Peuple-Vert.fr
·11 mai 2026
ASSE : Féminines, les raisons d’un énorme fiasco !

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Après une saison plus que compliquée, les joueuses de l'ASSE ont terminé l'exercice 2025-2026 par un nul (1-1) face à Fleury. Un résultat qui coûte très cher, puisqu'il officialise le retour du club en Seconde Ligue. Une saison décevante, pourtant marquée par un mercato ambitieux, un projet qui semblait se créer... Mais tout a volé en éclats en l'espace de quelques mois et la sanction a été immédiate.
Avec seulement trois victoires et onze buts marqués en l'espace de 22 journées, il est particulièrement compliqué d'imaginer une équipe se maintenir en Arkema Première Ligue. Pourtant, l'ASSE y a cru jusqu'à la toute dernière minute. Si Montpellier va se sauver in extremis, les promues lensoises prennent également directement le chemin inverse et rejoignent les Vertes en Seconde Ligue.
Dès leur arrivée à l'ASSE en juin 2024, les dirigeants stéphanois ont également voulu mettre au centre de leur projet la section féminine. Dans le communiqué du club, on pouvait y lire. "un projet de long terme basé sur ses valeurs et son héritage, et se concentrer sur la croissance future du club, y compris dans les équipes premières, masculine et féminine, et dans le centre de formation."
En 2024, l'entraîneur en place était Laurent Mortel. Directement, le club a décidé de se donner les moyens de ses ambitions, enregistrant plusieurs arrivées, avec des profils différents. Ce mercato misant sur la jeunesse (Fiona Bogi, Lisa Martinez, Adèle Connesson...) et l'expérience (Sarah Cambot, Easther Mayi Kith...) a été encourageant à ses débuts. Mais la seconde partie de saison a été délicate, après l'éviction de Laurent Mortel et des performances de plus en plus inconstantes... Résultat, une dixième place et un maintien acquis de justesse, avec une défense en grande difficulté (62 buts encaissés) et une attaque peu inspirée (16 buts), bien aidée par Cindy Caputo, internationale française évoluant aujourd'hui à Fleury.
Après une première saison frustrante, l'ASSE a décidé de tout reconstruire cette année. Sébastien Joseph (4e avec Dijon la saison précédente) est nommé coach des Vertes. L'AS Saint-Etienne comptait pouvoir miser sur une attaque plus performante. "J’ai un projet de jeu basé sur les attaques rapides et les transitions. Au-delà de ça, je souhaite avoir des joueuses extrêmement rigoureuses et investies dans le projet."
Pour répondre à ses besoins, la direction stéphanoise a décidé de se tourner vers l'étranger et notamment le championnat américain. Quatre joueuses des États-Unis ont rejoint le club, ainsi qu'une Canadienne. Déborah Bien-Aimé vient elle d'Haïti, l'ancienne Lilloise Kessya Bussy de Trinité-et-Tobago... Le Danemark, connu pour former de bonnes joueuses, a également été supervisé par l'ASSE. Sofie Hornemann et Laura Hermann ont ainsi été recrutées. De même pour la jeune Serbe Aleksandra Gajic ou encore la Belge Welma Fon. Mais le club stéphanois s'est également tourné vers la France, avec Alice Pinguet, jeune espoir française désormais gardienne du club, ou encore les expérimentées Rachel Corboz et Héloïse Mansuy.
L'ASSE a donc de nouveau beaucoup fait tourner son effectif avec toutes ces arrivées, mais pour un résultat plus que décevant avec cette descente...Comment expliquer justement cette terrible désillusion ? Comme la saison dernière, en cours de saison, l'ASSE a perdu son coach Sébastien Joseph, licencié pour des raisons extra-sportives. Bien que cette situation peut aussi avoir déstabilisé le club, l'AS Saint-Etienne était déjà en très grande difficulté en cette période, avant l'arrivée de Yannick Chandioux.
Dès les premiers matchs de la saison, la mayonnaise n'a pas pris. Le coach de l'époque, Sébastien Joseph, évoquait déjà certains problèmes alors qu'il était encore en poste. En septembre dernier, il avait déjà employé des mots très forts : "Pour l’instant, je vois des joueuses qui montrent déjà un niveau excellent pour certaines. Puis d’autres j’ai l’impression qu’elles sont perdues en France et qu’elles sont venues en vacances, donc s’il faut les renvoyer chez elles à la prochaine trêve, on le fera." Des paroles qui avaient forcément beaucoup fait réagir notamment du côté de l'UNFP.
Malheureusement, sur le terrain, les désillusions se sont poursuivies. Notamment après l'élimination précipitée de la Coupe LFFP face à des clubs évoluant pourtant à l'échelon inférieur. En l'espace d'un an, aucune solution n'aura été trouvée. Après son départ de l'ASSE, Sébastien Joseph continuait d'évoquer de nombreux problèmes. Parmi eux la qualité d'analyse, pourtant essentielle au plus haut niveau. "Sur l'exemple des données athlétiques, où au quotidien, à Saint-Étienne, même dans les entraînements, on était à des années-lumière de ce qu'on faisait l'année dernière avec Dijon."
Dans un championnat avec douze clubs comme en Arkema Première Ligue, il faut être particulièrement solide pour conserver sa place. En redescendant à l'échelon inférieur, l'ASSE va de nouveau être très attendue. Le club devra faire partie des équipes favorites pour retrouver l'échelon supérieur. Le mercato sera de nouveau très scruté. Faut-il faire le choix de la continuité ? De nouveau tout reconstruire ? L'intersaison va être observée de très près.
Jean-Marc Barsotti, président de l'association ASSE qui avait jusque-là beaucoup de liberté sur la gestion de la section féminine, pourrait voir ses responsabilités plus limitées à l'avenir. Durant les deux premières années de Kilmer Sports, le constat est que c'est pour le moment un terrible échec. Bien avant l'arrivée des nouveaux actionnaires, juste avant la remontée du club en D1, il évoquait en janvier 2023 les ambitions du club. "On tient à stabiliser le club en D1, et si on monte, ce ne sera pas pour jouer les trois dernières places mais entre la 6e et la 8e."
Aujourd'hui, ces ambitions sont très loin d'avoir été atteintes, malgré de nombreux investissements. Si l'ASSE est solide économiquement, elle ne l'est pas encore assez sur le terrain. L'ASSE espère aussi pouvoir s'appuyer sur la formation. C'est ce qu'évoquait déjà le président de l'Association en 2023. Trois ans plus tard, c'est Sébastien Joseph qui insistait sur l'importance de ce projet. "Un grand club doit disposer d’un centre de formation performant. Beaucoup de choses ont déjà été mises en place, grâce notamment au très bon travail de Marc-Antoine Brihat, désormais à la tête du centre de formation"
L'exercice 2026-2027 sera forcément suivi de près. Avec ou sans Yannick Chandioux, l'ASSE devra impérativement enfin répondre aux attentes. Le coach actuel des Vertes se montrait malgré tout confiant pour la suite, avec ou sans lui. "Je crois que Saint-Étienne mérite d'être en première division. J'aurais aimé vous dire ça en ayant accompli la mission. On va vite remonter, ou le club va vite remonter si ce n’est pas avec moi. Je le confirme : Saint-Étienne a tout ce qu'il faut pour être en première division féminine. Clairement."







































