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·9 mai 2026
ASSE : Les anciens de l'épopée de 76, comme levier ?

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Samedi, les anciens de 1976 seront célébrés à Geoffroy-Guichard. Philippe Montanier et Dennis Appiah ont évoqué cette transmission entre générations avec une émotion sincère. Un hommage qui tombe à pic avant le match de la montée.
Philippe Montanier n'a pas caché son émotion. Parler des anciens de 1976, c'est parler de ses racines de footballeur, de l'enfant qu'il était à 12 ans devant sa télévision. «On va en parler et montrer aux joueurs parce qu'ils en entendent parler mais ils n'ont pas vu comme moi de visu les exploits qu'ont réalisés nos anciens. Mais ils représentent toute l'ADN du club et nous on doit aussi être fidèles à l'ADN du club.»
Et puis, une confidence : «Enfin rencontrer Curkovic. Enfin réaliser mon rêve.»
Le coach de l'ASSE n'a pas grandi à Saint-Étienne. Mais il a grandi avec Saint-Étienne. «C'est là où vous découvrez le foot de haut niveau. Moi, j'ai 12 ans. C'est l'équipe, pendant 20 ans il n'y a rien eu quoi, c'était le désert en France. Donc en plus ils ont réanimé la flamme.»
Montanier a rappelé ce que représentait cette équipe au-delà des frontières du Forez. «Ils ont été accueillis à Paris comme des vainqueurs. Pour nous tous, c'est les vrais vainqueurs. Ils auraient dû gagner cette finale. Le foot, c'est comme ça. Mais ils ont été les vainqueurs dans les cœurs, non pas des Verts, mais de toute la France.»
Des souvenirs intacts, gravés dans la mémoire d'un enfant devenu entraîneur. «Ce sont des matchs mémorables que je me rappelle comme si c'était hier. Que ce soit Thief avec Blocking qui fait une erreur incroyable à 0-0, que Curkovic gagne la demi-finale à lui tout seul à Eindhoven.»
Et une confession personnelle : «Je voulais arrêter de jouer dans les buts, parce que j'en avais marre d'être dans les buts. Et c'est en voyant Curkovic à chaque Coupe d'Europe, je me disais, non, j'y reste, je veux essayer de faire comme lui. Donc ça a beaucoup inspiré de nombreuses générations de footballeurs.»
Montanier veut que ses joueurs comprennent concrètement ce que représentent ces anciens. «Pas facile, parce qu'ils ne l'ont pas vécu, nous on l'a vécu. Par contre, il faut leur montrer des images. L'autre fois, il y avait Patrick Revelli, Gérard Janvion, Osvaldo Piazza qui étaient à l'entraînement. Forcément, je les ai fait rentrer, discuter avec les joueurs, leur montrer le super poster chez Curkovic dans mon bureau.»
Et il conclut sur la métaphore qui boucle la boucle avec samedi : «On est dans un match de Coupe d'Europe, on a perdu 1-0 à l'aller. Saint-Étienne perd à Kiev, pour moi une des plus grosses équipes d'Europe. Il fallait qu'ils gagnent. Et nous, on se retrouve avec cet ADN-là, de dire, eux ils l'ont fait, et nous, on doit continuer à faire perdurer ça.»
Dennis Appiah a abordé le sujet et assume ne pas avoir vécu cette époque. «Moi qui suis l'un des plus vieux, je n'ai pas connu tout ça, alors j'imagine les plus jeunes. Je pense qu'il faut les sensibiliser à ça, sensibiliser au fait qu'ils sont dans un club très important et qu'avant eux, il y a eu de grandes équipes et de grands joueurs qui ont écrit l'histoire de ce club.»
Le lien entre 1976 et samedi, Appiah le fait naturellement. «L'épopée de 76, c'est un peu l'ADN de ce club, une équipe qui ne renonce jamais, où tout le monde pense que c'est fini et puis ils arrivent à renverser les choses. Ça peut peut-être ressembler à ce qu'on peut vivre samedi.»
Appiah a également soulevé une question de fond sur la transmission de l'histoire aux joueurs qui arrivent de l'extérieur. «Je pense que c'est un travail qui doit être fait au centre de formation pour les joueurs formés et c'est quelque chose qui doit être fait pour les joueurs qui arrivent.»
Il salue une initiative existante tout en appelant à aller plus loin. «Il y a un truc qui est bien fait ici, c'est que chaque année, tous les nouveaux joueurs qui arrivent viennent visiter le musée. Moi je trouve que c'est important et très intéressant.»
Et de conclure sur une vérité universelle du football moderne : «La carrière est individuelle, mais on passe par des clubs où il y a beaucoup de monde qui ont travaillé, beaucoup de monde qui ont fait la renommée de ce club. Et c'est important de savoir où on met les pieds quand même.»
Samedi, les anciens de 1976 seront dans les tribunes de Geoffroy-Guichard. Les joueurs de 2026 devront aussi jouer pour eux.
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