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·2 janvier 2026
ASSE : ce que les chiffres disent et qu’on ne vous dit pas

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Analyser et explorer ce qui ne se dit pas micros ouverts : tel est l'objectif de notre nouvelle rubrique "Les Verts en off". Pour cette première, nous allons nous intéresser aux chiffres qui racontent une autre histoire que celle que nous entendons habituellement. Les données publiées par la Ligue 2 BKT placent l’AS Saint-Étienne parmi les équipes les plus actives et les plus précises du championnat. Courses à haute intensité, sprints répétés, tirs cadrés : les indicateurs sont favorables. Pourtant, les supporters sont déçus du classement, des résultats et fustigent le coach Horneland. Analyse de chiffres qui invitent à déplacer le débat.
L’analyse statistique diffusée à mi-saison par la Ligue 2 BKT apporte un éclairage factuel sur les performances de l’AS Saint-Étienne. Sur le plan athlétique, les Verts figurent dans le premier tiers du championnat en matière de courses à haute intensité avec 6,6 km par match, ainsi qu’au cinquième rang pour le nombre de sprints cumulés, autour de 141 par rencontre. Ces données confirment une équipe capable de répéter les efforts et de soutenir un pressing constant, en cohérence avec les principes de jeu instaurés par Eirik Horneland depuis son arrivée.
Sur le plan offensif, un autre indicateur retient l’attention : avec 39 % de tirs cadrés, l’ASSE se situe à la troisième place de Ligue 2, à égalité avec Laval, derrière Dunkerque et Amiens. Autrement dit, Saint-Étienne court, frappe et cadre plus que la majorité de ses concurrents, sans que cette activité ne se traduise durablement au tableau d’affichage. Dans ce cas, pourquoi les Verts n'écrasent-ils pas la concurrence, et notamment des équipes éloignées de ces statistiques et pourtant dans le peloton de tête ?
Ces données viennent contredire une partie du ressenti exprimé au fil des semaines. L’ASSE ne figure pas parmi les équipes en difficulté sur le plan de l’engagement ou de la préparation physique. Le volume d’efforts est là, l’intensité aussi, et la précision dans la frappe place même les Stéphanois dans le haut du panier. Le discours officiel s’appuie sur ces éléments pour évoquer des matchs qui auraient dû basculer autrement, des détails défavorables ou un manque de réussite ponctuel.
Cette lecture conserve une part de vérité, mais elle atteint ses limites à mesure que l’écart entre la production statistique et la réalité comptable se prolonge. À ce stade de la saison, l’accumulation des données ne rassure plus totalement. Elle interroge. Car une équipe qui court beaucoup et cadre souvent, sans avancer au classement, révèle un déséquilibre plus profond que la seule efficacité devant le but.
À froid, la lecture devient plus exigeante. Les chiffres n’indiquent ni un problème de préparation, ni un défaut d’intention. Ils pointent une autre faille, moins visible mais plus évocatrice : la capacité à décider dans les moments clés. L’ASSE parvient à se projeter dans des zones dangereuses, à frapper dans des conditions correctes, mais elle peine encore à transformer ces situations en séquences décisives.
Le choix juste, la passe qui crée un réel déséquilibre, la frappe prise sans hésitation manquent trop souvent à l’appel. Cette difficulté ne relève pas uniquement du banc ou du système. Elle renvoie à une responsabilité collective et individuelle, celle de joueurs confrontés à la pression du résultat et à la nécessité de trancher vite. Dans un championnat où les marges restent étroites, cette incapacité à faire basculer les matchs explique en grande partie le décalage entre les chiffres et le classement. Les données racontent moins un problème d’intensité qu’un problème de décision, désormais impossible à contourner. Pourtant, avec des éléments comme Davitashvili, Stassin, Boakye, Cardona, Tardieu ou encore Moueffek, les Verts disposent de joueurs dont on ne peut douter ni du talent, ni de l'intelligence.
Reste un point que cette analyse ne permet plus d’éluder. Si l’ASSE peine à transformer certaines séquences favorables, le déséquilibre majeur se situe ailleurs. Les données, les scénarios de match et la récurrence des situations concédées convergent vers le même constat : la défense stéphanoise reste trop perméable. Trop exposée dans les transitions, trop friable dans la gestion des temps faibles, elle oblige l’équipe à jouer sous contrainte permanente.
Dans ce contexte, l’attaque se retrouve sommée de surperformer pour compenser des buts évitables. Le débat sur l’inefficacité offensive masque ainsi une réalité plus structurelle. Tant que la capacité à sécuriser les matchs ne progressera pas, les marges resteront étroites, quels que soient les efforts fournis plus haut sur le terrain. En off, nous sommes en droit de penser que ces Verts-là seront incapables de remonter en Ligue 1 s'ils continuent de proposer une défense passoire.
La faute, si elle est individuelle pour des défenseurs commettant des erreurs plus que grossières match après match, trouve également son origine du côté du staff. Alors que les défenseurs stéphanois n'offrent que trop peu de certitudes, Eirik Horneland aura-t-il l'audace de changer ses plans tactiques...? Une question que nous aborderons prochainement pour parler des Verts... en off !









































