davantage en roue libre, on va dire, avec une seule défaite sur les six derniers matchs. On boucle l’année à la sixième place, ce n’est pas la montée mais au regard de la première partie de saison, c’est un excellent résultat.

Quels souvenirs gardes-tu de la saison suivante, celle de la montée en Ligue 1 ?

Une année très dure. Cela s’est fait après un parcours hyper compliqué, on s’est rendu les choses difficiles. On commence très mal notre saison, on prend peu de points sur nos cinq premiers matchs (ndlr, cinq points). Ensuite une première série d’invincibilité de dix matchs arrive, on revient bien dans la course et malgré cela on chute à nouveau avec une série galère de cinq défaites entre la 13ème et la 17ème journée. Malheureusement au soir de Guingamp, le coach Batlles se fait limoger. On a ensuite une période d’incertitudes où on enchaîne tantôt avec des victoires puis derrière avec des défaites. Arrive après une nouvelle période d’invincibilité avec une défaite en 14 rencontres (ndlr, face à Ajaccio lors de la J32), et quand on a l’impression que tout est fait, en partant un peu de loin, on s’est essoufflé sur le dernier match contre Quevilly, on s’est cramé. La suite c’est les barrages, dans une saison qui avait déjà été bien longue pour nous avec beaucoup d’émotions, des hauts et des bas. À la fin tout se termine très bien, avec le sentiment du devoir accompli et un partage des émotions avec tout le peuple vert. C’est quelque chose que je n'oublierai pas, c’est certain.

Ce barrage à Metz, ce but de Wadji, tu en es un acteur principal...

Il y a l’action du but d’une part mais surtout le match en entier. Il m’a paru interminable, j’ai l’impression que ce match à lui seul résume toute notre saison. On démarre hyper mal, on prend deux buts, on revient au score, on est dans l’attente, on a des situations, des buts refusés. Eux, pareil, des grosses occasions, je sauve sur ma ligne, il y a eu tellement de trucs. Sur le but, je me souviens forcément, Nathanaël Mbuku est sur le côté, il essaye de faire la différence, la balle est contrée, j'arrive à contrôler du gauche et je le vois dans mon angle mort, je parviens à mettre le ballon entre les jambes du défenseur pour qu’il aille ensuite centrer et la donner à Wadji. C’est un truc qu’on n’oubliera jamais de part l’action et de part la prophétie depuis le début de saison à dire que c’est Wadji qui nous ferait monter. Tout ça, c’est certain que tu ne peux pas l’oublier. On fait du foot pour vivre ces émotions, ce n’est pas simplement taper la balle.

Ce match, c'est ton plus grand souvenir à l’ASSE ?

Il y a celui-ci mais il y a quand même le derby gagné face à Lyon dans un coin de ma tête.

C’est l’année du retour en Ligue 1 ça, comment as-tu vécu cette transition entre la L2 et la L1 ?

Ça a été difficile, je pense que les joueurs comme la direction, nous nous sommes trompés en pensant qu’on pouvait se maintenir en l’état avec notre effectif. Il aurait fallu je pense davantage se renforcer pour aller chercher un maintien simple. On commence mal, même si on fait une belle prestation contre Monaco mais c’était une rencontre en trompe l’oeil car après sur des matchs face au Havre, Brest, etc, c’était compliqué. On n'a jamais réussi à faire une série positive dans cette saison, on a souvent été dans le dur. On était pas toujours relégable mais systématiquement en seconde partie de tableau et c’est mentalement difficile de flirter en permanence avec la relégation, ce qui fait qu’à la fin, tu n’es pas suffisamment armé ou avec un bon niveau de confiance pour passer cette étape et te maintenir. Pour moi, ça a été un gros échec, dans mon idée, j’arrivais pour stabiliser le club, monter et l’installer en Ligue 1.

Tu penses que cette saison en Ligue 1 et la descente, ont eu un impact sur la qualité de la saison suivante en Ligue 2 ?

Je ne sais pas si c’est corrélé mais disons que sur ces deux saisons, pour moi, il y a une mauvaise lecture du groupe et une mauvaise lecture de la situation. En pensant d’abord qu’en Ligue 1, sans dire qu’on était au dessus mais j’ai l’impression que les gens ont pensé qu’on était meilleurs que trois ou quatre équipes donc ça allait être plus simple de se maintenir. Et autant en Ligue 2, de dire qu’on était au dessus de tout le monde et que parce qu’on était au dessus de tout le monde on allait pouvoir monter facilement. On sait très bien que la Ligue 2, ce n’est jamais simple. Même si intrinsèquement, individuellement il y avait des supers joueurs, collectivement on n’a pas été la meilleure équipe et c’est ce qui a fait la différence pour la montée.

Cette expérience de trois ans à l’ASSE, est-ce qu’elle a changé ta vision du football et ta carrière de joueur ?

Oui, mais c’est l’âge qui fait ça aussi (sourire). Avant je me prenais la tête sur beaucoup de choses par rapport au foot, je voulais exceller dans tout, que tout soit toujours parfait au niveau de mes performances. Sur les deux premières années à l’ASSE c’était complètement ça et puis sur la dernière saison, j’ai pris plus de recul, j’ai essayé de prendre plus de plaisir dans ce que je faisais, sans me prendre la tête sinon j’allais plus avoir de cheveux. J’ai aussi essayé d’analyser comment un club se structure, pourquoi il prend telle ou telle direction, pourquoi ça fonctionne, pourquoi ça ne fonctionne pas. J’ai essayé de réfléchir, prendre du recul, et comprendre pourquoi notre club ou nos adversaires pouvaient gagner ou perdre. C’était hyper intéressant à faire.

C’est presque une démarche pour ton après-carrière ça...

Je ne sais pas. Je suis quelqu’un qui aime bien comprendre les choses, les analyser et se poser des questions sur mon environnement. De là à passer le pas, je ne sais pas, c’est beaucoup d’investissement. Il faut de la passion aussi, mais est-ce que je suis capable de m’investir autant que j’ai pu le faire durant ma carrière de joueur ? On verra. Pour le moment je joue toujours au football, je veux continuer de jouer donc je n’ai pas encore la réponse.

On a coutume de dire qu’on devient vert à vie quand on passe dans ce club, quel message voudrais-tu faire passer aux supporters de l’AS Saint-Étienne ?

Merci déjà. C’est un super public quand il est derrière son équipe. Je sais qu’ils attendent beaucoup de ce club, avec son passé, son histoire. C’est difficile à dire mais peut-être qu’il faut un peu de temps encore avant qu’il puisse retrouver toutes ses couleurs. Qu’ils continuent à pousser derrière leurs joueurs, penser que les joueurs ne font pas toujours ce qu’il faut, ce n’est pas quelque chose de facile à vivre pour eux. En tout cas, j’ai passé trois très belles années à Saint-Étienne, ça a été difficile de se dire que nous allions partir de cet endroit, j’aurais aimé continuer et rester ici mais c’est la vie. On en garde dans tous les cas une superbe expérience et je serais toujours un petit peu vert dans mon esprit et dans mon coeur. Je souhaite le meilleur à ce club, qu’il aille le plus haut possible.

Clubs : AS Monaco, SM Caen, RSC Anderlecht, FC Nantes, AS Saint-Étienne, SM Caen

International français : U16, U17, U18, U19, U20 et Espoirs

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