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Lucarne Opposée

·19 août 2026

Argentine – Clausura 2026 : briller de nouveau

Image de l'article :Argentine – Clausura 2026 : briller de nouveau

Trente équipes, deux groupes de quinze, une formule qui ne cesse de faire de la place aux petits qui profitent également des gestions calamiteuses des géants, le Clausura argentin a déjà repris et avec lui cette interrogation persistante : quand permettra-t-il au pays des désormais vice-champions du monde de retrouver sa splendeur ?

Cinq journées se sont déjà écoulées à l’heure de l’écriture de ces lignes cherchant à présenter le Clausura argentin 2026. Sur le papier, rien ne change sur les terres de Chiqui Tapia. Toujours autant englué dans ses affaires de détournement de fonds et autre blanchiment, le président de l’AFA a passé un été tranquille aux côtés de sa vitrine, la sélection – moyennant tout de même une amende de 20 000 USD en raison de son interdiction de quitter le territoire. Mais au lendemain de la perte du titre pour les seuls êtres qui comptent, le retour à la réalité du championnat et son corolaire, le retour aux compétitions continentales aux bilans chaque année plus difficiles que les autres – la dernière Libertadores argentine a huit ans, seule la Sudamericana semble à portée – pourrait bien faire mal.


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En premier lieu car les locomotives que sont censés être les géants, une tradition sud-américaine, manquent soit d’idées, soit de charbon, pour avancer convenablement. San Lorenzo croule sous les dettes, la nouvelle commission directive du club ayant communiqué des chiffres alarmants, Estudiantes vient de purger sa dette contre l’Inter et ainsi lever son interdiction de transferts mais cherche les bonnes idées, Independiente en a fait de même avec celle envers Fernando Gaibor (plus d’un million et demi de dollars américains) et vivote, Racing se lance dans un nouveau projet. La réalité est que le modèle économique laisse le football argentin dans une position de recherche du miracle permanent, à l’image d’un Lanús, vainqueur de la Sudamericana 2025. Rappelons que le vainqueur du tournoi touche 500 000 USD, soit la moitié du vainqueur de la Kings World Cup ou encore près de trente fois moins que le vainqueur de la Copa do Brasil.

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Conséquence, chaque club – sauf deux – bricole autant qu’il peut en suivant un délicat mélange de jeunes formés au club, de bons coups sur le marché, et/ou d’appel aux légendes. C’est grâce à cela que suivre la Primera División, c’est croiser quelques futures pépites, qui seront ensuite parfois sacrifiées pour un transfert précoce qui remplit les caisses, et retrouver des légendes locales ou internationales. C’est grâce à cela donc que l’on peut voir éclore les nouveaux talents de Vélez comme Thiago Aguirre et Thiago Silvero, encadrés par de glorieux anciens, de Manuel Lanzini à Diego Valdés en passant par Emanuel Mammana, c’est aussi grâce à cela que l’on peut voir l’immense Ángel Di María, au côté duquel on suivra le prometteur Giovanni Cantizano. Tel est aussi l’essence du football argentin, cet équilibre instable permanent, cette capacité à mélanger la poésie et la rudesse du quotidien. Cet ADN n’a jamais été perdu, qu’importe toutes ces considérations économiques, qu’importe au final que sur le continent, le pays en soit réduit à courber l’échine comme tous les autres face à la puissance des clubs brésiliens. Qu’importe aussi ce format que tout amoureux du football argentin déteste : deux groupes de quinze qui qualifient les huit « meilleurs » en huitièmes de finale pour un sprint final en formule coupe sur match sec.

Photo :  Luciano Bisbal/Getty Images

Sur le terrain, on va évidemment suivre les deux géants qui passent leur vie à faire n’importe quoi alors qu’ils sont exception dans le contexte local. Jamais Boca et River n’ont été aussi puissants sur le plan financier, jamais ils n’ont autant joué à rompre cet équilibre. Si River s’en sort par son centre de formation qui permet, enfin, de bien vendre, il continue de mener une politique dispendieuse et sans réelle cohérence sportive, pour se retrouver à jeter des millions sur une équipe vouée à l’échec. River Plate a lâché près de 50M€ sur le marché des transferts durant l’intersaison, dilapidant en un éclair le transfert record de Franco Mastantuono l’an passé. Et surtout, n’a presque rien su/pu vendre. Chacho Coudet se retrouve avec une formation qui ne manque certes pas de talent, le duo Thiago Almada - Ángel Correa est évidemment intéressant sur le papier, mais qui manque aussi d’équilibre. De son côté, Boca a certes bénéficié de la fructueuse Coupe du Monde des clubs, mais la situation pourrait se compliquer si la présence en compétition continentale ne rime plus avec Libertadores et si, surtout, il ne parvient plus à exporter comme il le faisait auparavant. La faute à un directoire qui semble incapable de vendre au bon prix. Sur le pré, Rodolfo Arruabarrena tente de construire un groupe cohérent, semble même y parvenir tant son Boca sait se montrer intéressant, mais tout cela semble encore en équilibre précaire. Car nos deux géants préférés aiment vaciller, parfois ensemble, parfois à tour de rôle. Tous deux n'ont d’yeux que pour la Sudamericana, seule compétition capable de renflouer les caisses et surtout voie la plus rapide vers la Libertadores tant la situation via la table annuelle semble mal embarquée – River étant même pour l’instant en grand danger pour se qualifier pour la prochaine Sudamericana.

Photo :  Rodrigo Valle/Getty Images

Pour les premiers rôles, la concurrence devrait donc se nommer Rosario Central où Jorge Almirón dispose d’un joli groupe porté par sa légende et savamment construit ; Argentinos Juniors, l’équipe la plus excitante à voir jouer sous la direction de Nicolás Diez ; Belgrano, le champion sortant, qui n’a enregistré aucune arrivée mais qui, sous la direction du Russo Zielinski reste aussi pénible à voir jouer qu’à battre ; Vélez, où Guillermo Barros Schelotto continue de bien travailler ; ou encore Estudiantes. On suivra évidemment Racing, où Gustavo Costas a cédé sa place à Juan Pablo Vojvoda qui est en train de bâtir quelque chose d’intéressant malgré les nombreux départs et un groupe totalement remanié, et son meilleur ennemi, Independiente, qui vacille déjà en nommant Jadson Viera pour tenter de redresser la barre.

On suivra aussi les clubs des amis de l’AFA, en particulier Independiente Rivadavia de Daniel Vila, si proche de Chiqui, qui a découvert l’élite en 2024 pour la première fois de son histoire, a décroché la Copa Argentina en 2025 et se retrouve désormais en huitièmes de finale de la Libertadores. Ou encore le nouveau projet de Jorge Sampaoli avec Talleres, la nouvelle tentative de relance d’un Newell’s qui devrait tout de même regarder un peu derrière lui, la menace de la relégation n’étant finalement pas si loin, même Estudiantes de Rio Cuarto et Aldosivi semble décidés à retrouver l’étage inférieur et ces équipes qui aiment lutter et bousculer l’ordre établi, comme Tigre ou encore Lanús. Et l'on suivra l'équipe surprise du tournoi, qui ne manquera pas d'émerger au fil des semaines comme le firent Platense et Belgrano tout en guettant un nouveau changement de règlement en cours de tournoi, grande spécialité de l'AFA.

Mais on suivra surtout ces ambiances folles, ces matchs qui peuvent basculer à tout moment, ces polémiques qui ne cessent de naître. En d’autres termes, ce cœur bouillant qui fait battre le football argentin et en fait son unicité.

Les buts de la J5

Classement après cinq journées

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