Le Journal du Real
·5 septembre 2026
Arda Güler subit un injuste sacrifice de Mourinho

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·5 septembre 2026

Entraîner le Real Madrid n'a jamais été un long fleuve tranquille, et José Mourinho en a parfaitement conscience. Gérer une constellation d'étoiles implique de prendre des décisions parfois impopulaires, voire profondément injustes sur le plan purement sportif. Et Arda Güler en a fait les frais.
La première défaite de la saison essuyée sur la pelouse du Betis a mis en lumière une réalité glaçante pour l'un des joueurs les plus en forme de l'effectif. Malgré des prestations étincelantes, Arda Güler est officiellement devenu la variable d'ajustement la plus commode du système merengue.
Sur le gazon andalou, le milieu offensif turc survolait pourtant les débats. Comme le révèle AS, les statistiques d'Arda Güler frôlent l'excellence. Il a été le Madrilène le plus inspiré en créant pas moins de sept occasions franches, tout en s'illustrant par une implication défensive remarquable avec cinq ballons récupérés. Une double casquette de créateur et de travailleur de l'ombre que les finisseurs, à commencer par un Kylian Mbappé en manque de réussite, n'ont pas su fructifier. Pourtant, au beau milieu de la seconde période, c'est bien son numéro qui s'est affiché sur le panneau du quatrième arbitre pour laisser place à Yan Diomandé.
Interrogé sur cette sortie prématurée, José Mourinho n'a pas caché la difficulté de son choix. Le technicien portugais s'est justifié en évoquant la menace d'une expulsion. Le Turc ayant écopé d'un carton jaune un peu plus tôt, le Special One craignait que les joueurs du Betis, qu'il juge beaucoup plus malins et vicieux que ses propres troupes, ne tentent de le faire disjoncter pour obtenir une exclusion.
Si cette explication tactique s'entend parfaitement dans l'enfer d'un déplacement à Séville, elle masque mal une tendance de fond. Dès l'ouverture du championnat face à l'Espanyol, Arda Güler avait déjà été sacrifié à l'heure de jeu, quelques minutes seulement après avoir offert une passe décisive lumineuse à Jude Bellingham. La vérité est ailleurs : le Turc est tout simplement le remplacement le plus "facile" à effectuer.
Le Real Madrid reste prisonnier de ses propres investissements et du statut de ses vedettes. Pour Mourinho, réduire le temps de jeu de Kylian Mbappé lorsque la victoire n'est pas acquise relève de l'utopie. Sortir Jude Bellingham, véritable boussole offensive de l'équipe, est tout aussi complexe. Quant à Vinícius Júnior, sa gestion demande des pincettes : l'expérience de la saison dernière a prouvé que frustrer le Brésilien pouvait rapidement enflammer le vestiaire.
Face à ce trio d'intouchables, et avec l'étiquette pesante des 125 millions d'euros de Yan Diomandé qui patiente sur le banc, Arda Güler est l'inévitable dommage collatéral. L'international turc accepte pour l'instant son sort avec une grande maturité, convaincu que la rigueur de Mourinho le fera progresser. Mais jusqu'à quand pourra-t-il tolérer d'être systématiquement le premier fusible à sauter lorsque la machine s'enraye ?
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