Le Journal du Real
·16 janvier 2026
Arbeloa, un baptême du feu qui vire au cauchemar

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·16 janvier 2026

Le Real Madrid ne laisse aucun répit, et Álvaro Arbeloa l'a appris à ses dépens. Le licenciement brutal de Xabi Alonso lundi dernier a plongé l'institution dans une zone de turbulences inattendue, propulsant l'ancien technicien du Castilla au sommet de la pyramide sans le moindre préavis. En l'espace de 48 heures, il a dû absorber le choc de sa nomination, faire face à un vestiaire en ébullition et encaisser une élimination humiliante qui a immédiatement braqué les projecteurs critiques sur lui.
Tout est allé trop vite, même pour une machine comme le Real Madrid. Lundi en fin d’après-midi, alors que le club officialise le départ d'Alonso, Arbeloa confie n'avoir été informé de sa prise de fonction qu'une vingtaine de minutes avant le communiqué officiel. Une transition express, presque violente, qui témoigne de l'état d'urgence absolue dans lequel se trouvait la direction.
Dès cet instant, il a fallu improviser : préparer l’entraînement du mardi, organiser une conférence de presse de présentation et, surtout, se présenter devant un groupe sous haute tension.
Dès sa première apparition médiatique, Arbeloa a tenté d’envoyer les signaux d'apaisement attendus. En répétant son amour pour l'écusson et sa disponibilité ("Je serai là tant que le club le demandera"), il a adopté la posture parfaite du soldat fidèle. Sur la forme, il a été exactement ce que le board attendait : un entraîneur qui ne fait pas de vagues et protège l'institution.
Mais son véritable chantier est ailleurs. Il se trouve derrière les portes closes de Valdebebas. Arbeloa doit impérativement se faire accepter par un vestiaire qui sort de ce qui s'apparente à une mutinerie ayant conduit au départ de son prédécesseur. La tâche est immense : transformer des joueurs qui ont lâché leur coach en guerriers dévoués.
Cependant, la réalité du terrain a été cruelle. Mercredi soir, pour son premier match, le déplacement piégeux à Albacete en Coupe du Roi a tourné au fiasco. Arbeloa a surpris les observateurs en laissant à Madrid plusieurs joueurs importants, pourtant aptes physiquement. Sur le papier, l'idée était sans doute de ménager les organismes et de concerner tout le groupe. Mais avec le recul de l’élimination, cette décision ressemble à un pari tactique totalement mal calibré.
Comme l'analyse le quotidien Marca, les Merengues n'étaient pas dans une période "normale" permettant ce luxe. Au lendemain d'une finale perdue et d'un licenciement, l'heure n'était pas à la gestion, mais à la reconquête. Décider de laisser des cadres au repos a donné l’impression d’un excès de confiance face à une équipe de deuxième division, une erreur d'appréciation payée cash par une sortie de route prématurée.
Le plus marquant lors de cette soirée cauchemardesque reste l'attitude du technicien. Arbeloa, d’habitude si expressif et volcanique avec les jeunes du Castilla, s’est montré fermé, presque distant, les mains dans les poches. Comme s’il cherchait encore le bon ton et la bonne distance face à un groupe de superstars mondiales.
Sa conférence de presse d'après-match a également interpellé par sa douceur. Remercier les joueurs pour leur "accueil" ou saluer Vinícius Jr simplement pour avoir fait le déplacement... ces mots ont semblé déconnectés de la gravité de la situation, comme si l’essentiel était de ménager les égos plutôt que de secouer le cocotier.
Seul point saillant : son commentaire sur le retour du préparateur physique Antonio Pintus. Une phrase immédiatement interprétée comme un message subliminal, soulignant en creux que l’effectif laissé par Alonso était dans une forme physique inquiétante. Ce baptême du feu est un échec ; il faudra un sursaut d’orgueil immédiat au Bernabéu pour éviter la crise totale.









































