ASSE : « Je crains que ces dirigeants ne saisissent pas le prix du bijou qu’ils ont entre les mains. » | OneFootball

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·4 mars 2026

ASSE : « Je crains que ces dirigeants ne saisissent pas le prix du bijou qu’ils ont entre les mains. »

Image de l'article :ASSE : « Je crains que ces dirigeants ne saisissent pas le prix du bijou qu’ils ont entre les mains. »

Célèbre chef étoilé, Pierre Gagnaire n’a jamais vraiment quitté Saint-Étienne. Même lorsque ses restaurants brillent à Paris, Londres, Séoul ou Dubaï, même lorsqu’il accumule dix étoiles Michelin, le cœur reste vert. « C’est une histoire très longue ! », sourit-il lorsqu’on l’interroge sur son lien avec l’ASSE. Un attachement viscéral, presque organique. « Vraiment, quand ils perdent, ça me touche ! Ça veut dire qu’on nous fait mal. »

À 75 ans, le chef multi-étoilé se décrit comme un « supporter de base », branché sur les sites des Verts, attentif au moindre score, où qu’il se trouve dans le monde. Il a grandi à quelques kilomètres de Geoffroy-Guichard, a été licencié à l’ASSE à 10 ans et s’entraînait sous les ordres de Richard Tylinski. Le Chaudron est resté pour lui un refuge : « Ça me fait du bien, ça vide la tête. »


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« En foot comme en cuisine, on a besoin d’un supplément d’âme »

Gagnaire ne parle pas du club comme un observateur distant. Il analyse, tranche, assume. Sur l’ancien entraîneur Eirik Horneland, il lâchait : « Je ne le sens pas. » Sur l’attaquant Lucas Stassin : « C’est une fraude. Il a baissé les bras. Son comportement est déconnecté de la ville, trop frimeur. Ça ne passe pas à Sainté. En foot comme en cuisine, on a besoin de gens qui apportent un supplément d’âme. »

Ses préférés ? Gautier Larsonneur, « un fils de pêcheur qui boit un café au PMU du coin avec des fans », et Florian Tardieu, « un serviteur du club qui s’est glissé dans l’esprit stéphanois ».

Saint-Étienne, une identité

Le chef parle de sa ville avec la même précision que ses plats. « Les mines, les usines, c’est une terre de labeur, de souffrance… un endroit à taille humaine, de modestie, de solidarité. » Il se sent dépositaire de cette culture : « J’ai l’impression de représenter cette population dure au mal, pétrie de gentillesse. »

La rivalité avec Lyon ? Elle doit rester « bonhomme ». Les excès l’agacent : « La violence à coups de barres à mine, même les insultes, ce n’est pas possible dans un monde où il y a 60 guerres. »

La faillite, la blessure, la renaissance

Son histoire personnelle épouse celle du club : gloire, chute, renaissance. En 1996, son restaurant trois étoiles de Saint-Étienne sombre. Liquidation judiciaire. Humiliation publique. « Faire faillite, c’est comme un cancer. Si vous n’avez pas une certaine conviction de votre talent, vous plongez. »

Jamais il ne rendra la ville responsable : « On m’a fait dire que Saint-Étienne ne m’avait pas compris. C’est faux ! » Avec le recul, il y voit une bascule nécessaire : « J’ai baissé la tête et j’ai foncé. Mon métier, c’est un match de boxe deux fois par jour. » Paris l’attendait. Le succès mondial aussi.

L'ASSE n’est pas qu’un business

De retour à Geoffroy-Guichard, il observe l’ASSE moderne avec la lucidité d’un entrepreneur aguerri. « Je crains que ces dirigeants ne saisissent pas le prix du bijou qu’ils ont entre les mains. » Pour lui, la question est simple : « Un club, comme un restaurant, ne peut se limiter à du business. » Les salariés, les joueurs, les dirigeants doivent être « raccord avec l’esprit de la ville, ses codes, son histoire ».

L’ASSE, affaire de sensations

Ce qui lie Pierre Gagnaire aux Verts est avant tout « sensoriel ». Comme en cuisine, il parle d’énergie, de vibration, d’émotion brute. Il ne veut pas devenir « un vieux con », dit-il avec franchise. Et quand il se trompe de route en cherchant son ancien restaurant, il s’exclame : « Merde alors, c’est la première fois que je me perds dans Saint-Étienne ! » Une phrase anodine, mais symbolique. Car au fond, Pierre Gagnaire ne s’est jamais vraiment perdu. Ni dans sa ville. Ni dans son club. Ni dans cette quête permanente d’âme et d’authenticité qu’il exige autant d’un plat que d’une équipe de football.

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Pierre Gagnaire befofre the Ligue 1 McDonald's match between Saint Etienne and Brest at Stade Geoffroy-Guichard on April 13, 2025 in Saint-Etienne, France. (Photo by Daniel Derajinski/Icon Sport) - Photo by Icon Sport

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